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Denis Musumeci (ESSNN) « Le club grandit et je veux apporter ma pierre à l’édifice »

25/03/2021 à 18:34

Alors que seulement les entraînements sont possibles et que la saison blanche a été annoncée hier après-midi par la FFF, Denis Musumeci, coach des U17 et responsable du pôle foot à 11 de Saint-Sylvestre, s'est exprimé sur son rôle de formateur, la saison gâchée et les projets au sein du club.

Denis, pour commencer, parlez-nous de votre parcours.

J’en suis à ma dixième année en tant que formateur. Je suis issu des quartiers nord de la ville donc je suis très proche de St-Sylvestre. Quand j’ai arrêté de jouer au ballon, avec des amis, on voulait faire un projet social et créer un club de foot ou une équipe à Las Planas-Le Rouret. On n’a pas réussi à concrétiser ce projet mais grâce à l’ESSNN et l’aide de l’adjointe au maire, Catherine Moreau, on a pu avoir une équipe composée de jeunes du quartier en séniors. Encore plus beau que ça, on a fini champion de D5 et c’est comme ça que j’ai pris goût au rôle d’éducateur et formateur. Depuis, je n’ai plus bougé de St-Sylvestre et cette saison je suis en charge des U17 D1 et du pôle foot à 11.

Avez-vous des diplômes ?

Oui, j’ai validé mon BMF (Brevet Moniteur de Football) la saison passée, et j’ai aussi toutes les certifications (CFF 1, 2, 3, 4).

« Les faire grandir sur le terrain en les faisant progresser et en dehors par la pédagogie. »

Pour vous, c’est quoi un vrai formateur ?

Je dirais que c’est quelqu’un qui ne doit pas penser aux résultats mais à ses joueurs. On leur apprend à être des bons joueurs mais aussi de bons citoyens, car le foot c’est un peu une école. Il faut les faire grandir sur le terrain en les faisant progresser et en dehors par la pédagogie. Après, il y a évidemment l’envie de vraiment les former. Au niveau technique, mental, tactique et physique. Je dirais aussi qu’il faut également qu’un formateur prône le plaisir à ses joueurs, car avant tout le football pour les jeunes reste un loisir. Il faut aussi leur faire prendre conscience de leur avenir, notamment dans ma catégorie. À leur âge, ils sont un peu dans la phase où ils doivent commencer à prendre des décisions, et il faut être là pour les aider.

Est-ce qu’il y a des valeurs que vous mettez davantage en avant ?

Déjà, je dirais le respect et la tolérance sur le terrain. Après plus globalement, je dirais la discipline, le partage et l’esprit d’équipe.

« Est-ce qu’il y a eu un seul cluster dans un club des Alpes-Maritimes ? »

Comment s’est déroulé le bout de saison auquel vous avez pris part ?

Ça faisait quelques années qu’on suivait ce groupe auquel j’ai rajouté quelques recrues. On visait la montée, on était bien parti mais bon très peu de matches ont eu lieu donc on ne peut pas savoir. En tout cas, il y a un super groupe avec un bon état d’esprit et très discipliné. Je suis vraiment très fier d’eux car ils vivent une saison difficile.

Justement, mercredi, la FFF a définitivement annoncé une saison blanche pour les compétitions amateurs…

Elle était inéluctable, mais je pense personnellement que le football amateur a été délaissé. Ils ont évidemment réussi à poursuivre les championnats professionnels et ils auraient pu faire de même avec le foot amateur. Je pense que ce n’est qu’une question d’intérêt. Finalement, c’est un peu de l’hypocrisie, car les clubs mettent tout en ordre depuis des mois pour le bon déroulement des séances d’entraînement. Le protocole aurait pu être le même en match… Est-ce qu’il y a eu un seul cluster dans un club des Alpes-Maritimes ? Non ! Pour moi, nos clubs, nos éducateurs et nos joueurs, eux, n’ont pas été respectés. Avec les moyens mis en oeuvre et un peu d’envie des instances, on aurait pu continuer, j’en suis certain. En plus de ça, cet arrêt enlève toute la motivation à nos gamins. Ils sont contents de s’entraîner mais ils aimeraient être récompensés le week-end.

Selon vous cet arrêt aura-t-il un impact sur la progression des joueurs ?

L’aspect compétition est primordial dans la progression d’un joueur. Tout ce qu’on a mis en place durant la saison, on ne peut pas le voir en championnat ou sur le terrain. À l’entraînement, ils travaillent leurs points forts et faibles, ils progressent physiquement, mais encore une fois ce n’est pas assez pour juger de la progression d’un joueur sur une saison. À l’heure actuelle, j’aimerais vraiment que les instances prennent des décisions rapides pour remettre les entraînements avec contact. Ce serait déjà quelque chose de fait.

À l’ESSNN, vous avez des techniques d’entraînement ou des programmes spécifiques ?

En tant que responsable du pôle foot à 11, je laisse une totale liberté à mes éducateurs. L’essentiel pour moi, c’est que leur séance ait un sens et qu’elles soient vraiment bien structurées. Après, on a évidemment une programmation annuelle en fonction de plusieurs thématiques et je garde un oeil sur la mise en place de tout ça auprès des éducateurs.

« Énormément de projets vont être mis en place et sont sur la table, notamment grâce à notre partenariat avec MyCoach. »

Comment se déroulent les séances actuellement ?

On s’adapte depuis des mois donc ça se passe très bien. Chaque équipe à au moins deux séances par semaine et on essaye de garder nos joueurs sur les rails. On travaille avec beaucoup d’ateliers différents. Que ce soit de la motricité, de la technique, du physique… On fait aussi du travail par poste pour essayer de diversifier au maximum les séances et ne pas être dans la redondance. Malgré tout, on reste dans notre optique de formation, compétition ou pas.

À l’avenir, avez-vous encore des projets au sein du club ?

Énormément de projets vont être mis en place et sont sur la table, notamment grâce à notre partenariat avec MyCoach. Ils nous ont apporté des moyens logistiques énormes. On travaille avec des médecins, des nutritionnistes et beaucoup de spécialistes. MyCoach nous permet aussi d’avoir des outils pour les entraînements comme les traceurs par exemple. Tous ces outils poussent la formation à son maximum et c’est vraiment très intéressant. Après évidemment, le club veut continuer à grandir grâce à ce partenariat. À moyen terme, il aimerait créer une section sportive avec un collège, en plus de la section féminine qui a été lancée en début de saison. Le COVID nous a un peu freinés, mais en interne, il y a énormément de boulot qui est fait. Le club grandit et je veux apporter ma pierre à l’édifice.

L’application est donc rentrée dans le quotidien du club…

Oui, clairement. Grâce à MyCoach pro, tous les éducateurs ont accès à l’ensemble des performances, à des séances d’entraînement, au suivi de nos joueurs. C’est complet et je suis vraiment un utilisateur régulier. Je pense également qu’à l’avenir, ce genre de partenariat sera primordial pour continuer à se développer. Je dirais que c’est vraiment une chance qu’on a de travailler avec un tel outil.

Crédit photo : ESSNN

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