Interview N2

Obbadi (Poissy) : « À mon époque, il était encore plus compliqué d’avoir sa chance au PSG »

20/09/2019 à 16:15

Rencontre avec Mounir Obbadi, la recrue estivale de l'AS Poissy (National 2) se livre suite à son retour dans le monde amateur parisien. L'ancien pro passé par l'AS Monaco, l'OGC Nice ou encore le Lille OSC évoque également sa carrière en France, en Italie et au Maroc !

Mounir, vous êtes aujourd’hui un joueur de l’AS Poissy. Pourquoi ce retour en région parisienne ?

J’étais en fin de carrière. Aujourd’hui dans le football à un certain âge c’est plus compliqué pour trouver un club. C’est comme ça, c’est le football. J’étais en fin de contrat au Stade Lavallois. À 36 ans, j’ai préféré me rapprocher de ma famille qui est en région parisienne, étant natif de Chanteloup (78).

« Ranieri m’a énormément marqué à Monaco »

Que pensez-vous apporté à l’équipe ?

J’essaie d’apporter tout simplement mon expérience, mon vécu pour les plus jeunes. Je vais faire de mon mieux. Le coach s’appuie sur quelques cadres dont je fais partie. À nous les anciens, de montrer l’exemple tout en étant performant sur le terrain.

Le coach Laurent Fournier a-t-il une vision différente des autres coachs que vous avez côtoyés ?

Chaque coach est différent… J’ai eu beaucoup de coachs. C’est un bon coach, un bon technicien, un bon tacticien. On sent qu’il a une certaine expérience, qu’il a du vécu. On sent qu’il a joué au haut niveau.

Avec quel coach vous êtes-vous le mieux entendu dans votre carrière ?

Je dois le respect à tous les coaches que j’ai eu. J’ai aimé travailler avec Claudio Ranieri qui m’a énormément marqué à Monaco. Il y a aussi Jean-Marc Furlan que j’ai côtoyé 5 ans à Troyes. Ce sont 2 coaches qui m’ont marqué.

Revenons sur vos débuts footballistiques. Vous avez été formé au PSG sans y avoir eu votre chance en équipe première. Pourquoi selon vous ?

Au PSG, il était à mon époque compliqué d’avoir sa chance, encore plus aujourd’hui. Quelques joueurs sortent du club, mais c’est difficile de s’y imposer. Paris a toujours été compliqué dans la formation, pour les jeunes. Le PSG veut acquérir des joueurs de très haut niveau pour avoir des résultats immédiats. Les objectifs sont très importants chaque saison. Le PSG ne peut pas attendre et prendre le risque avec un jeune. La formation parisienne est pourtant très très forte et reste l’une des meilleures en France.

« Paris devrait se servir de ce vivier »

Est-ce plus dur qu’ailleurs de se faire une place en région parisienne ?

On ne va pas se voiler la face, à Paris, il y a beaucoup plus d’habitants, de joueurs licenciés. Il y a un gros vivier sur la capitale et sa banlieue. C’est peut-être même l’un des plus gros viviers d’Europe et du Monde. Les jeunes parisiens sont talentueux. Paris devrait se servir de ce vivier, mais ce n’est pas totalement le cas…

Très tôt, vous vouliez devenir professionnel ?

Bien sûr, ça a toujours été mon rêve ! Dès l’âge de 6 ans, j’avais ça en tête. J’étais un passionné, je voulais réussir et j’ai réussi.

Pourquoi ce sport est-il aussi médiatisé, aussi populaire ?

Lorsque je descendais en bas de l’immeuble, tout le monde jouait au football, on pouvait faire du foot même avec une balle de tennis. On jouait sur le mur ou dès qu’on pouvait. C’était le sport qu’on aime.

Vous êtes-passé par Angers, Troyes avant d’atterrir à Monaco, pensionnaire de Ligue 2. Comment avez-vous été remarqué avant d’arriver à Monaco ?

Lorsque j’étais avec Troyes, j’ai affronté l’AS Monaco et ma performance a été remarquée par Claudio Ranieri, je pense.

Vous vous imposé en principauté et montez avec l’ASM en Ligue 1. Quels souvenirs gardez-vous de cette période et du coaching de Ranieri ?

C’était une belle montée, de supers moments. J’ai eu la chance de jouer sous l’ère Ranieri. J’ai pu jouer avec de grands joueurs. Monaco était supérieur en Ligue 2, comme Paris l’est en Ligue 1. On avait un bon groupe, une belle équipe.

« J’ai beaucoup appris en Serie A »

Par manque de temps de jeu, vous êtes prêté en Italie à Hellas Vérone. C’était le meilleur choix pour vous ?

Je suis parti en Italie pour connaître un nouveau challenge, un nouveau championnat. J’aurais pu rester mais j’ai préféré tenter l’aventure italienne. Je voulais découvrir ce très bon championnat. J’ai eu cette opportunité et je ne regrette absolument pas. J’ai beaucoup appris en Serie A.

Le jeu italien est-il vraiment très tactique ?

C’est vrai, il est beaucoup basé sur la tactique et surtout, ça travaille très très dur. Les séances étaient plus longues en Italie qu’en France. Ils travaillent très dur et c’est très long, au moins 2 heures et demi par séance.

Vous partez au bout d’un an pour revenir dans le Nord, à Lille pour 2 saisons. Pourquoi ce départ ?

À Vérone, je n’étais que prêter. J’avais l’opportunité d’aller dans un très bon club en France. J’ai décidé avec ma famille de revenir en France. Dans le Nord, ça s’est très bien passé. Au début, il y a eu Hervé Renard pendant 3 mois uniquement avant d’être coaché par Frédéric Antonetti. On a terminé la saison 5ème au classement. On est revenu de loin et on a fait une superbe saison malgré un début compliqué. Au niveau sportif, je ne garde que de bons souvenirs.

« Lucien Favre, un coach proche de ses joueurs »

Direction ensuite le Sud et l’OGC Nice pour uniquement 6 mois. Pourquoi ?

Comme le club ne me proposait pas de contrat, j’ai préféré partir. Mais, j’ai connu un très bon coach qui était Lucien Favre, aujourd’hui à Dortmund. On sent que c’est un très bon coach, proche de ses joueurs.

Après l’OGC Nice, vous partez au Maroc au Raja Club Athletic pour 18 matchs joués…

Je n’avais plus trop de choix en France et je suis parti dans mon pays. Une très bonne expérience dans un bon championnat dans l’un des plus grands clubs de football du Maroc.

Quel est le niveau du championnat marocain ?

C’est un bon niveau, ça ressemble au jeu espagnol, ça joue au ballon. Ça m’a fait du bien de jouer dans un championnat africain. On apprend toujours dans n’importe quel championnat.

Puis, vous signez 1 an au Stade Lavallois…

J’avais signé 1 an avec une option d’un an en cas de montée. Mais nous ne sommes pas montés, beaucoup de joueurs étaient en fin de contrat. L’épisode lavallois s’est terminé au bout d’une saison. Voilà, c’est dommage…

Comment se passe le début de saison à l’AS Poissy ?

Je suis très content de jouer pour ce club. Actuellement, nous sommes un peu dans le dur. Un début de championnat assez poussif, mais il reste encore beaucoup de matches. Le National 2 est un championnat difficile.

Pouvez-vous encore jouer la montée ?

Pour l’instant, on va jouer match après match. Dans la situation actuelle, on ne peut pas parler de montée. Il reste beaucoup de travail à Poissy.

« Le niveau de football amateur a progressé »

Quel regard portez-vous sur le football amateur ?

C’est difficile au niveau des infrastructures, des terrains et encadrements. Pour les déplacements, ça n’a rien à voir avec le haut niveau. Je m’étais préparé et ça ne me dérange pas. Le niveau de football amateur a progressé. On voit de très bons joueurs amateurs. Il faut aussi un peu de chance pour faire son trou.

Vous avez joué à plusieurs postes au milieu de terrain : sentinelle, relayeur, meneur. Quelle est votre préférence ?

Plutôt relayeur.

Quelles sont les qualités indispensables pour jouer à ce poste ?

Il faut avoir du volume de jeu, répéter les efforts, avoir de la technique, avoir de la vision de jeu, gratter des ballons.

Vous manque-t-il un titre, un club dans votre carrière ?

Oui, j’aurais aimé jouer pour le PSG étant originaire de la région parisienne !

Propos recueillis par Farid Rouas.