Dortmund - ASMLDC

Nicosia (USMN) : « Surpris de cet élan de solidarité »

12/04/2017 à 10:24

Présent au Signal Iduna Park pour assister au quart de finale aller de Ligue des Champions, hier, entre le Borussia Dortmund et l'AS Monaco, Alain Nicosia, le capitaine de l'US Mandelieu, a pu rester en Allemagne pour voir le match, reporté à ce soir, à 18 h 45, après une attaque sur le bus de l'équipe jaune et noir. Il raconte.

Revenons sur l’avant-match. Quel a été votre programme ?

Alain Nicosia et ses amis dans le stade de Dortmund. (Crédit : Boris Albarracin)

On est parti de Nice pour Amsterdam lundi. On a passé une nuit là-bas. On est arrivé vers midi sur Dortmund. On a récupéré nos places, et on a fait le tour de la ville. On est arrivé au stade vers 17 heures. On a bu un coup et mangé un bout. On est rentré dans le stade vers 18 h 30 – 19 heures. Ca commençait à se remplir.

Quand avez-vous pris connaissance des explosions ?

Vers 20 heures, on a commencé à entendre parler d’attaque, d’un attentat sur le bus des joueurs de Dortmund. Il y avait un peu le wifi. Mais, surtout, les gens appelaient de France. Ils donnaient des infos. A 19 h 30, on voyait les joueurs monégasques se balader sur la pelouse, pas ceux de Dortmund. C’était bizarre. On a eu une annonce en allemand et en français pour nous dire qu’on était en sécurité et nous donner des informations. Puis, vers 20 h 15 – 20 h 30, on nous a dit que c’était reporté à demain (aujourd’hui). On entendait aussi des informations grâce aux réseaux sociaux.

Quelle était l’ambiance ?

C’était beau, car, dans la tribune des Français, c’était bien rempli. Il y avait pas mal de supporters allemands. Ca a chanté « Dortmund, Dortmund ». On sentait une ferveur et de la solidarité. Les chants étaient suivis par les fans de Dortmund.

Puis, vous êtes sortis…

On est sorti vers 20 h 45. Il n’y avait pas de panique, pas d’affolement. C’était calme. On a eu un peu plus d’informations, qu’il y avait juste un blessé allemand (le joueur espagnol, Marc Bartra).

Qu’avez-vous fait ensuite ?

On a appelé nos responsables. On a décalé nos jours de congés. Dès hier, on commencé à s’organiser. Nous trois, on a pu gérer. Moi, par exemple, je bosse au service jeunesse de la ville d’Antibes. Ca tombe pendant la période scolaire. Mais mes collègues ont trouvé des solutions. En revanche, dans notre groupe de cinq, deux devaient partir à Amsterdam, pour reprendre l’avion.

Où avez-vous passé la nuit ?

On a vu la chaîne de solidarité. On a tenté le coup. Un jeune Allemand nous a répondu. C’est un handballeur de 25 ans, Hannes. On avait laissé notre voiture de location à nos potes qui sont rentrés à Amsterdam. Il est venu nous chercher, car il habite à 15 mn. Il n’était pas au match. On va lui offrir les places pour ce soir des collègues partis. D’autant qu’il nous a aidé pour les démarches. On a décalé le vol d’Amsterdam, on part demain matin à 7 heures. Il nous reste à trouver une voiture, pour l’après-match.

Les trois Français restés, avec leur hôte, Hannes. (Crédit : Alain Nicosia)

Ce sont de nouveaux frais…

Oui, il a fallu payer un nouveau vol, relouer une voiture. Niveau financier, c’est un problème. Mais on a tout mesuré. On s’est dit que si c’est jouable de rester 24 heures de plus, on le fait.

Avez-vous été surpris de cet élan de solidarité ?

Oui, bien sûr. Mais celui qui nous a logé, a dit que si ça lui arrivait, il aimerait bien qu’on l’aide. Malgré un petit appartement, il nous a hébergé tous les trois. J’ai été agréablement surpris.

Quel est votre programme pour la suite de la journée ?

On est chez lui. On allait se préparer à partir. On va manger un bout, et trouver une solution pour rentrer à Amsterdam. On ira vers 15 heures au stade, puis on va assister au match. En espérant qu’il ait lieu. Puis, on ira dormir à l’aéroport d’Amsterdam.

Pour connaître le Mur jaune, il faut parfois partager un clic-clac à trois chez un inconnu. (Crédit : Alain Nicosia)