ExpatriéInterview

Hugo Fauroux (USA) : « La Floride, un pas immense dans ma progression »

21/09/2017 à 18:29

Parti aux États-Unis il y a deux ans pour rentrer dans une université, Hugo Fauroux, 21 ans, a fait, cet été, un pas de plus vers la Major League Soccer, le championnat professionnel américain. L'ancien gardien de l'AS Cannes où il a fait ses classes, puis de l'AS Monaco, où il a évolué en U19 DH, est désormais comme l'un des meilleurs à son poste. En rejoignant la Florida International University, le jeune homme a pris une autre ampleur. Interview.

Quelles études faites-vous aux États-Unis ?
J’ai décidé de faire des études de Business, en me spécialisant dans le commerce international. Je prends aussi des cours supplémentaires d’espagnol, ce qui me permettra d’être trilingue à la fin de mon cursus.

Qu’est-ce qui vous a motivé à partir aux États-Unis ?
J’avais l’opportunité d’intégrer le groupe DHR de Monaco avec Greg Campi, avec d’anciens pros et des jeunes joueurs de qualité, mais dès que j’ai entendu parler de ce projet américain, je n’ai pas hésité une seconde. Un ami m’a parlé de l’agence AV Athletics et je les ai de suite contactés. Après plusieurs rendez vous avec Alan Naigeon, un des fondateurs de l’agence, qui m’a très bien présenté le projet, j’ai décidé de m’y lancer a 100 %. Le fait de continuer ses études et surtout de poursuivre sa formation à un très bon niveau m’a beaucoup plu. Puis le fait de vivre a l’américaine, dans un grand campus, m’a aussi attiré.

Quelle était votre vie sur place à Cleveland ?
Elle était superbe. Je vivais dans un appartement avec deux joueurs de l’équipe pendant ces deux années. Le fait qu’il n’y ait que 1,000 étudiants dans mon université m’a beaucoup aidé. Tout le monde se connait et c’est plus facile pour s’intégrer. Tout est mis en place pour qu’on réussisse, que ce soit au niveau des études ou du foot. Les professeurs et les coachs communiquent beaucoup et font en sortent que tout se passe bien. Par exemple, pendant ces deux premières années, j’avais cours le matin, et entrainement l’après midi, et j’étais libre le soir pour me reposer ou pour aller à la gym. Pendant la saison de foot, qui se déroule de fin août a mi-novembre avec des matchs tous les 3-4 jours, on est souvent obligé de louper des cours et des contrôles à cause des matchs et déplacements. Mais les professeurs sont compréhensifs et font en sorte qu’on puisse les rattraper quand ça nous arrange. Les autres élèves qui ne sont pas sportifs nous aident aussi quand ils peuvent pour ne pas qu’on soit perdu quand on a loupé des cours. Ensuite, la période entre janvier et mai est un peu plus tranquille niveau foot, avec seulement des entrainements et des matchs amicaux. On a donc plus de temps pour se consacrer aux cours. Cette période est aussi difficile par rapport au froid. Mon université était localisée a Cleveland, juste en dessous du Canada, et il arrivait souvent qu’il fasse entre -15 et -20 degrés.

Hugo Fauroux a reçu de nombreuses récompenses individuelles lors de son passage à l’Université de Cleveland. (Crédit photos : DR)

Où êtes-vous désormais ?
Après deux années réussies, notamment avec le prix de meilleur gardien de ma conférence en 2016-2017, end team ALL-OHIO et MVP de mon équipe dans la même année, j’ai été transféré dans une des plus grandes universités du pays : Florida International University. Il y a 55 000 étudiants. C’est un pas immense dans ma progression. Le niveau est plus élevé et les infrastructures sont impressionnantes. On va avoir 2-3 déplacements en avion. Contrairement à ma petite université à Cleveland, c’est un grand changement. J’ai rejoins là-bas deux Français et cela m’a aidé pour mon intégration. D’ailleurs, j’ai été élu joueur défensif de la semaine dans ma Conférence lors de la première semaine, et on est toujours invaincu après 5 matchs.

Êtes-vous reconnu au sein de l’université ? Notamment par rapport aux basketteurs ou à ceux qui font du foot US.
Personnellement, étant le seul Français de l’université de Cleveland et étant donné que j’ai eu plusieurs récompenses individuelles, j’étais reconnu. Souvent cela dépend des résultats des équipes. Notre équipe était une des meilleures du campus, alors que l’équipe de football n’a pas gagné un match dans l’année. Donc on était assez reconnu. Par contre, dans ma nouvelle université, les joueurs de football et de basketball sont les plus reconnus. Ce sont encore les sports les plus populaires aux USA.  Je sais pas si un jour le soccer aura la même importance que le football, le basket-ball ou même le base-ball, mais la popularité du soccer monte au fil des années.

Quel est désormais votre objectif ?
La draft est clairement l’objectif pour l’année 2018/2019.

Ménini : 'C'est un patron'
Le souvenir de Frédéric Ménini, qui l’a eu une saison en U19 DH de l’AS Monaco : « Il vit le foot, il a une mentalité exceptionnelle. On ne peut pas faire mieux. Il est super à l’écoute. Il prend du plaisir. Quand il revient à Monaco, il s’entraine avec nous. En terme technique, il est complet. Il est bon dans le jeu aérien, au pied. C’est un patron dans l’équipe. Il communique et encourage. C’est un super gardien, l’un des meilleurs que j’ai eu. Je conseille à tous les clubs d’être attentif à son sujet. »