Interview

Frédéric Arnault (ES Contes) « Mon plus beau match ? La demi-finale de Coupe du Monde »

01/10/2020 à 18:33

Après une longue carrière d'arbitre international, Frédéric Arnault est entré dans l'organigramme de l'ES Contes. Il nous a accordé un entretien exclusif pour nous parler de sa magnifique carrière et son rôle au sein du club de la Vallée du Paillon.

Frédéric, vous avez eu une longue carrière d’arbitre. Qu’est ce qui vous a poussé à commencer ?

La vie est faite de belles rencontres et j’en ai fait une. J’habitais dans le Var et j’ai rencontré Jean Héraud, qui travaillait au District du Var. Un jour, alors qu’il savait que j’allais subir une opération, il m’a donné un livre sur les Lois du Jeu. Il m’a ensuite dit que si ça me plaisait, il me ferait passer les examens. J’étais passionné et j’ai lu le livre. Après l’avoir fini, ça m’avait vraiment plu et c’est comme ça que je suis devenu arbitre lors de la saison 1979-1980. Ensuite, j’ai déménagé en Côte d’Azur et j’ai passé toute ma carrière au sein du DCA et du Stade Laurentin.

Vous avez été arbitre assistant. Pourquoi avoir pris cette décision ?

En 1998, la FIFA a créé les assistants spécifiques, pour en faire des spécialistes. À l’époque, il y avait énormément d’assistants à la Coupe du Monde qui étaient toute l’année arbitre central, mais pour le président de la FIFA, ce n’était plus possible. À Nice, on avait Gilles Veissière et Claude Colombo qui arrivaient en Ligue 1 et Bruno Coué qui pointait le bout de son nez. La fédération a donc mis en place une règle que si l’on ne monte pas en 3 saisons dans la division supérieure, on serait obligatoirement rétrogradé. Moi j’étais arbitre en D3, et j’ai raté de peu la montée en L2. J’ai donc décidé d’être assistant de Claude Colombo à partir de 1994 en Ligue 1, et en 1997 je suis devenu arbitre international.

Quelles compétitions avez-vous arbitré ?

De nombreuses compétitions internationales. J’ai commencé par la Coupe du Monde Juniors en 2001, ce qui m’a permis d’être repéré pour la Coupe du Monde 2002. J’ai arbitré 4 matchs dont la demi-finale Allemagne-Corée. À l’époque, la FIFA ne sélectionnait pas de trios, mais seulement les meilleurs assistants et arbitres. En France, on a eu la chance d’avoir un arbitre et un assistant, et j’ai été pris avec Gilles Veissière. J’ai ensuite fait l’Euro 2004 en trio avec Gilles Veissière également et Serge Vallin.

J’avais aussi été pré-sélectionné pour le Mondial 2006, avec Alain Sars. On pensait aller en Allemagne, mais malheureusement, ce n’est pas notre trio qui y est allé. Ça reste un petit regret, une déception, mais c’est la règle. Avec Alain Sars, on a tout de même terminé notre carrière de la meilleure manière avec une demi-finale de Ligue des Champions entre le Milan AC et le FC Barcelone et en mai 2006, j’ai fait mon jubilé avec Claude Colombo à Gerland.

Quel match retenez-vous le plus ?

Mon plus beau match ? La demi-finale de la Coupe du Monde entre l’Allemagne et la Corée. Quand on commence l’arbitrage, on ne se dit jamais qu’on atteindra un match de ce type, mais c’est un peu de chance et de la consécration. Sur 3 000 arbitres internationaux, il y en a seulement 70 qui vont à la Coupe du Monde et encore moins en demi-finale donc c’est vraiment un moment que je n’oublierai jamais.

Parlez-nous de votre contact avec le légendaire Pierre-Luigi Colina.

J’ai eu la chance d’être avec lui à la Coupe du Monde 2002 et à l’Euro 2004. C’est avant tout un homme fabuleux humainement parlant. Après, on le connaissait pour son look spécial et son charisme. Je me souviens qu’avant l’Euro, il avait arbitré la finale de C3 entre Valence et l’OM, durant laquelle il avait exclu Fabien Barthez. Il m’avait dit : « Tu sais, les supporters nous en veulent beaucoup alors que je n’ai fait qu’appliquer la règle. Malheureusement, si je ne l’avais pas appliqué, ça aurait pu me coûter une place à l’Euro ».

Pour en revenir sur l’ES Contes. Qu’est ce qui vous a donné envie de rejoindre le club ?

Tout d’abord car je suis Contois et j’y habite depuis plus de 10 ans. Donc, si je devais m’inscrire dans un club, c’est dans celui de ma ville. Ça faisait un petit moment que je voulais revenir dans le football et l’ES Contes m’en a donné l’occasion.

Quel sera votre rôle au sein du club ?

Mon profil me permet de toucher à tout car j’ai plusieurs cordes à mon arc. J’ai côtoyé le terrain en tant qu’arbitre, et été vice-président du Stade Laurentin. Dans mon activité professionnelle, j’organise des stages. J’ai un diplôme d’éducateur et aussi un master en management des organisations sportives, donc une possibilité de transmettre un maximum de choses au club de par mon expérience et mes compétences et je veux aussi aider le sport et le foot en général.

Déjà des projets à venir ?

Pour le moment, on n’a pas vraiment de nouveauté. On veut miser sur une seule chose très rapidement, c’est l’ouverture d’un site internet tout neuf. En 2020, c’est très important d’avoir une bonne communication.

Quels sont les objectifs du club ?

L’objectif principal est de restructurer le club et de donner un maximum de compétences aux éducateurs et à toutes les personnes qui y travaillent. Notamment grâce à l’arrivée de Guy Mengual, qui est une personne avec de magnifiques valeurs humaines et une grosse expérience dans le football. Dans notre esprit à moi et Guy, Contes doit être le club phare de la Vallée du Paillon sans mésestimer les clubs alentours. Quand j’ai commencé, Contes était une place forte du football azuréen grâce notamment à Bruno De Zottis et nous voulons redonner cette image au club. Maintenant, on a une très belle équipe dirigeante et on va bien travailler pour remettre le club sur de bons rails.