Interview

Luc Sonor : « J’ai eu peur de finir tétraplégique »

17/05/2019 à 12:00

De sa Guadeloupe natale à l’équipe de France de football, Luc Sonor a fait du chemin... Le champion de France monégasque sous l’ère Wenger, vainqueur de la Coupe de France avec le FC Metz se dévoile. Le racisme à son arrivée en métropole, son accident de la route en 2011 avec Alexandre Ruiz, ses anecdotes folles et ses expériences de coach à Créteil et Saint-Etienne : le grand ami de Michel Platini n’est pas avare en souvenirs. Rencontre.

Luc, que devenez-vous ?

Je suis consultant et je m’occupe de l’Amicale des Anciens Internationaux de Football. C’est une association qui a pour objectif d’aider d’autres associations, de permettre aux joueurs de rester dans la lumière.

« Il faut savoir s’arrêter »

Quelle est la différence avec le Variétés Club de France ?

Cela n’a rien à voir. Le Variétés Club de France (Ndlr : dirigé par Jacques Vendroux) est un mélange de joueurs et d’artistes. Nous, nous sommes sous l’égide de la Fédération Française de Football. Lorsqu’il y a eu l’attentat à Nice, nous avons joués contre l’Italie le 17 juin 2017. Les fonds récoltés ont été reversés aux personnes touchées via l’association la Promenade des Anges.

Le terrain ne vous manque pas trop ?

Il faut savoir s’arrêter… Quand on fait une carrière comme la mienne, on sait qu’un jour ou l’autre, ça va s’arrêter. Il faut passer à autre chose. L’essentiel est de penser à une reconversion. Il ne faut pas avoir de regrets. J’ai fait tout ce que j’avais à faire. J’aide beaucoup les jeunes car je m’occupe de stages de perfectionnement (Corsair Foot Academy aux Antilles). Ça permet à des jeunes de chez moi de pouvoir tenter leur chance dans des clubs professionnels. Chose qu’ils n’auraient peut-être jamais imaginés un jour dans leur vie…

Vous êtes aussi adhérent de l’UNFP, le syndicat des joueurs professionnels. Quel y est votre rôle ?

Le bureau des anciens internationaux est à l’UNFP. Je n’ai pas de rôle au syndicat des joueurs professionnels, mais on peut travailler ensemble étant dans les mêmes bureaux. Si un international à un problème, je peux m’appuyer sur les gens de l’UNFP. J’en profite pour les remercier…

Deux clubs ont marqué votre carrière, le FC Metz (79-86) et l’AS Monaco (86-95). Racontez-nous ces deux expériences…

Il y a une expérience humaine et une expérience sportive ! Avec le FC Metz, ce sont mes débuts, le centre de formation. J’ai tout fait avec eux, j’ai gagné la Coupe Gambardella (81), la Coupe de France (84), battu Barcelone au Camp Nou en Coupe d’Europe (84) ! J’ai connu Monsieur Carlo Molinari (ancien président du FCM) qui m’a énormément apporté, qui m’a permis de grandir et d’accéder à l’AS Monaco. Jouer à l’ASM, c’est un privilège ! C’est un cadre de vie exceptionnel, qui permet malgré tout d’avoir des résultats. Je suis plus que ravi. Quand j’ai quitté la Guadeloupe à l’âge de 14 ans, je n’imaginais pas me retrouver à Monaco. Je suis l’homme le plus heureux d’avoir fait cette carrière. Je remercie ces 2 grands clubs qui m’ont permis de grandir. Les promesses qui m’ont été faites ont toujours été respectées.

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Crédit Photo : France Football