CommuniquéEtoile de Menton

Pierrette Gambarini « Tant que je serais vivante, mon club ne tombera pas dans le piège de la fusion avec le Rapid »

15/03/2019 à 11:35

Suite à l'article sur l'idée d'une fusion entre les clubs de foot de Menton et Roquebrune-Cap-Martin et suite à la publication de l'interview du Maire Jean-Claude Guibal, Pierrette Gambarini, Présidente de l’Étoile de Menton, a souhaité diffuser un communiqué.

Communiqué de Pierrette Gambarini, Présidente de l’Etoile de Menton

« Je suis Madame Gambarini Pierrette, Présidente de l’Etoile de Menton depuis 2004.

L’Etoile de Menton est une famille. Le club a été fondé par mon grand-père, Pierre Gambarini, qui était mon parrain et aussi mon mentor. La construction du club s’est faite autour de vieilles familles mentonnaises comme la famille COLLI, la famille RAPINI, la famille MARINELLO et bien d’autres.

Au décès de mon grand-père en 1981, c’est mon père qui a pris la présidence du club. Puis, lorsque mon père nous a quittés en 2004, c’est moi qui ai pris la succession du club, c’est mon héritage.

Pour moi, on est à l’Etoile, on y vit et on y meurt. C’est la raison pour laquelle, à l’Etoile, on accueille les plus petits (les Débutants), et on peut jouer au football jusqu’à la retraite voire plus, dans la catégorie Vétéran.

Mon club est un club qui a une dimension familiale. En effet, il réunit les passionnés du ballon rond. C’est également un club omnisport : athlétisme, boule, tennis de table. Aujourd’hui, mon filleul Jacques Gambarini, qui a le virus de la famille, dirige avec professionnalisme la section glisse faisant la joie de nombreux jeunes mentonnais.

Ainsi, vous comprenez que les joueurs qui s’inscrivent à l’Etoile ne sont pas considérés comme de simples numéros. Nous faisons jouer les mentonnais avant tous les autres.

Lorsque j’entends cette vieille fable du rapprochement entre le Rapid et nous, cela me rappelle mon enfance. Vous devez savoir que c’est depuis que je marche à quatre pattes que j’entends parler du mariage entre le Rapid et nous ; surtout lorsque mon club se porte bien et que nos voisins sont en perte de vitesse.

Nous à l’Étoile, on est fier de nos couleurs, le rouge et le blanc avec l’Etoile et le Campanin sur le maillot, nous sommes un grand club, un club prestigieux. C’est nous qui avons été les pionnières dans le football féminin. A ce jour, nous sommes la plus ancienne équipe féminine du Sud, équipe que j’ai conduite d’une main de maître : nous avons remporté à plusieurs reprises la coupe et le championnat du Sud. Nous avons même joué, au tout début de notre histoire, en première division de championnat de France. De plus, cela fait 47 ans cette année que le club organise le Tournoi International féminin durant les fêtes de Pâques. Ce tournoi prestigieux attire des passionnés de football féminin du monde entier. C’est grâce à ce tournoi que l’Etoile de Menton, contrairement à nos voisins, possède une dimension planétaire. Au début, le tournoi était considéré comme la Coupe d’Europe féminine !

Aujourd’hui encore notre club attire, surtout les jeunes mentonnais qui aiment l’état d’esprit de la maison. Je crois que les gens commencent à comprendre qui nous sommes et les valeurs que nous diffusons chez nos jeunes : le respect et la famille. Cet état d’esprit est véhiculé par l’ensemble des éducateurs qui soient jeunes ou « moins jeunes ». Lorsque je dis « moins jeunes », je fais bien sûr référence aux cadres historiques qui me suivent depuis toujours et encore aujourd’hui, nous avons le plaisir de nous retrouver ensemble.

Pour nous, le jeune mentonnais qui commence à jouer à l’Etoile a le droit de jouer en équipe première. Or, ce n’est pas le cas de nos voisins.

Toujours est-il que notre plus grande force, c’est la passion du football, l’authenticité de nos éducateurs qui n’oublient pas l’esprit de compétition et qui n’ont pas peur de faire du bénévolat, chose rare de nos temps. Ce que je trouve navrant, c’est qu’à chaque fois que le Rapid va mal, on nous parle de cette fusion. Nos voisins disposent de subventions municipales bien plus élevées que nous. Je ne peux m’empêcher de penser que si l’Etoile disposait de la moitié de ces subventions, on serait loin devant eux. Car notre club est bien structuré malgré les petits moyens dont nous bénéficions.

Pour conclure, tant que je serais vivante, mon club ne tombera pas dans le piège de la fusion avec le Rapid. Même si la mairie organise un référendum dans la ville de Menton, je suis certaine du résultat car les gens connaissent notre club et ils savent ce que veut dire « Étoile de Menton ». J’aimerais qu’on me laisse finir de vivre sans que l’on m’emm… et qu’on arrête de toucher à ma famille : l’Étoile de Menton. »

Pierrette GAMBARINI

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