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Olivier Lorenzi, hors du temps

08/07/2019 à 18:32

A 45 ans, après plus de 20 années passées sur les terrains de la Côte d’Azur, Olivier Lorenzi vient de prendre sa retraite. Portrait d’un joueur que le poids des années a oublié.

A 45 ans, sur un terrain de football, on est soit entraîneur, soit supporter mais très rarement joueur. Pourtant, tout au long de cette saison, sur les pelouses de la Turbie ou d’autres stades de la région, on pouvait voir cavaler Olivier Lorenzi et ses longues années de carrière. Greg Campi est le dernier entraîneur à l’avoir connu avec l’AS Monaco « Il montrait l’exemple. Malgré son âge, je n’ai jamais hésité à le faire jouer. Pas tout le monde peut jouer à son niveau en R2. C’est quelqu’un qui ne rechigne jamais à l’effort » raconte-t-il. Olivier Lorenzi et Greg Campi, c’est une relation qui a duré pendant sept années. Sept ans pendant lesquels le coach a pu profiter du talent et des efforts du Corse de naissance. « On n’arrive pas à ce niveau-là sans se donner à fond. Moi, je ne lui faisais pas de cadeaux. Quand je le faisais jouer, c’est qu’il le méritait, c’est qu’il pouvait apporter quelque chose à l’équipe » continue le nouveau coach du VSJB. Sa longévité, il la doit à une condition physique et une hygiène de vie irréprochable. En plus des entraînements, Olivier Lorenzi pratique aussi du CrossFit à côté, pour se maintenir au niveau. Et même avec cette assiduité, au fur et à mesure des années, il a dû faire évoluer son style de jeu : l’avant-centre efficace de sa jeunesse a muté en un joueur plus tourné vers le collectif. « Sur le terrain, il a toujours les yeux levés, il cherche à faire ce qu’il y a de mieux pour l’équipe » vante son coach. Pour sa dernière saison en R2, l’avant-centre a inscrit 2 buts, les derniers d’une longue lignée.

« Sur le terrain, il ne faisait jamais de réclamation, quand il jouait mal, il était lucide et ne se rejetait jamais la faute sur les autres » se souvient Gaston Maza. Et qui de mieux pour raconter Olivier Lorenzi que celui qui l’a connu un premier temps en tant que coéquipier à Monaco ou à Cap d’Ail et puis qui l’a coaché quand Maza a pris la tête de l’équipe 3 de l’ASM. « C’était vraiment un cadre, il ne s’énervait jamais pour rien, en tant que coéquipier ou que coach, c’est un régal de l’avoir. » Un régal que l’entraîneur de la D3 de Monaco aurait aimé se voir prolonger encore un peu plus longtemps : « Pour moi, il aurait pu jouer encore 1 ou 2 ans, il en a les capacités ! »

Un joueur de vestiaire

Même si la plupart de ses coups d’éclat, Olivier Lorenzi les a fait sur les pelouses, les minutes qui précèdent l’entrée sur le pré, c’est aussi le terrain de l’attaquant. « Dans le vestiaire, il savait dire ce qu’il faut. Il savait ce que chacun avait besoin, mais en étant toujours positif. Je pouvais lui donner la parole sans le moindre doute » se remémore Gaston Maza. Entouré de coéquipiers qui ont parfois la moitié de son âge, le « papa », comme le surnomme Maza, n’a jamais été en marge ou en conflit avec les plus jeunes « Il s’entendait avec tout le monde, c’est quelqu’un de calme, de cool, de très ouvert » raconte Skander Habib, 20 ans, qui a joué avec lui à Monaco. « On lui laissait mettre sa musique parfois, il mettait son reggaeton, c’était vraiment bonne ambiance » continue le jeune joueur. Apprécié, respecté, Olivier Lorenzi ressemble à peu de chose près au coéquipier parfait. « C’était un relai en terme d’exemple. Ce n’est pas forcément quelqu’un qui parle beaucoup mais son attitude parle pour lui. De par ses entraînements, ses entrées en matches, il était l’image du joueur exemplaire. Quand un jeune avait besoin de se confier, il savait qu’il pouvait aller le voir » raconte Greg Campi « On l’appelait Olivier le mentaliste. Dans le vestiaire, je finissais mes discours en lui donnant la parole, et lui, il lançait une phrase qui sort de nulle part mais qui avait toujours un sens et une continuité avec mon message. C’était notre mentaliste » continue son coach.

Et maintenant ?

Quand on est si apprécié et bon dans un vestiaire, l’après-carrière pourrait logiquement se concevoir en tant qu’entraîneur. Ses qualités de leadership et son charisme pourraient faire le bonheur de plusieurs équipes. « Je ne sais pas si c’est ce qu’il veut mais en tout cas, il en a toutes les capacités » assure Gaston Maza. Alors est-ce que Lorenzi suivra la même voie que son ancien coéquipier et ami où préfèrera-t-il prendre du recul par rapport au football qu’il a si longtemps côtoyé ? Dans tous les cas, son choix sera respecté, comme tout du long de sa carrière.