OGC Nice Portrait

Patrick Burner, itinéraire d’une folle ascension

07/11/2019 à 18:31

Véritable révélation cette saison, Patrick Burner s’affirme comme l’un des joueurs clés du GYM. Au fil des rencontres, le Martiniquais, couvé par Patrick Vieira, s’est imposé sur le côté droit de la défense niçoise, poussant parfois Youcef Atal un cran plus haut sur le terrain. Une ascension fulgurante depuis son arrivée à l’OGC Nice en 2013.

Il faudra certainement attendre la fin de la saison pour que l’énigme soit définitivement résolue. Patrick Burner est-il lui-même à l’origine du repositionnement de Youcef Atal cette saison sur le flanc droit de l’attaque ? Face au Paris Saint-Germain (1-4), le mois dernier, le natif de Fort-de-France s’est arraché pour être à l’origine de la réduction du score des Aiglons. En profitant d’un mauvais renvoi d’Angel Di Maria, en déboulant à toute berzingue sur son côté et en mettant Abdou Diallo dans le vent en accompagnant son ballon de la tête, Burner a adressé une merveille de centre à Dolberg, qui d’une fine reprise a offert le but à Ganago. Une action qui résume presque à elle seule l’ascension de Patrick Burner depuis son arrivée à Nice, en 2013, lui qui s’est imposé cette saison comme l’un des maillons forts du GYM.

« Il ne lâche jamais rien », reprennent en cœur les deux pensionnaires du RC Grasse, Anthony Ranieri et Lorenzo Vinci, qui ont tous les deux côtoyé le Martiniquais à l’OGC Nice en U19. « Patrick a toujours eu énormément de qualités. C’est un bosseur », assure le premier. « Un déconneur, qui mettait tout le temps l’ambiance », sourit le second. « Mais toujours sérieux sur le terrain », abonde Ranieri. Un boute-en-train, qui a touché ses premiers ballons sur ses terres, en Martinique.

Buteur de passion, ailier de formation, latéral de raison

« Il sortait du lot. On savait déjà tous qu’il aurait une belle carrière devant lui, assure son ami de toujours, Yordan Thimon, coéquipier de Patrick Burner durant son passage au Club Franciscain. « Patrick était déjà rapide, technique et adroit des deux pieds. Il avait aussi une belle frappe de balle. C’était même sa spécialité. Il marquait également beaucoup de buts. Il était même le meilleur buteur de l’équipe. » Car à ses débuts, celui qui n’a pas manqué un seul match de Ligue 1 cette saison, n’évoluait pas encore latéral droit. « On évoluait tous les deux ailiers. Ce n’est qu’à Nice que Patrick est descendu d’un cran. »

Un replacement qui lui a permis d’exploser et de s’imposer dans le onze de Patrick Vieira. « Il avait quelques difficultés dos au jeu, se souvient Lorenzo Vinci. Mais un jour, Patrick a été replacé arrière droit pour palier une absence. Ce jour-là, il a fait un match incroyable et n’est plus jamais sorti de l’équipe. » Trimballé à plusieurs postes durant sa formation, du Golden Star de Fort-de-France (2000-2008), au Club Franciscain (2008-2011), en passant par le JA Drancy (2011-2012) et l’Étoile Fréjus/Saint-Raphaël (2012-2013), c’est finalement à l’OGC Nice que Burner a trouvé sa quintessence, à un poste qui scie à merveille avec ses qualités. Une juste récompense, pour un garçon qui a su se frayer un chemin jusqu’en équipe première et en Ligue 1 à force de travail et d’humilité.

Sa seule limite ? Youcef Atal et le 3-5-2

« Dans la vie, c’est un garçon humble, très drôle, mais qui sait se montrer sérieux quand il le faut. C’est un vrai professionnel. Et malgré ce statut, Patrick est toujours resté le même, confie Yordan Thimon, toujours au Club Franciscain et qui ne manque pas d’accueillir « son pote » lorsque ce dernier se rend en Martinique pour rendre visite à sa famille. Patrick a prouvé que le travail finit toujours par payer. Physiquement, il ne fait que s’améliorer. Cette année, on voit qu’il a vraiment réussi à faire son trou. » 

Au point de venir taper un jour à la porte de l’équipe de France, toujours dépourvue d’un titulaire indiscutable au poste de latéral droit ? « Pourquoi pas un jour, lance Anthony Ranieri. Cette année, il a prouvé qu’il avait les épaules pour s’imposer à Nice. Sa carrière est lancée. » La seule incertitude, désormais, réside dans sa capacité à enchaîner sur le long terme. « Pour l’instant, sa progression est constante, analyse l’attaquant du RC Grasse. Il a franchi les étapes les unes après les autres. » La prochaine pourrait être de taille. Préserver sa place après les retours de blessures de Dolberg, Ounas et Claude-Maurice et le passage annoncé au 3-5-2, un dispositif qui lui convient parfaitement, à lui, mais aussi à un certain… Youcef Atal.