Portrait

Peter Besnard, la course au soleil

21/02/2019 à 9:24

Né au Canada, Peter Besnard a construit la majorité de sa carrière d'éducateur en Gironde, avant de signer à l'AS Cannes, il y a deux ans. Promu avec les U19 en Nationaux, le technicien de 39 ans vise toujours plus haut...

« J’ai été séduit par le projet et le discours de la direction. J’ai senti un vrai souhait et une réelle volonté de me voir m’inscrire dans ce nouveau challenge. » En janvier 2017, débarque sur la Côte d’Azur un éducateur inconnu, en provenance de Gironde. A Cannes, Peter Besnard se sent attendu, quand il pose le pied au bord de la Méditerranée. Deux ans plus tard, le nom de celui qui est né au Canada est devenu commun. Après six mois d’observation, avec les U15 DH Rouge et Blanc, il prend la tête des U19 DH, tous juste descendus de l’échelon National, à l’été 2017. Avec un objectif : la remontée immédiate. Un an plus tard, le pari est réussi, pour la troisième fois de sa carrière d’éducateur (il a fait monter les U19 de la JA Villenave, club de Gironde, en Nationaux à deux reprises). « Les 3 montées sont déjà dues à la base à la qualité des joueurs dont je disposais. Après, on essaye de tirer le maximum de ses joueurs. Dans un deuxième temps, c’est la gestion d’un groupe et le faire vivre sur toute une saison, réussir à entretenir cette dynamique », explique-t-il. « J’ai toujours dit que le mérite revient à plus de 70% aux joueurs. Après, ce sont les choix des garçons, l’animation et le système de jeu, ainsi que la gestion de groupe… Bien sûr, il faut que les deux soient réunis (sourires). »

Avec 18 points, à égalité avec l’OM, son prochain adversaire, l’AS Cannes conserve actuellement sa place dans la division. Mais Peter Besnard, 39 ans, sait que rien n’est fait. Il faut dire que le technicien est un habitué des terrains. Des débuts au CS Thouars (79), avant de partir à Chelles (77), Meaux (77) et un retour au Thouars Foot 79, où il fait ses débuts en seniors. En 2000, il débarque en Gironde, une terre qui l’accueillera quinze saisons, même au terme de sa carrière de joueur, à 28 ans, pour un problème de ménisque. La reconversion se fait logiquement, puisqu’elle avait déjà commencé. « Quand je suis arrivé au RC Chambéry, à 20 ans, on m’a sollicité pour savoir si j’étais intéressé pour prendre une équipe, car il manquait des éducateurs. J’avais un peu de temps, je me suis dis pourquoi pas, puis j’ai de suite accroché et donc entamé le cursus des formations d’éducateur pour apprendre à transmettre correctement. » Doucement, le jeune homme fait ses gammes. Il débute avec les 13 ans, avant de s’occuper des 15 ans Ligue, au club de Drop. Mais c’est à la JA Villenave, en 2007, que le déclic a vraiment lieu. « J’ai eu l’opportunité de rejoindre le club voisin, qui proposait un niveau plus élevé chez les jeunes », justifie-t-il. Le courant passe. Il monte, donc, deux fois en U19 Nationaux (2010 et 2014), et devient même adjoint en CFA 2.

Il est alors temps de quitter la Gironde et de se lancer un nouveau challenge. Direction l’AS Cannes. Et ce retour en U19 lui va parfaitement. « Dans cette catégorie, l’avantage, pour ceux qui aiment la compétition, c’est qu’on s’en rapproche. Voire, même, à un certain niveau de pratique, nous y sommes », décrypte celui qui se décrit comme « une personne droite, honnête, à l’écoute, joueur dans l’âme, franc », mais aussi « râleur ». « Il y a aussi le charme de la coupe Gambardella. En revanche, les difficultés sont liées à la société avec une génération de consommateurs, où le confort est constant. Les joueurs veulent tout sans s’en donner les moyens. Ils n’ont plus trop le goût de l’effort et la moindre difficulté, ils la fuient. Mais nous avons également un rôle éducatif à passer à travers le message sportif. » C’est ainsi que Peter Besnard ne relâche jamais la pression. Ambitieux – « je fais les choses sérieusement sans me prendre pour un autre », assure-t-il -, il attend toujours plus de son groupe. « Aux miens, je leur dis souvent : si tu veux quelque chose, vas le chercher, point. En dehors des séances, je suis assez proche des joueurs, accessible. Mais, en temps normal et en fonction de la qualité des joueurs dont je dispose, j’aime voir mon équipe avoir la maitrise du jeu, que les joueurs prennent du plaisir à jouer ensemble et proposent un jeu bien huilé. Après, actuellement en National, par la force des choses, le projet de jeu est différent », reconnaît-il.

Engagé dans sa quête du maintien dans l’élite de la formation française, Peter Besnard se fixe d’autres objectifs. Elu « meilleur entraîneur de l’année 2018 », il avait présenté celui qu’il vise à moyen terme : une place dans le monde seniors.

T.M.

Crédit photo : Kevin Mesa