Interview

Raymond Domenech (président Unecatef) : « Je ne fais pas la guerre aux prête-noms »

02/04/2019 à 16:54

Président de l'Unecatef, le syndicat des entraîneurs professionnels, Raymond Domenech a accepté de donner son avis sur le dossier des prête-noms. Pour l'ancien sélectionneur de l'équipe de France, la démarche n'est pas nocive, si elle permet à davantage d'entraîneurs de bénéficier de contrats.

Êtes-vous favorable ou pas à l’utilisation de prête-noms ?

Mon avis n’est pas très tranché sur la question. En tant que syndicat, notre objectif est double. D’abord, c’est de démultiplier les postes, que les gens compétents travaillent à des postes, qu’ils soient diplômés. C’est le point de base. Ensuite, on veut développer le nombre de gens qui travaillent dans le foot. C’est en contradiction entre les deux. Le prête nom, ce sont deux entraîneurs qui travaillent : un n’a pas le niveau suffisant pour être dans cette catégorie, et il y a un autre qui travaille, qui participe. Il y a l’exemple à Paris pour couvrir Thiago Motta, avec les U19 Nationaux. Celui qui est avec la N2, c’est pareil. Je ne fais pas la chasse aux prête-noms quand il y a des gens qui ont un vrai contrat et un vrai diplôme. Je suis plus réservé quand l’entraîneur officiel n’a pas fait de formation ou eu de diplôme. S’il a fait des formations, qu’il est dans le foot depuis longtemps, ce n’est pas parce qu’il a un diplôme supérieur qu’il sera plus performant. Ce n’est pas le diplôme qui donne la compétence, mais l’expérience, le vécu. En tant que syndicat, on défend les gens qui vivent de la profession.

C’est une pratique courante…

Je me souviens de l’avoir vu en sélection. Les Suédois à l’Euro 2004 au Portugal étaient avec deux entraîneurs (Tommy Söderberg et Lars Lagerbäck), ils ont duré deux-trois ans. Ca existait, donc c’est un faux débat, dans la mesure où il y a un diplôme et un contrat. On est pour la défense et la sauvegarde de la profession. Un jour, les clubs ne seront plus dirigés par une seule personne. Un co-entraineur, s’il a un contrat, un minimum de salaire, pourquoi on l’interdirait. Après, il y a l’intelligence des uns et des autres, dans la manière de fonctionner.

Lire l’interview complète sur Actufoot.com

Raymond Domenech (président Unecatef) : « Je ne fais pas la guerre aux prête-noms »