InterviewOGC Nice

Maxime Le Marchand : « Quand j’étais jeune, j’étais attaquant »

07/04/2018 à 20:01

Devenu un cadre de la défense de l'OGC Nice, Maxime Le Marchand a fait ses classes dans l'Ille-et-Vilaine. A près de 29 ans, l'ancien de l'US Saint-Malo a raconté son enfance et son adolescence passée à Rennes. Souvenirs.

Est-ce possible de nous raconter vos débuts dans le foot ?

Depuis petit, j’aimais jouer au foot dans le jardin, avec la famille, les copains. Mon père m’a inscrit dans une structure, donc j’ai commencé dans un petit club de Saint-Malo, la JA Saint-Servan. J’ai vite aimé ça, aller aux matches, aux entraînements. C’est venu naturellement. Mon père était footeux. Après la JA, je suis vite allé à l’US Saint-Malo, le grand club de la ville, qui marche plutôt bien.

Vous êtes alors un joueur offensif…

Oui, je marquais pas mal. J’avais des qualités de vitesse qui ne se voient pas aujourd’hui (rires). Et puis, quand t’es gaucher, t’as un peu plus de qualités générales à cet âge-là.

Comment s’est fait le passage entre le « petit » et le « grand » club de Saint-Malo ?

C’est moi qui suis allé à l’USSM. Ils avaient les mêmes chaussettes rayées que Dortmund, ça me faisait rêver. C’était la comparaison des grands clubs (rires).

Les copains de l’école jouaient où à l’époque ?

Je n’avais pas de footeux en copains de l’école. Il y en avait à la JA Saint-Servan, à la Jacques-Cartier ou au Cercle Jules-Ferry, et bien sûr à l’USSM.

Quel entraîneur vous a marqué ?

Charly Cosnefroy, il m’a pas mal aidé. C’est avec lui que j’ai passé les meilleurs moments à Saint-Malo. C’était en poussins. Il m’encourageait, il savait que j’avais un potentiel. Il avait les bons mots. Il m’emmenait à l’entraînement.

Quels souvenirs gardez-vous de l’US Saint-Malo ?

J’ai fait de beaux tournois. On avait gagné un tournoi vers Paris, j’avais marqué le but de la victoire en finale. C’était quelque chose de grand pour des gamins, d’aller pendant deux jours dans des familles d’accueil.

Comment s’est fait le passage vers Rennes ?

Ca n’a pas été évident. Le grand club attire les meilleurs joueurs des petits clubs. J’ai réussi à m’adapter et à sortir mon épingle du jeu. Christian Schmidt m’avait dit : « tu rentres par le talent, mais tu sors par le travail. » J’ai toujours travaillé et ça a toujours bien marché. Ils m’avaient repéré lors d’un tournoi. J’en ai fait un autre avec eux, à Plougastel-Daoulas, où ça s’est bien passé. Mon père m’a proposé de faire les aller-retour entre Saint-Malo et Rennes. J’ai accepté, car le Stade Rennais était le club phare de la région. Lors de ma pré-formation, j’étais en famille d’accueil chez un joueur, puis chez Didier Le Bras, qui était un entraîneur de la formation. En famille d’accueil, ce n’est pas facile, loin du cocon familial. Mais il y avait le foot, où j’étais bien. Après, j’ai pu rentrer au centre, ce sont les meilleures années. J’ai signé ensuite stagiaire pro, avec un appartement. En plus, Rennes est une super ville, donc il y avait de quoi faire

Qu’est ce que ça représentait d’y signer ?

C’était une fierté. C’est le club phare de la Région. C’était le meilleur centre de formation à l’époque. Ca représentait quelque chose. J’ai gagné la Gambardella, c’était le top.

Aujourd’hui, affronter Rennes, comme ce dimanche, est-il particulier ?

Pas vraiment, car je n’y ai pas été professionnel. Je n’ai fait qu’un banc de touche. Il n’y a pas d’esprit de revanche non plus. C’est un match comme un autre. Le seul côté spécial, c’est que c’est le club où j’aurais aimé percer, mais ça en reste là.

Vous y avez été replacé en défense ?

J’ai fait pas mal de postes à Rennes. Quand j’étais jeune, j’étais attaquant. Puis, à Rennes, je suis passé ailier gauche, en 10, milieu gauche, milieu gauche, arrière gauche et arrière central (sourires). J’ai reculé petit à petit. Mais la plus grande partie de ma formation, je l’ai faite en milieu défensif.

Pourquoi ce recul ?

En milieu défensif, il y avait pas mal de monde. J’avais mon pied gauche qui me permettait de jouer sur le côté gauche. En latéral gauche, il y avait moins de monde, donc c’était l’opportunité pour moi de jouer un peu plus.

Qu’est-ce qui vous a plu à ce poste ?

Ca me plaisait de jouer, donc je m’adaptais. Je découvrais un nouveau poste, le haut niveau. Je m’entraînais avec les pros à Rennes, en tant qu’arrière gauche, donc je progressais.

Que gardez-vous de vos années à La Piverdière ?

Ces entraînements avec les pros. J’ai pas mal appris. Fouler le terrain des pros, c’était le rêve, après les avoir regardé s’entraîner.

C’est votre premier contrat pro. Avant de partir au Havre, avec qui, hasard des choses, vous marquez votre premier but en pro chez une équipe bretonne, Vannes.

J’avais de la famille qui avait fait le déplacement. J’étais très content. J’étais prêté par Rennes. C’était un peu « La Bretagne, ça vous gagne ».

Que représentait ce statut de professionnel ?

J’étais toujours en recherche de progression, de vouloir retourner à Rennes pour m’y imposer. C’était le but. Le Stade Rennais fait beaucoup de prêts pour acquérir de l’expérience. Avec moi, ça n’a pas fonctionné, mais j’avais l’objectif de prendre du temps de jeu.

Au final, vous passez six ans au Havre.

Oui, et ça s’est bien passé. Même si j’aurais aimé monter en Ligue 1, avec eux, ce qu’on n’a pas réussi à faire.

Il y a près de trois saisons, vous arrivez à Nice. Vous n’avez donc commencé en Ligue 1 qu’à 26 ans, c’est tard.

Oui, mais c’était le bon moment. Ca aurait pu se faire avant, mais j’avais acquis pas mal d’expérience en Ligue 2. Je voulais voir autre chose, et c’est la Ligue 1 que je voulais. Il y a eu l’opportunité avec Nice, qui m’a fait confiance. Il y avait un projet de jeu sérieux. On l’a vu, ça s’est bien passé, dans l’identité.

Qu’est-ce qui vous a marqué dans vos débuts en Ligue 1 ?

C’était beaucoup plus technique et tactique. Ca se joue à des détails. Il fallait beaucoup plus anticiper et lire le jeu. Je l’avais en moi, naturellement, donc je n’étais pas perdu.

A près de 29 ans, avec deux participations en Coupe d’Europe consécutives, près de 200 matches en pro, quel regard portez-vous sur votre évolution depuis les débuts ?

Je suis fier. Je ne pensais pas, un jour, me retrouver sur une ligne de Ligue des Champions. Quand tu vois tous les joueurs à la télé, tu te dis c’est génial. Et là, c’est toi. Donc je suis fier, mais j’ai envie de regoûter à ça. Ce n’est pas faire une rétrospective et s’arrêter là. J’ai encore envie d’avancer, d’en faire plus.

Que diriez-vous au petit Maxime Le Marchand qui va débuter le foot si vous pouviez vous projeter ?

Tu vas vivre de bonnes choses. Eclate-toi, prends du plaisir. J’ai fait du foot, parce que je m’amusais. Il fallait que je continue dans cette optique. Ce n’est que des bons moments, mais les années passent vite au final. C’est profite. J’en ai profité, donc je lui dirais ça.

Vous avez débuté dans le milieu amateur, pourriez-vous y finir, dans les prochaines années ?

Pourquoi pas ? Je n’y ai pas pensé. A Saint-Malo, peut-être. C’est possible. J’aurai toujours envie de fouler la pelouse. Ce serait pour délirer avec des amis.

La Bretagne, votre terre d’origine, a une sélection régionale. Aimeriez-vous en porter les couleurs un jour ?

Je l’ai déjà fait une fois. On a joué contre le Mali, on a gagné 1-0. C’était une vraie fierté. Il y avait l’hymne breton. Ce n’est pas significatif, mais c’est toujours un plaisir de porter les couleurs de la Bretagne.