PortraitFoot féminin

Lætitia Mele, sourires sous le soleil

09/01/2019 à 19:35

Depuis plusieurs saisons, Laëtitia Mèle est la gardienne de Saint-Roch Vieux-Nice. Agée de 45 ans, la native de Picardie s'épanouit dans les buts du club noir et bleu. Portrait d'une femme qui a retrouvé le sourire en s'expatriant dans le Sud de la France.

Depuis 20 ans, elle a retrouvé le sourire. En débarquant de sa Picardie natale sur la Côte d’Azur, en 1999, pour « la mer et le soleil, parce que j’avais besoin de changement », elle attendait un « déclic ». A 45 ans, Laëtitia Mele, la gardienne de l’USRVN, a ce qu’elle était venue chercher. « Je n’arrive plus à m’arrêter. Je redécouvert le plaisir et une équipe. » Pourtant, la carrière de footballeuse avait bien commencé.

Elle fait ses débuts dans le football, pour faire comme son père et ses cousins, à Breuil Le Vert, dans l’Oise. Déjà au poste de gardienne. « C’est moi qui ai décidé, c’est là où je prends du plaisir. J’aime me rouler par terre, l’adrénaline que ça provoque. Ce sont des instants brefs, mais intenses », raconte cette fan de Joël Bats. « C’est un poste où il faut accepter cette responsabilité, où il faut être un peu fou. Sur le terrain, je suis dans une bulle, épanouie. » Alors, elle continue de faire ses armes. Elle reste jusqu’en cadettes à Breuil Le Vert, jusqu’à une sélection en équipe de Picardie. « On a fait un tournoi interrégional à Nemours, en Belgique, et là, j’ai été demandée par Saint-Quentin, qui avait un projet en national. » L’arrivée se fait en 1989. Avec le grand voisin, elle connaîtra la DH, la 2e division, puis la consécration, une montée en 1re division, en 1997. Elle fait deux saisons avant un « accident ». Elle ne veut pas en dire plus, pudique. « Ca m’a bloqué, j’ai eu envie de partir. »

La voilà donc débarquée sur la Côte d’Azur. Sans retoucher le ballon. « J’ai arrêté le foot pendant une dizaine d’années. J’ai fait ma petite vie, j’étais à l’époque magasinier cariste. Puis, le hasard des rencontres fait que je me suis remis dedans. Je suis tombé sur des filles qui jouent au foot, à Saint-Roch Vieux-Nice. C’est une super aventure avec Marius (Borgomano, le président). Il est là pour ses filles », apprécie-t-elle. Sur la Côte d’Azur, Laëtitia Mèle commence au foot à 7. Trois titres de championnes de District plus tard, les Noir et Bleu viennent de passer au foot à 11. « C’est un petit kiff, toujours en étant compétitrices », souligne-t-elle.

Qualifiées au 2e tour de la Coupe Côte d’Azur, troisièmes de D1 après neuf journées, les joueurs de l’USRVN font leur petit bout de chemin. Sans penser encore à la retraite pour leur gardienne, qui confie, toutefois, penser à la reconversion. « Je suis en train de passer des modules d’entraîneur. Dans le club, il y a le projet de créer une section féminine. Je suis joueuse avant tout, mais j’ai envie d’apprendre le coaching. Quand mon corps dira stop, je m’investirai d’une autre manière car il y a des gamines qui ont envie de jouer au foot, mais ne le font pas.. Pour l’instant, j’ai du temps à donner à l’équipe, il faut que ça avance. » A quelques mois de la Coupe du Monde féminine, qui se déroule en France, et dont quelques matches se dérouleront à Nice, elle veut continuer de s’amuser dans ce football féminin qui va « profiter d’actions qui amèneront des licenciées et des bénévoles pour s’occuper des enfants. » Avant que ce soit elle qui prenne définitivement le relais. Toujours avec le sourire.

Crédit photos : ESRVN