PortraitOGC Nice

Makengo, silence ça pousse !

10/06/2017 à 10:25

L'OGC Nice tient sa première recrue du mercato estival. Tout fraîchement arrivé de Caen, le Gym a officialisé ce matin la signature de Jean-Victor Makengo. A 18 ans et après seulement deux saisons au haut niveau, le Congolais d'origine va découvrir l'Europe avec son nouveau club. Une réussite qu'il doit à son travail et son père.

12 juin 1998. La France s’impose 3-0 contre l’Afrique du Sud au Vélodrome lors de son premier match de poule. A quelques 700 kilomètres de là, Jean-Victor Makengo voit le jour à Étampes dans l’Essonne. 17 ans plus tard et après être passé par les catégories de jeunes des 16 et 17 ans de l’Équipe de France,  il signe son premier contrat avec le Stade Malherbe de Caen. Une tunique qu’il porte deux ans et sous laquelle il apparaît 31 fois. Avant donc de rejoindre les Aiglons.

Mais c’est dans sa ville natale que tout a commencé pour le jeune milieu de terrain. C’est ici qu’il va toucher ses premiers ballons. Gilles Rougé, le responsable de l’école de foot d’Étampes depuis 2002, a eu sous sa charge l’ancien Caennais. Il en garde le souvenir d’un jeune joueur très travailleur. « On a immédiatement remarqué un immense potentiel sur l’envie de progresser. C’était un enfant avec beaucoup de talent  mais qui était surtout toujours attentif. Il apprenait très vite. Il ressortait en match tout ce qu’on travaillait à l’entraînement. Le secret de sa réussite est son abnégation et son écoute ». Mais Gille Rougé ne se rappelle pas de la moindre anecdote ou d’un moment marquant concernant Makengo. Il explique : « On n’entendait jamais sa voix. Il était assez réservé et ne parlait que très rarement. Mais par contre il faisait beaucoup parler la foudre sur le terrain ».

Un joueur plein de qualités

« Faire parler la foudre », Jean-Victor Makengo a pu le faire grâce à de nombreuses qualités malgré son jeune âge. « C’était avant tout un joueur très athlétique. Musculairement il était déjà assez impressionnant », raconte le responsable des jeunes d’Étampes. Des qualités athlétiques qui se retrouvent aujourd’hui sur les terrains de Ligue 1. Il est capable de couvrir beaucoup de surface et se montre très solide dans les duels.

Mais le néo-Niçois possède un autre atout. C’est un joueur très intelligent. C’est ce qu’explique Christian Perron, membre du club d’Étampes : « J’ai beaucoup côtoyé Jean-Victor et il avait une grosse qualité. Il ne jouait pas que pour lui et savait mettre les joueurs autour de lui en valeur. Il savait ce qu’il allait faire du ballon avant de le recevoir. Mais ce talent ne m’a pas surpris. Il a baigné dans le foot et bien évidemment que ça a inspiré à le faire progresser. On savait qu’il y avait des gènes sportives dans cette famille. »

Une famille de footballeurs

S’il y a bien quelque chose qui fait l’unanimité chez les Makengo, c’est le football. Celui-ci coule dans les veines de la famille. A l’image des frères Pogba, la fratrie Makengo a aussi côtoyé les rectangles verts. Que ça soit Chris (passé par le centre de formation d’Auxerre,NDLR), l’aînée, Anaïs (ex-pro en D1 féminine avec Issy-les-Moulineaux,NDLR), ou bien Jean-Victor avec Caen. Et Jean Makengo, le père, n’est pas étranger à la réussite de son cadet. « Il le faisait beaucoup travailler et lui faisait répéter les gestes. Il l’aidait à apprendre un peu plus vite. Son papa l’a beaucoup suivi. Il lui a inculqué le goût de l’effort », indique Gilles Rougé. Un père tellement impliqué qu’il ne ratait pas une occasion pour voir jouer son fils, comme l’explique Christian Perron. « Il était toujours sur le terrain. Il venait le voir vraiment tout le temps, matches et entraînements ».

Jean-Victor Makengo est d’ailleurs encore très attaché à son club formateur. Les responsables d’Étampes savent qu’ils peuvent compter sur le milieu de terrain pour venir saluer leurs jeunes. Une attitude saluée par Christian Perron. « Ça fait vraiment plaisir et ça permet de montrer que même si nous sommes un petit club, nous parvenons à former des jeunes joueurs talentueux ». Un jeune joueur talentueux, Jean-Victor Makengo l’est incontestablement. A lui désormais de confirmer son potentiel pour peut-être, un jour, soulever la coupe du monde comme l’ont fait les Bleus un mois après sa naissance.