InterviewMontée en R1

Kévin Garnier (AS Misérieux-Trévoux) : « Plus on nous oublie mieux c’est »

03/06/2020 à 13:00

C'est l'histoire d'un club qui monte sans faire de bruit, jusqu'à accéder au plus haut niveau régional. Là où personne, ou presque, ne l'attendait. Derrière cette réussite : une structure, d'abord, née de la réunion entre deux villages de l'Ain, Misérieux et Trévoux. Mais aussi un coach, Kévin Garnier, à la tête de l'équipe fanion depuis deux saisons. Pour Actufoot, il revient sur la saison quasi parfaite de son équipe et affirme ses ambitions futures.

L’officialisation par la ligue de la montée en R1 de l’ASMT est intervenue la semaine dernière. Comment a-t-on accueilli cette nouvelle au club ?

Avec plaisir évidemment. Nous nous en en doutions un peu au moment où les trois poules avaient été annoncées car nous savions que la ligue irait chercher plus de promus. Et quels que soient les critères envisagés pour départager les meilleurs deuxièmes, nous étions dans les quatre premiers partout : fair-play, quotient, nombre de points pris contre les cinq premiers. Après, il est certain que nous aurions préféré gagner sur le terrain. D’ailleurs, nous devions affronter le leader, Annecy B, deux points devant nous, lors de la prochaine journée. C’est frustrant ! Mais quand on tire un bilan des deux saisons qui viennent de s’écouler, ce n’est que justice : 22 victoires en 36 matchs pour 4 défaites seulement et, en 2019, une victoire en coupe LAuRAFoot et une accession manquée malgré 14 victoires, juste derrière l’Olympique de Valence qui était intouchable.

Tout sauf une surprise cette accession finalement ?

Oui. Très content, certes, mais pas surpris. Même si pas mal de monde nous voit de l’extérieur comme un club « campagnard », beaucoup seraient étonnés de la façon dont on travaille. Si nous parvenons à tirer notre épingle du jeu malgré notre implantation dans un petit bassin de population, enclavé entre plusieurs grosses structures comme Villefranche, MDA, Bords-de-Saone ou Limonest, évoulant toutes à des niveaux nationaux, c’est en grosse partie dû à la qualité de la formation. Il faut savoir que, chaque week-end, le groupe est composé pour moitié de joueurs formés ici, dont certains ayant intégré le club dès la catégorie U7 ! Cet état d’esprit familial fait partie de notre ADN. D’autant que le club n’est pas forcément le plus attractif pour des joueurs venant de l’extérieur.

La R1 de l’AS Misérieux-Trévoux lors de l’affrontement contre le FC Villefranche-Beaujolais en Coupe de France (Crédit photo : ASMT).

« De tels résultats à ce niveau ne peuvent pas être obtenus par un simple club de copains »

Le club est un habitué des beaux parcours en coupes régionales et nationales. Cette étiquette de petit poucet qui vous colle à la peau, vous la revendiquez ou elle vous agace ?

Cette étiquette peut nous desservir à certains moments mais je vois plutôt cela comme un atout : plus on nous oublie mieux c’est. Ce n’est pas le nom d’un club qui fait la valeur d’une équipe, nous l’avons bien compris. Ce qui m’embête c’est que nous sommes régulièrement catalogués comme une formation qui marche à l’énergie. Mais la régularité de nos résultats parle pour nous. Nous avons été capables de regarder Villefranche, équipe de N1, les yeux dans les yeux. Ne perdant qu’1-0 avec un but contre notre camp à la 88ème minute. C’est la preuve que nous possédons des qualités footballistiques indéniables à toutes les lignes, au-delà des simples valeurs de combativité et de générosité que tout le monde nous prête. De tels résultats à ce niveau ne peuvent pas être obtenus par un simple club de copains.

Justement, quelle stratégie de recrutement adopter pour ne pas bousculer un groupe qui reste sur une telle dynamique ?

Nous comptons procéder en trois phases. La première : garder tout le monde. D’autant que le club n’a pas pour habitude de recruter à tout de bras lors de chaque mercato. La deuxième : intégrer les jeunes joueurs performants. Nous identifions chaque année 3, 4 ou 5 joueurs capables de jouer tout de suite en équipe première. Troisième et dernière phase : recruter en fonction des besoins dans nos différents secteurs de jeu. Nous avons déjà pu boucler l’arrivée de deux joueurs, un troisième arrive. Si deux autres nous rejoignent encore, ce sera déjà très bien.

Dans quel état d’esprit abordez-vous le passage à l’échelon supérieur ?

Notre seul objectif est d’être prêt pour la première journée, et une fois que cette première journée sera passée nous nous orienterons sur la deuxième et ainsi de suite. C’est cela qui nous donnera des indications sur notre place dans la poule. Pas d’objectif à court et moyen terme, donc, mais une finalité tout de même : la montée en N3 dans les prochaines années. L’idée qui domine aujourd’hui est de rester lucide sur le niveau de la poule et d’avancer à notre rythme, avec les moyens mis à disposition.

Propos recueillis par Simon Marachian

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