Interview

Johan Audel : « Je peux jouer encore deux ans »

05/12/2017 à 14:25

Ancien joueur de Valenciennes, de Nantes et du VFB Stuttgart, Johan Audel, 33 ans, est revenu sur sa Côte d'Azur natale depuis la fin de son contrat au Beitar Jérusalem, en mai 2017. En attendant de retrouver un club, l'attaquant, formé à l'OGC Nice, a accepté de faire le point sur sa situation et sa carrière.

Quelle est votre situation contractuelle ?

Actuellement, je suis sans club depuis ma résiliation avec le Beitar Jérusalem.

Vous avez commencé à vous entraîner depuis hier avec la N2 de Nice. Pourquoi ?

Tout le monde sait que j’ai débuté à Nice. J’y ai beaucoup d’amis, notamment Alain Wathelet qui a facilité les choses. On a discuté. J’ai pensé que c’était un bon moyen pour moi de garder la forme en vue du prochain mercato.

Comment vous entraîniez-vous jusqu’ici ?

Jusqu’alors, j’avais une coach sportive, à Nice.

La vie de groupe vous manquait ?

Je suis resté sur la Gold Cup avec la Martinique (moins bon 3e de la phase de groupes de cette compétition ouverte aux sélections d’Amérique centrale, d’Amérique du Nord et de la Caraïbes, NDLR). C’était une super expérience avec un bon groupe. Ca s’est terminé en juillet. J’avais envie de retrouver un groupe désormais, Je voulais un entraînement collectif de bon niveau. J’ai pensé à la réserve de l’OGC Nice.

Quels sont vos souhaits ?

J’ai des sollicitations en Asie, en Australie. J’ai fini meilleur passeur de la Gold Cup, donc il y a aussi des contacts aux Etats-Unis. Mais je privilégie la vie familiale. Mes enfants sont scolarisés à Nice. J’ai fait trois dernières années à Nantes et au Beitar, avec mes enfants à Nice, donc je n’ai pas pu profiter d’eux. Je recherche un truc en France pour ne pas m’éloigner d’eux. C’est un choix de carrière qui m’amènerait à chercher un bon challenge en France plutôt que de partir pour l’argent à l’étranger.

On avait évoqué Amiens en 2017 ?

On avait des contacts très avancés avec Amiens, en janvier dernier. Ca ne s’est pas fait, car j’ai signé trop tard. En juin, Amiens est revenu à la charge. Je pensais qu’on serait sur la même longueur d’onde, mais ça ne s’est pas fait. C’est une petite déception. Je suis parti faire la Gold Cup et je suis revenu. On m’a proposé des challenges, ce n’était pas ce que je recherchais, j’ai préféré attendre.

Qu’attendez-vous désormais ?

Le but est de me maintenir en forme, puis de voir ce qui se propose en janvier. J’ai 34 ans dans 10 jours. Je suis bien physiquement. Je peux jouer encore deux ans facile. On va voir les projets qui vont s’offrir. Si c’est trop loin, trop contraignant, j’envisagerai autre chose.

Quitte à arrêter ?

J’ai fait une assez bonne carrière, dans de bons clubs. J’ai fait de bons choix. J’ai toujours envie de jouer, j’ai l’amour du foot. Je vais attendre et voir. Mais si des choses ne me plaisent pas, je ne vais pas forcer le destin.

Vous êtes prêt rapidement ?

Ca ne fait que cinq mois que je ne joue pas. Je suis bien. J’ai retrouvé un groupe, ça va me permettre de garder la forme. Je suis un bosseur. Physiquement, je suis bien, donc je peux jouer rapidement si j’intègre un club.

Vous avez quitté le Beitar Jérusalem il y a quelques mois. Qu’en retenez-vous ?

Ca a été un mauvais choix de carrière. J’ai eu un mauvais conseil de mon conseiller de l’époque. J’avais fini sur 30 matches à Nantes, toutes compétitions confondues. Après, j’ai pris la décision finale, donc je ne vais pas mettre toute la décision sur lui. Ca aurait pu mieux se passer. Il y avait l’Europa League, j’avais envie de tenter autre chose. Mais aller en Israel, ce n’est pas le meilleur choix que j’ai fait.

« Nice et Nantes sont mes clubs de coeur en Ligue 1 »

Et de votre première Gold Cup ?

Je retiens qu’on était le petit poucet de la compétition de par notre statut. On est un département français, qui n’est pas reconnu par la Fifa. On a montré un bon visage. On a gagné le premier match contre le Nicaragua. On a perdu 3-2 contre USA. J’ai croisé Alex Bedoya, mon ancien coéquipier, qui m’a félicité. J’ai fini meilleur passeur, on a eu le meilleur buteur (Kévin Parsemain), ça a été une bonne expérience. On a voyagé en avions privés. Pour la plupart des joueurs, qui sont amateurs, c’est extraordinaire. Je suis content d’avoir vécu ça. C’est une fierté d’avoir porté les couleurs de la Martinique.

Revenons sur votre carrière. Vous avez passé trois ans à Nantes. C’est un bon souvenir ?

C’était super. Avant d’arriver, je ne savais pas si j’allais rejouer, car je sortais d’une grosse blessure. J’ai su me remettre sur pied. J’ai fait trois saisons. Lors de la première, je n’ai pas beaucoup joué. Les deux suivantes, j’ai plus joué. C’était un club familial, c’était le top d’évoluer dans un club historique comme ça. Je garde beaucoup d’amis. J’ai souvent Adrien Thomasson, Koffi Djidji ou Valentin Rongier au téléphone. On se donne des nouvelles. C’est un club que je continue à suivre. Je ne vais jamais l’oublier.

Son parcours actuel vous impressionne-t-il ?

Oui et non. Je connais le potentiel du groupe, des jeunes. Il y a Rongier que j’avais poussé. J’étais allé voir Franck Kita pour l’intégrer avec nous. Je ne suis pas étonné de leur bon classement. C’est une équipe de jeunes, de copains, qui ont pratiquement tous été formés ensemble. C’est des mecs qui se connaissent par coeur. Il y a un bon état esprit. Ils sont partis pour faire une bonne saison.

Ce week-end, Nantes affronte Nice, votre club formateur…

Je dois aller voir le match avec Fabrice Pancrate. Mais c’est mon anniversaire le 12. Donc ce n’est pas sûr encore que je monte. C’est un match que j’aimerais bien voir. Ce sont mes deux clubs de coeur. Même si j’ai beaucoup d’attachement pour Valenciennes, mais il est en Ligue 2. C’est les deux premiers résultats que je regarde. A Nice, il y a mon ami de toujours qui est capitaine, Dante, qui m’avait accueilli quand j’étais arrivé à Lille. On était très souvent ensemble.

Quel est votre pronostic ?

Je n’ai pas envie de me faire d’ennemi, donc 1-1, ce serait très bien.

Justement, l’OGC Nice. Quel regard portez-vous sur son évolution ?

J’en parlais avec le coach de la réserve, Laurent Bonadeï. C’est super, il y a un bon projet, avec les nouvelles installations. On n’avait pas tout ça. C’est un club qui a envie de grandir, il y a un nouveau stade. Je ne connais pas personnellement le président, mais il a fait beaucoup. J’en avais connu deux-trois. Lui, c’est un président moderne, il sait de quoi il parle. Il fait les choses intelligemment. C’est bien pour Nice et ses supporters. Il y a une équipe compétitive, qui est en train de rebondir. Il y a le mercato bientôt. Il y a une bonne cellule de recrutement, menée par mon ancien entraineur, Serge Recordier. Le club ne va pas tarder à jouer les premiers rôles. Il commence à s’installer dans la durée. Il va vite rebondir.

Rejoindre la réserve de Nice, si vous ne trouvez rien, c’est possible ?

Je n’ai jamais songé à ça. Mais je suis dans ma ville, j’ai ma famille ici. Encadrer des jeunes, pourquoi pas. Tout le monde sait que j’ai un bon état d’esprit. J’ai de l’expérience, j’ai vu des choses, j’ai joué en Allemagne. Pourquoi pas. Au foot, tout peut se passer. Déjà, je veux maintenir la forme, voir janvier et je prendrai une décision sur mon futur.

Crédit : capture d’écran LFP