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Abdou Mhiddeb « Le football est une leçon de vie »

08/03/2019 à 20:30

Abdou Mhiddeb, gardien de but de la D1 du FC Antibes, se confie sans filtre sur son année difficile la saison dernière à l'AS Vence et sur sa "renaissance" au FC Antibes. Interview.

Abdou, pouvez-vous revenir sur votre saison précédente à l’AS Vence ?

Je suis un peu frustré de ma saison à Vence. Je pense que j’aurais pu apporter un peu plus au groupe. Mon début de saison, je pense qu’il est concluant individuellement. Mais, je me suis blessé au genou (entorse). Collectivement, on était sur une irrégularité et le coach a dû faire des choix. Comme je n’étais pas à 100 %, ses choix étaient justes : Laurent Bignon qui est en concurrence avec moi a été rapidement efficace et décisif. Mais bon… d’un côté, c’était le mieux pour le groupe vu les objectifs du club de monter absolument cette année-là. Comme je suis éducateur à côté, je sais ce que c’est que de faire des choix, surtout pour le bien groupe. Ensuite, Laurent Bignon a su garder sa place de numéro 1 tout au long de l’année. Bien mérité ! De mon côté, vu mon investissement au club, je ne me voyais pas abandonner. J’ai eu un nouveau challenge au retour de ma blessure, celui de tout donner pour faire monter l’équipe réserve. Je remercie le travail du coach Serge Russo qui m’a toujours considéré malgré ma blessure et mes petits problèmes de santé, mais rien de grave grâce à Dieu. Je dis aussi un merci à Aurélien, l’entraîneur des gardiens et Mehdi, le préparateur physique. Et pour finir, je remercie Pascal Derepas qui a toujours été réglo avec moi financièrement. Là-bas, j’ai surtout fait de belles rencontres humaines que ce soit les éducateurs ou les joueurs qui m’ont toujours soutenu.

Quelles sont vos ambitions collectives et individuelles ?

Mes ambitions collective et individuelle, dans un premier temps, sont d’être dans un environnement sain, avant tout pour prendre plaisir et me retrouver avec des personnes qui partagent à peu près mes valeurs. En ayant moi-même des défauts… écouter autour de soi, échanger, partager, être tolérant pour avoir une meilleure remise en question, accepter de se tromper, pour moi c’est ça un environnement sain ! De nos jours, on en oublie le plus important dans le milieu amateur : être honnête et trouver quelqu’un qui te fasse confiance pour vivre une belle aventure sportive. Ça devient de plus en plus compliqué car il y a trop d’hypocrisie. Ça tape la bise mais si tu fais une erreur, ce sera le premier à te critiquer. Tu es moins bon ou en difficulté, tu es seule : chacun pense à ses intérêts. C’est la vie et le football est une leçon de vie. Au FC Antibes, je me sens bien. On me fait confiance et j’essaie de rendre ma confiance du mieux que possible sur le terrain comme en dehors.

Que faut-il améliorer maintenant ?

Ce qui reste à améliorer, franchement, je ne sais pas. Collectivement, je trouve que le groupe a fait beaucoup de progrès depuis le début de l’année. Après, cette saison, c’est une phase de transition. Il y a quand même 8 nouveaux joueurs dans l’effectif… Pour avoir une ossature stable, il faut du temps. Mais déjà, je trouve qu’on est bien encadré. On a un staff de deux entraîneurs, Will et Walte et un dirigeant, Jeannot, qui s’occupe de l’entretien (massage et récupération) tout le temps présent et en D1 avoir ça, c’est très rare.

Quelle est la force de votre groupe cette saison ?

Je pense que la force de mon groupe est la marge de progression qui pourrait être très intéressante à l’avenir. L’environnement est sain ! Avec les erreurs et les difficultés dans la saison, chacun a su, je pense, se remettre en question et surtout a compris que dès qu’il y a un problème, c’est collectif et non pas individuel. Les cadres ont su prendre la parole à bon escient pour le groupe et les leaders ont su agir et être décisifs. Chacun a amené ce petit quelque chose qui fait une équipe. Depuis, nous jouons sans pression. Si on a à perdre, c’est que c’est plus fort que nous, sans aucun regret.

Pouvez-vous nous parler de votre entraîneur ?

C’est toujours très délicat de parler de son entraîneur, surtout en connaissant certains de mon groupe champions du monde du « chambrage » en titre (Rires). Personnellement, ce que j’ai apprécié, c’est le premier appel qui m’a convaincu de signer au FC Antibes. C’est Walter qui m’a appelé, le coach-adjoint. On a parlé pendant 1h30 au téléphone de la vie en général, du football, de nos vécus… chacun a su s’écouter. J’ai beaucoup apprécié. Par la suite, j’ai eu rapidement l’entraîneur principal Wilfried (Ferrandis) au téléphone. Il m’a expliqué sa philosophie de jeu, ce que j’ai apprécié, ce qu’il recherchait chez un gardien de but. Il a été précis et clair dans ses propos. Il a dû faire confiance à l’entraîneur-adjoint qui me connaissait et qui connaissait mon profil de jeu qui convenait à ses idées. A partir de là, j’ai senti une certaine confiance mais surtout une concurrence à gagner. Je sentais une justesse dans ses propos. En gros, il allait faire jouer le meilleur sur des petits détails : jeu au pied, sortie aérienne, positionnement, communication… Et surtout, il m’a dit qu’il fallait faire la part des choses entre l’après-terrain et le terrain. C’est un pur compétiteur.  C’était à moi de prouver et même encore maintenant, je dois prouver que rien n’est acquis. Avant tout, je dois prendre plaisir, c’est le principal et c’est le cas, je prends plaisir quand il y a des frappes au but à chaque entraînement, en travaillant les automatismes et cheminements avec des joueurs de qualité. Bref, c’est un kiff !

Pouvez-vous me parler du nouveau projet du club, qu’en pensez-vous ?

Le projet saoudien pour moi, c’est un peu flou, c’est normal, c’est le début. Il est beaucoup critiqué. Les choses ont été dites, maintenant c’est à eux d’assumer et d’agir. Le temps leur donnera raison ou tord à propos de leurs ambitions, rêves et objectifs.  Je pense en tout cas que ça peut être très intéressant pour la ville d’Antibes qui est quand même la troisième ville des Alpes-Maritimes. On a beau dire ce qu’on veut mais c’est une ville de foot et on le voit au niveau de la passion et de l’engouement des quatre clubs actuels. Pas tout le monde arrive à avoir 4 clubs de cette capacité dans une ville. Antibes, footballistiquement, c’est très spécial… c’est ce qui fait son charme unique. Après, il y a les égos et le pouvoir et ça, ça détruit tout. Il faudrait un Guy David, paix à son âme, c’est une énorme personnalité du football qui a apporté tellement beaucoup. On m’en a parlé en bien humainement. Je me suis aussi beaucoup intéressé à lui, à ce qu’il a réussi à faire. Il a surtout permis la fusion de Fréjus Saint-Raphaël et bien d’autres choses… C’était un vrai passionné. Je suis triste de ne pas l’avoir connu car je suis arrivé l’année de la fusion. C’est pour ça que je ne m’occupe pas de l’extra sportif, ça ne m’intéresse pas. Moi, je me contente juste d’être moi-même et de donner mon maximum sur le terrain. Après, on aime, on aime pas, c’est à prendre ou à laisser… et j’ai beaucoup été laissé (rires).

Un dernier mot pour vos coéquipiers ?

Dans un premier temps , je veux les remercier car après une saison sportivement difficile l’an passé, je me sens important aux yeux d’un groupe. Cette sensation n’a pas de prix. Ça me donne envie de tout donner sur le terrain pour eux, de m’entraîner encore plus pour progresser et surtout prendre plaisir car au final peut-être qu’on n’est pas obligé de s’aimer, peut-être qu’on a plus d’affinité avec l’un mais qu’on a le même objectif avec l’autre, c’est ça le plus important : l’équipe. Une mention particulière à Walter, l’entraîneur-adjoint qui a toujours été là pour moi, dans les trajets comme dans les difficultés de discuter, d’échanger, de m’écouter. Le poste de gardien de but est un poste à part, ça demande un management différent du groupe et cette année ça se passe vraiment bien. Merci aussi à Daoud, l’entraîneur des gardiens qui m’apporte beaucoup.