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Bruno Brongniart : « Dans une grande Ligue, il faut quelqu’un qui tranche »

07/01/2021 à 14:55

Le samedi 9 janvier, la Ligue de football des Hauts-de-France élira son président pour le mandat 2021-2024. Candidat à sa propre succession, à la tête de la liste "Ensemble et unis pour le football des Hauts-de-France", Bruno Brongniart estime être plus à même que l'opposition de gouverner une instance comme la LFHF.

Bruno Brongniart, vous êtes le président sortant et êtes candidat à votre propre succession face à une liste soutenue notamment par les présidents des sept districts des Hauts-de-France. Comment abordez-vous cette élection ?

Sereinement parce que l’opposition qui est celle d’aujourd’hui est celle à laquelle je m’attendais. Je ne suis pas surpris de ce qu’il se passe. Il y a quatre ans déjà, lors du renouvellement des comités directeurs des districts auxquels j’ai assisté, l’un d’eux, ayant « renversé » le candidat sortant en Escaut, a formulé comme commentaire « maintenant, au tour de la Ligue ». Donc cette opposition est quelque chose qui date et le président de ce district, qui s’est positionné contre ce que faisait la Ligue, a renouvelé cette formule lors de son assemblée générale de janvier 2020.

Quel bilan tirez-vous de votre mandat ?

Je pense qu’on a fait le travail. Il y avait un énorme dossier, qui concernait la fusion de deux districts (Flandres et Maritime Nord, en 2017, ndlr), et cela a été une réussite. Aujourd’hui, l’écho que j’en ai est que tout le monde s’y retrouve et que personne n’a été laissé de côté. On n’a pas tout à fait terminé notre travail, il reste un petit chouïa, mais malgré la crise sanitaire, l’ensemble a été fait.

A quelles difficultés avez-vous été confronté la saison dernière, compte tenu de la crise sanitaire liée au coronavirus ?

Ce qu’il faut bien prendre en compte, c’est que l’on ne détenait pas les clés concernant la fin des championnats. On savait que la Fédération française de football prendrait la main sur le dossier. Je n’étais pas d’accord avec les décisions prises par le Comex, et j’ai d’ailleurs dit lors de réunions avec la FFF qu’il ne fallait pas rajouter de la peine à la peine déjà ambiante, et que le mieux était de ne pas procéder à des descentes. Mais on n’avait pas d’autre choix que de suivre ce que décidait la Fédé.

Comment avez-vous géré cet épisode vis-à-vis des clubs ?

Dans une grande Ligue comme la nôtre, il faut quelqu’un qui tranche sur des idées. C’est important. On a travaillé dans l’intérêt des clubs et on n’a pas forcément adhéré aux volontés des districts. Notre programme s’est étalé sur trois saisons complètes et au final on a rendu aux clubs une partie de l’argent perdu ou non gagné via le fonds de solidarité, qui s’élevait à hauteur de 851 000 euros. Les districts réclamaient de leur côté une augmentation du prix des licences. Chose que l’on a refusée et qui a accentuée la mésentente au printemps 2020.

Cela a entraîné une sorte de révolte de la part des districts…

Il y a eu, c’est vrai, une petite lame de fond qui s’est mise en place. Les représentants de districts se sont mobilisés pour faire opposition. Or, la question qui se pose est celle de la disponibilité matérielle par rapport au conseil de Ligue. Une grande partie des personnes présentes sur la liste de Cédric Bettremieux est engagée dans leur comité de district respectif. Certains sont en activité à côté de ça, donc en ce qui concerne la logistique et la disponibilité intellectuelle, cela peut poser problème. Il faudra qu’ils pensent Ligue. Et à moins qu’ils soient bicéphales, ce qui sera difficile de maintenir pendant quatre ans, cela s’annonce compliqué pour eux.

« C’est à la Ligue de trancher, pas aux districts » 

Quelles sont selon vous les critères qui pourraient jouer en votre faveur ?

L’avantage que j’ai, c’est que je suis depuis 23 ans licencié dans mon club. Je sais ce que c’est d’être président d’un club qui évolue entre la D6 et la D1, je sais ce que représente la valeur d’une buvette, et j’ai une expérience de huit ans en tant que président de district. Là aussi, je sais ce qu’est un district. On a fait de belles choses avec mes différentes équipes et, pour ainsi dire, j’ai suivi le parcours complet depuis le plus bas niveau du club de village jusqu’à la Fédé, étant donné que j’ai été également président de la commission des jeunes pendant trois ans.

Le secteur financier est un domaine dont la gestion vous a été souvent reproché. Qu’avez-vous à répondre à ces critiques ?

A la sortie du confinement, tout le monde a connu un effondrement de son activité. En ce qui nous concerne, on sort avec un bilan somme toute satisfaisant. Il n’est pas détérioré, mais au même niveau qu’il y a trois ans. On peut dire ce qu’on veut aux chiffres, ce qui compte ce sont les écrits. Et il s’avère que les capitaux propres varient très peu, malgré le fait qu’on ait participé au fonds de solidarité. Lors de la réalisation du centre technique d’Amiens, dont le coût s’élève à 9 millions d’euros, on n’a pas touché aux réserves. On avait prévu la vente de l’ancien siège, un emprunt au Crédit Agricole et d’utiliser 2 millions d’euros de ces réserve. Mais au final, cet argent, on ne l’utilise pas. On a su réaliser un centre opérationnel, donc cette année 2020 est une satisfaction. Sur la saison que l’on a entamé, on a des perspectives financières intéressantes. Et c’est à la Ligue de trancher. Pas aux districts. Or je crains qu’ils se servent de cet argent destiné à l’activité régionale.

Quels seront vos objectifs si vous êtes réélu ?

Nous avons des engagements très forts. L’un des principaux consiste à rester au service du football. En ce qui me concerne, j’exerce cette activité par passion, et depuis que j’ai intégré mon club, je fais les choses de manière désintéressée. Nous voulons rester fidèles, honnêtes et respecter les règlements. A ce titre, je me suis heurté, pendant la crise, à certains président de districts. Mais je tiens à rappeler que je ne pouvais pas faire ce que je voulais et que je me devais de suivre les décisions de la FFF. Un autre engagement est celui de garder des comptes stabilisés, tout en continuant à porter une attention particulière aux clubs. Je suis un homme de la campagne et je sais les difficultés qu’éprouvent les clubs. En parallèle à cela, nous tenons à continuer à optimiser le fonctionnement de la Ligue, en l’informatisant davantage. Il s’agira de faire plus de visio, d’autant que maintenant on est habitués à ce mode de fonctionnement.

Cela permettra d’apporter un peu plus de modernité et d’améliorer les échanges et la communication dans le travail. Aussi, nous souhaitons terminer la fusion des districts, notamment chez les jeunes, en féminine et en futsal. Car on a un territoire plus grand que la Belgique et les déplacements peuvent parfois être très longs. Certains dépassent les 200km. La Ligue doit pouvoir aider les clubs à se déplacer. L’accompagnement et la présence quasi-permanente auprès des clubs, via une assistance hotline avec une personne qui répond aux questions des clubs d’ordre administratif, juridique, des dossiers, des compétitions, des installations et des dérogations est aussi un axe de travail. L’objectif est d’être encore plus présent que ce que l’on a été jusqu’ici. Nous avons pour ambition, également, de mettre en place une cellule intempéries, composée de plus d’une personne, car une seule n’est pas suffisante. Et puis, plusieurs autres projets, comme nommer un référent sécurité, lequel sera chargé de la prévention des matches à risques ; mettre en avant nos championnats en produisant des images en les diffusant soit en condensé soit en direct ou encore continuer de développer le football féminin.

Le programme complet de « Ensemble et unis pour le football des Hauts-de-France » est à retrouver sur CE LIEN.

Digest

Prénom et nom : Bruno Brongniart
Age : 68 ans
Activité : Maire de la commune de Rexpoëde (Nord)
Parcours : Président du district Maritime Nord (2008-2012) ; vice-président de la Ligue Nord-Pas-de-Calais au côté de Fernand Duchaussoy (2012-2017) ; président de la Ligue des Hauts-de-France (depuis 2017)

La liste de Bruno Brongniart

  • Michel Gendre, président délégué sortant, président de la Ligue de Picardie (2012-2017)
  • Brigitte Bacqueville-Petit, vice-présidente du district Artois (2004-2008)
  • Philippe Fouré, vice-président du district Somme
  • Michel Decroix, membre du conseil de Ligue sortant
  • Stéphane Tousart, membre du conseil de Ligue sortant
  • Dany Lecocq, membre du conseil de Ligue de Picardie (2012-2016)
  • Didier Bardet, membre du conseil de Ligue de Picardie (2008-2016)
  • Pierre Pellegrinelli, membre du conseil de Ligue de Picardie (2008-2016)
  • Dorothée Degor-Cap, vice-présidente du FC Hénin
  • Richard Deman, au comité directeur de l’USBCO depuis 2000
  • Eric Furmaniak, responsable médical du RC Lens depuis 2006
  • Mehdi Mokhtari, arbitre Fédéral 2
  • José Millot, président de la Commission régionale des comportements, éducation et prévention depuis 2017
  • Michel Raviart, président de la Commission fédérale des terrains et installations sportives depuis 2015

Découvrez l’interview du second candidat, Cédric Bettremieux, ce jeudi soir aux alentours de 19 heures.

Crédit photo : Icon Sport

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