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Argent, fixes, primes et dérives : la face cachée du football amateur

26/04/2019 à 17:03

Ils sont joueurs de R1 ou de N3 et vivent du football. Ils sont entraîneurs ou présidents en niveau Ligue ou District et proposent beaucoup d'argent pour appâter les meilleurs éléments. Contrairement aux idées reçues, les clubs amateurs ne sont pas si pauvres que ça. Ils réussissent même pour certains d'entre eux à trouver des sommes folles pour recruter et "chiper" des joueurs au nez et à la barbe des clubs ennemis ou voisins. Et pour cela, tous les coups sont permis, un peu à la manière des pros. Sujets tabous et peu abordés, l'argent, les fixes et les primes dans les bas niveaux du football choquent. Actufoot a décidé de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Enquête sur la face cachée du football amateur.

État des lieux : salaire fixes, types de primes… le foot amateur pas si pauvre !

120, 150 ou 200 euros de prime de victoire, prime de présence, à la signature, salaire fixe… Très loin des standards du monde professionnel (Ligue 1, Ligue 2), semi-professionnel (N1), voire (N2) où beaucoup de joueurs ne vivent que de par leur pratique sportive en club, le « vrai » foot amateur, du N3 au District, voit lui aussi circuler depuis des années des sommes généralement bien gardées secrètes. Et le constat, appuyé par des chiffres, est sans appel : être un joueur amateur de bon niveau permet d’améliorer considérablement ses fins de mois plus que « de les arrondir », si les résultats suivent. A l’instar des pros, certains font même du foot amateur leur métier . « On est à 160 euros la victoire, 60 euros le match nul.  Je ne suis pas sûr qu’à ce niveau, tu retrouves des primes comme ça. Même dans un bon club de N3, je crois qu’elles sont moins fortes que nous (120 euros). C’était mon choix de proposer des grosses primes cette saison. On passe de « mercenaires » à des mecs payés à la carotte. Sur la durée, ça fait quand même faire des économies au club » nous confie l’entraîneur d’une équipe régionale française. En région parisienne, un club de R1 délivre en moyenne des primes de victoires situées entre 100 et 120 euros, 50 pour le match nul. Les fixes, eux, varient entre 100 et 350 euros, bien loin des montants en Rhône-Alpes, par exemple, qui peuvent atteindre les 1000 euros dans les « gros clubs de R1 » notamment d’après nos retours. « Cela dépend du vécu du joueur » explique l’entraîneur d’une formation de l’élite régionale en Ile-de-France, avant de poursuivre. « Aujourd’hui les joueurs consomment le football. La différence avec avant, c’est que n’importe quel joueur n’hésite pas à demander un fixe. Pour eux, l’investissement mérite salaire sans même se demander s’il le mérite ou s’ils ont le niveau pour y prétendre. C’est la place du foot dans la vie qui a changé. Pour beaucoup, c’est un loisir complémentaire plus qu’une passion ».

Vivre du foot amateur, oui, c’est possible !

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