Sanction

« Le plan anti-violence, dans tous les cas de figure, il s’appliquera »

31/03/2020 à 18:26

Pas de descentes et plus de montées. Voilà une solution à laquelle nous avons pensé pour permettre une certaine "équité" pour toutes les équipes en cas de fin de saison anticipée. Nous avons tenté d'en savoir plus sur la mise en place du plan anti-violence (PAV) qui inquiète désormais les coachs.

Le Covid 19 entraîne un bouleversement de toute la société et par conséquent du sport aussi. En France, toutes les fédérations de sport collectif ont décidé de mettre un terme à la saison, mais ce n’est pas encore le cas du football. Forte de plus de 2 millions de licenciés, la FFF, appuyée par les Ligues régionales et les Districts, tarde à trouver la bonne solution, preuve d’une réelle difficulté à satisfaire tous les clubs. Mais de nombreuses questions trottent désormais dans la tête des joueurs, coachs et passionnés du ballon rond.

Faire une saison blanche ? Idée rapidement abandonnée par la FFF pour ses championnats nationaux. Les Ligues ont également décidé de ne pas faire de saison sans montée ni descente.
Prendre les classements de la phase aller et homologuer les accessions et relégations ? Très difficile à mettre en application. Des équipes aujourd’hui maintenues se retrouveraient reléguer à cause d’un début de saison compliqué. Il n’y aurait pas d’équité sportive non plus car certains clubs auraient plus reçu de matchs que d’autres. Cette solution serait d’autant plus risquée que dans certains championnats, tous les matchs de la phase aller n’ont pas été disputés. Il y aurait dans ce cas beaucoup de recours déposés.
Prendre les classements actuels et faire des montées et descentes ? Très compliqué car toutes les équipes, à l’intérieur même des championnats, n’ont pas le même nombre de matchs joués. On pourrait imaginer la création d’un coefficient pour compenser les matchs non-joués mais l’équité sportive ne serait pas non plus respectée.
Aucune relégation et plus de montées ? Comme nous l’avons évoqué hier, il pourrait ne pas y avoir de descente et, afin d’éviter un maximum de recours, la FFF pourrait décider de faire monter les équipes leaders à la fin de la phase aller et celles en tête à l’arrêt des championnats.

Si pour le moment, rien n’est officiel, les instances travaillent sans relâche pour répondre à ces questions depuis de nombreux jours. Mais une nouvelle question a fait son apparition.

Quid du PAV (plan anti-violence) ?

Le PAV, c'est quoi ?
Le plan anti-violence est un terme court de « Plan de lutte contre la violence, les incivilités, et comportements anti-sportifs ». Il est différent selon les districts, les Ligues et s’applique à un nombre de championnats définis par chaque organe, généralement championnats seniors et jeunes. Les divisions impactées peuvent varier. Par exemple, dans le district Côte d’Azur, il s’applique « chez les jeunes dans les séries D1 et D2, aux féminines, au futsal, et chez tous les seniors évoluant en foot à onze. »
« Les clubs ayant eu des joueurs, dirigeants et éducateurs suspendus, en cours de saison, dans chacune des équipes disputant les compétitions officielles (à l exclusion des coupes) seront pénalisés en fin de saison par une réduction de points qui viendront en diminution de ceux obtenus pour ces mêmes compétitions.
Quel que soit le nombre de matchs disputés par les clubs à l intérieur de chaque groupe, en y incluant les matchs arrêtés, et rejoués (à l exclusion des matchs concernant la finale ou ceux de barrage).
Le retrait des points interviendra, en tenant compte des sanctions appliquées aux joueurs, dirigeants et éducateurs du club dans une même compétition. Par ailleurs, il est stipulé que les sanctions des joueurs, impliqués dans les incidents de match ou d’après match ayant entraîné à leur club un retrait direct de points, ne verront pas leurs sanctions encore décomptées au terme de la saison. »

Si la solution sans descente et plus de montées évoquée ci-dessus semblerait assez équitable au niveau sportif, les entraîneurs s’interrogent désormais sur l’application du plan anti-violence. « Un PAV est fait pour pouvoir améliorer (ou pas) le classement pendant la saison, et il ne se compte qu’à la fin… Là, ils vont le comptabiliser comment ? A la fin de la phase aller puis à l’arrêt des championnats ? 2 PAV différents me semblent injuste », s’inquiète Fred Menini, co-entraîneur de l’AS Monaco 3 (R2). « De plus, des équipes n’ont pas le même nombre de match. Et beaucoup de choses peuvent se passer sur un match (avertissements, exclusion, rapport etc.) Les équipes ne seraient pas sur le même pied d’égalité. Pour ma part, le PAV ne devrait pas rentrer en ligne de compte car il doit se calculer à la fin du championnat. En tout cas certainement pas à la fin de la phase aller », précise le tacticien de l’AS Monaco.

L’avis d’Edouard Delamotte, président du District Côte d’Azur sur le sujet de l’application du PAV

Le plan anti-violence dans tous les cas de figure, il s’appliquera en fonction de la méthodologie appliquée sur le calcul de la fin du championnat. Pour l’instant, rien n’est décidé en la matière puisqu’il y a une consultation nationale qui se fait sur le sujet. Et je pense et j’espère qu’on arrivera à une unicité de décisions sur l’ensemble des Ligues et Districts concernant les compétitions. Il y aura bien une date de début et une date de fin de prise et le plan anti-violence s’adaptera à la date choisie comme fin de championnat. Si le championnat s’arrête au 15 mars, on prendra le plan anti-violence au 15 mars. Si on décide d’arrêter le championnat à la fin des matchs aller, on prendra le PAV à la fin des matchs aller. On ne prendra le PAV que sur les matchs concernés par le championnat. A ma connaissance en Ligue Méditerranée, tous les districts ont joué tous les matchs aller. La question ne se pose donc pas. Les PAV ne sont pas les mêmes selon les districts, les Ligues. Certains n’en ont même pas.

Aujourd’hui, on est dans le brouillard, dans un flou artistique. Il faut se calmer et attendre que ça s’éclaircisse. Personne n’est en mesure de donner une solution tant qu’on ne connaît pas la date de reprise des activités sportives. Et celle-ci ne sera pas forcément dès la fin du confinement. Les autorités peuvent très bien décidé de mettre fin au confinement par exemple le 30 avril et n’autoriser l’utilisation des infrastructures sportives le 15. Mais, actuellement, il n’y a pas de décision prise. Il est urgent de se calmer car quelque soit la décision qui sera prise, il y aura des contents et des mécontents.

Que pensez de la solution émise par Actufoot (pas de descentes et plus de montées) ?

Ce n’est pas une solution réglementaire. Il n’y a pas de solution réglementaire. C’est pour ça que la Fédération examine et voit avec les services juridiques pour que la décision qui sera prise n’amène pas à une foultitude de contentieux juridiques. Si on prend une décision et qu’on est assigné devant les tribunaux administratifs le lendemain matin, ça va être un sacré mer****. Au niveau de la solution émise, on peut faire monter toutes les équipes aussi… Mais, ce que vous oubliez dans votre calcul, c’est que si vous faites monter, vous êtes quand même obliger de faire descendre pour que vous ayez la place dans une poule. Ce n’est pas possible d’agrandir les poules. L’année d’après, vous allez avoir une crise car il y aura trop de descentes. Les points réglementaires ne me font pas peur, on peut tout imaginer. Mais si à la fin de la saison 2021, vous faites descendre 6 équipes par poule, ça va crier.

Actuellement, il n’y a pas de décision prise. Tous les mercredis matins, les présidents de Ligue font une visioconférence, discutent entre eux pour essayer d’harmoniser un petit peu la situation en fonction de l’évolution de la situation. Encore une fois, si le 15 mai, on est en mesure de reprendre la compétition, il nous reste 7 matchs à jouer, on arrivera à trouver des dates dans le calendrier.

Nous avons eu des retours de professionnels de santé comme quoi il faudrait plusieurs semaines de préparation physique avant de reprendre…

Si tous les entraîneurs prennent la peine de contacter tous leurs joueurs en leur disant qu’il doivent maintenir une condition physique acceptable, deux semaines seront suffisantes pour reprendre début mai. On dirait que rester chez soi, c’est rester au lit mais non. En restant chez soi, on peut faire des exercices, courir tous les jours ne serait-ce que deux kilomètres. On parle de sportifs, pas de grabataires. Est-ce que les gens veulent reprendre et terminer le championnat, si c’est possible et je ne dis pas que ça le sera, ou bien ils veulent aller rechercher les meilleures excuses pour ne pas jouer au football ? Il ne fallait pas s’inscrire en début d’année. Ce sont des discours qui ne sont pas admissibles dans l’esprit d’un sportif.

Qu’un sportif soit à la maison au lit et qu’on me dit qu’il a perdu toute sa masse musculaire, c’est que… […] On a totalement oublié quelle est la composante du foot amateur. On est en train de vouloir me faire croire que les joueurs amateurs sont sur le même rythme que les joueurs pros. Ce sont deux univers différents. Maintenant, que vous me disiez cela pour une équipe comme Grasse en National 2, ils sont à un niveau de compétition qui fait qu’il y a des enjeux importants (à la lutte pour monter en National, ndlr). Dans les compétitions de district, il n’y a pas énormément d’enjeu.

Exemple du Barème du Plan Anti-Violence du District Côte d'Azur
Total des suspensions (par équipe) inférieur ou égal à 10 matchs :
De 0 match à 5 matchs : Bonus de 1 point
De 6 matchs à 10 matchs : 0 point
Total des suspensions comprise :
de 11 à 15 = -1 point
de 16 à 20 = -2 points
de 21 à 25 = -3 points
de 26 à 30 = -4 points
de 31 à 40 = -5 points
Et ainsi de suite… jusqu’à 181 et plus = -20 points
Pour l’établissement du décompte les suspensions à temps donneront lieu à la transcription suivante :
Suspension 1 mois = 3 matchs
Suspension 2 mois = 6 matchs
Suspension 3 mois = 9 matchs
Suspension 4 mois = 12 matchs
Et ainsi de suite jusqu’à suspension 8 mois = 24 matchs
Au-delà et jusqu’à un an de suspension = 26 matchs.
Ensuite chaque année supplémentaire, transcription identique (26 matchs par année, avec un maximum de 20 points).

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