IncidentsD1

Incidents : l’US Plan de Grasse doit-elle arrêter son équipe Seniors ?

13/11/2019 à 17:15

Le club de l'US Plan de Grasse doit-il arrêter son équipe Seniors cette saison après les incidents de dimanche en D1 face à la réserve de l'AS Cannes ? Éléments de réponse.

On connaît les incidents qui ont eu lieu dimanche lors du match de D1 entre la réserve de l’AS Cannes et l’US Plan de Grasse. Après un match joué sous haute tension, une altercation entre les deux équipes en fin de première période et un acte de violence sur l’arbitre commis par un joueur de Plan de Grasse, plusieurs questions se posent : Le club va-t-il déclarer forfait général comme l’avait fait Saint-Sylvestre la saison dernière avec son équipe réserve ? Est-ce ce qu’il faut aller jusque là ? La solution réside-t-elle ailleurs ? Les président de l’Entente Saint-Sylvestre-Nice Nord, Christian Tebbakha, et de l’USRVN, Marius Borgomano, tentent de nous éclairer grâce à leur expérience du sujet.

Pourquoi faut-il arrêter l’équipe ?

« Ce qui m’a poussé à arrêter l’équipe, c’est que je ne pouvais plus assurer la sécurité des arbitres. Je n’avais aucune raison pour continuer cette équipe, aucune garantie que cette violence portée sur l’arbitre n’allait pas se reproduire un jour. Je n’avais donc pas d’autres alternatives » nous a expliqué Christian Tebbakha, le président de l’ESSNN. La saison dernière, un joueur de son équipe réserve seniors avait mis un coup de tête à un arbitre. Le patron du club niçois avait alors décidé de mettre fin à l’équipe D4. « L’éducateur ne m’avait pas donné la garantie de pouvoir calmer cette violence. Pour l’image du club mais surtout pour protéger les arbitres, la seule possibilité était d’arrêter l’équipe » se défend ce dernier. Le président de Saint-Sylvestre en était même arrivé à se demander s’il n’arrêterait pas la catégorie seniors toute entière : « La question, forcément, doit rejaillir sur toute la catégorie seniors. Ce qui est arrivé avec notre équipe 2, si ça s’était passé avec l’équipe 1, j’aurais pris la même décision ! On serait reparti les années d’après avec de nouveaux joueurs et un nouvel état d’esprit. Si je ne l’ai pas fait, c’est parce que j’avais en place une équipe 1 qui me garantissait que je ne retrouverai pas cet incident chez eux. Mais si j’avais eu la certitude que ça peut se reproduire, j’aurais pris la même décision. C’est pas le niveau qui m’anime, c’est surtout l’image du club et l’intérêt du sport ».

Marius Borgomano, le président de l’USRVN, avait pris la même décision la saison dernière lors des violences qui avaient eu lieu en U15. Ses jeunes, solidaires avec leur coach, s’étaient jetés sur l’arbitre le rouant de coups. « Est-ce qu’il faut arrêter l’équipe ? Ça dépend. Moi, perso, l’année dernière, on a arrêté l’équipe. Après, c’est difficile s’ils n’ont pas d’autres équipes, ils ne peuvent pas virer tout le monde. Moi, c’était l’équipe 3. C’est difficile de virer des personnes qui n’ont rien fait. Il faut virer les cons, faire comme j’ai fait, j’ai fait un lot ! C’est pour ça que cette année j’ai un peu moins de licenciés, mais on ne s’en porte pas plus mal » nous a confié le chef de St Roch-Vieux Nice avant de comparer son cas avec celui de Saint-Sylvestre  « L’année dernière, le président a arrêté les seniors pour le même problème. Il a eu raison, il y avait la majorité qui était conne ! Il a gardé quelques joueurs qui ne l’étaient pas et les autres, ils les a foutu dehors ». Quant à la question : faut-il arrêter toute la catégorie, le boss de l’USRVN veut calmer les choses et rappelle l’essentiel : « L’année dernière, un idiot voulait même qu’on ferme le club ! On fait d’abord du social. On aurait fermé le club, tous ces gamins seraient allés quelque part. C’est déplacer le problème ! ».

Est-il possible de passer l’éponge ?

Pour le président de l’ESSNN, c’est impossible. « Selon les niveaux, les équipes se tiennent en général. Là, ce n’était plus possible. Il fallait que le club soit solidaire du corps arbitral pour montrer que l’intérêt, c’était les arbitres, pas les joueurs. Bien sûr, il y a des dommages collatéraux, en premier les joueurs qui se comportaient bien et qui subissent malgré tout la sanction, mais il était obligatoire de faire cause commune pour défendre les arbitres. Sans eux, il est plus en plus compliqué d’organiser des matchs… » Un avis que ne partage pas totalement son homologue de l’USRVN, Marius Borgomano. En exemple, il prend l’histoire qui s’était passée dans son club avec le U19 qui avait eu un comportement plus que virulent avec l’arbitre durant un match : « En U19, il n’y avait pas eu de coup sur l’arbitre. Il y avait eu des mots et des gestes un peu virulents. Le petit a pris deux ans de suspension. Ça ne méritait pas d’arrêter une équipe pour ça. En plus, ses coéquipiers avaient tenté de les séparer durant l’altercation, ils s’étaient mis au milieu quand ils ont vu qu’il y avait de la colère. Je ne vais pas jeter 20 jeunes à la rue pour un élément ! ».

Quel avenir pour la D1 de l’US Plan de Grasse ?

Nous avons contacté le président de l’US Plan de Grasse, Yannick Tavolaro. Ce dernier nous a répondu mais n’a pas souhaité s’exprimer concernant les futures décisions qui seront prises, sur la situation du match et la gravité des faits. Chacun se fera son idée. Une chose est sûre, un tel comportement mérite une sanction exemplaire.

Crédit photo : illustre.ch