Question coach

Faut-il laisser dribbler nos jeunes ?

09/04/2019 à 17:31

Au niveau professionnel, quand ils y arrivent, ils font rêver les foules. Chez les jeunes, s'arracher les cheveux de leurs éducateurs qui n'en finissent pas de leur hurler de lâcher le ballon. Les dribbleurs, les vrais, ceux qui parviennent à éliminer un joueur dans une cabine téléphonique, et qui le font avec une facilité déconcertante, sont de moins en moins nombreux à franchir les paliers vers le très haut niveau. Parce que leur don est trop souvent vilipendé, pas assez valorisé ? Parce que l'organisation de notre football dès le plus jeune âge les oblige à entrer dans un cadre ? Éléments de réponses.

Le week-end dernier, en dribblant toute la défense angevine, Hatem Ben Arfa a illuminé le stade Raymond Kopa d’Angers de sa classe en inscrivant un but d’anthologie avec le Stade Rennais. Dans cette Ligue 1 formatée, ce but d’un autre temps qui doit davantage à l’inné qu’à l’acquis doit nous interroger sur la manière avec laquelle nous percevons ce genre d’exploit personnel. A vrai dire, il y avait quelque chose d’un peu gênant d’entendre tous les commentaires dithyrambiques, les appels au génie édictés par les mêmes qui se précipitent sur le même joueur dès qu’il perd un ballon pour l’avoir trop gardé, dès qu’il effectue un mauvais choix ou prend un risque qui ne paye pas. En digne représentant de cette caste rare des « dribbleurs-nés », l’ancien joueur du Paris SG, Nice ou l’OM concentre autour de son profil de joueur toutes les critiques qu’on peut entendre au bord des terrains dès lors qu’un jeune joueur a trop tendance à porter le ballon, à oublier ses partenaires, parce qu’il sait qu’il a les qualités pour dribbler et éliminer l’adversaire sans faire de passes. Malheureusement, de la réalité du football de très haut niveau à celle du football d’apprentissage, les attitudes sont trop souvent les mêmes qui tendent vers le même pragmatisme et poussent trop d’éducateurs à brimer le talent des dribbleurs sur l’autel de l’efficacité collective. Et de reprocher à des U10 les mêmes choses qu’à un Ben Arfa lorsqu’il oublie que le chemin le plus court pour aller vers le but adverse ne passe pas forcément que par lui.

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