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RC Grasse : la reprise du N2 est-elle vraiment une bonne nouvelle ?

19/02/2021 à 11:30

Hier, la FFF a officialisé la reprise du championnat de N2 à partir du samedi 13 mars pour terminer le dimanche 13 juin. Un protocole sanitaire strict devra être observé. Est-ce vraiment une bonne nouvelle pour le RC Grasse qui avait mal débuté sa saison ?

C’est fait, le RC Grasse est fixé, le championnat de N2 va bientôt reprendre. Une nouvelle plutôt bien accueillie par le directeur général, Thomas Dersy : « Il y a une notion sportive où c’est vrai que pour le staff et les joueurs, c’est quelque part une délivrance. Dans toute leur carrière, ils n’avaient jamais connu un arrêt aussi long. Avoir enfin un format de compétition défini, c’est aussi quelque chose de positif » a-t-il exprimé. Un avis partagé par le coach Loïc Chabas : « Comme tous les acteurs de N2, nous sommes très heureux de pouvoir reprendre la compétition, c’est l’essence même de tout sportif » s’est-il réjouit. La nouvelle formule ? Un championnat sur la phase aller suivi de playoffs/playdowns (sous forme de deux minis-championnats) pour les montées/descentes. Un format qui promet.

Pourtant, le club grassois ne reprendra pas dans les meilleures conditions, dans une formule qui le désavantagera clairement par rapport à ses ambitions de départ, c’est-à-dire décrocher une montée en National. « On a fait un début de saison compliqué et forcément s’ils réduisent le nombre de matchs, ça favorise les équipes qui ont pris un bon départ, car on a moins de temps pour rattraper son retard » a expliqué le dirigeant Thomas Dersy faisant référence à la 10e place actuelle au classement de la poule C. D’autant plus que le club de la rose a deux matchs en retard sur ses concurrents. Il faudra donc commencer le championnat plus tôt que prévu. « Nous n’aurons pas le temps de faire de matchs amicaux si nous reprenons le 27 février par un match en retard. C’est quand même incroyable de nous prévenir une semaine avant la reprise après 4 mois d’inactivité » s’est indigné l’entraîneur du groupe N2.

« On est dans une configuration qui est de toute manière exceptionnelle, extraordinaire, avec ce Covid et il y a des malheureux et des déçus. Et on en a été l’année dernière… Pour la montée, on est certainement le club qui peut nourrir le plus de regrets sur la saison dernière. Parce qu’on est leader à la trêve, qu’on avait battu Annecy sur les matchs aller, parce que la formule pour établir le champion des poules de N2 nous a été défavorable… Bref, dans notre poule, on avait le meilleur quotient, tous les voyants étaient au vert sauf qu’on termine à 2 points d’Annecy à la fin du championnat. On a été malheureux, Annecy heureux. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’étais pas favorable à une reprise, parce qu’on va forcément repartir sur des inégalités. Là, c’est pareil, certains n’auront pas jouer le même nombre de matchs à domicile et à l’extérieur à la fin de la phase aller… » a précisé Thomas Dersy.

Le RC Grasse aurait-il la poisse une fois de plus ? « On ne saura qu’à la fin si le nouveau format est une bonne chose pour nous ou pas. Il est évident que nous aurions préféré effectuer l’ensemble des matchs… » a répondu le coach Loïc Chabas qui a tout de même profité de cet arrêt des championnats pour élargir le groupe avec des jeunes du club : 4 joueurs nés en 2000, 4 en 2001, 1 en 2002 et 1 né en 2003 dans le groupe. De bon augure pour l’avenir.

Une décision pas si souhaitée que ça à Grasse ?

Cette décision de la FFF de reprendre le championnat de N2 fait plaisir aux joueurs et aux compétiteurs qui souhaitent regoûter à la compétition. Mais en réalité, derrière cette envie, se cachent des risques, au niveau sportif, mais également financier. « Arrêter le championnat le 26 juin, à une semaine de la reprise de l’entraînement pour préparer la saison suivante, c’est compliqué. Les joueurs n’ont quasiment pas joué depuis des mois et ils vont enchainer une saison et demi d’un coup ? Ça, quand même, ça pose question pour la reprise de la saison prochaine. Et quid des aides dont on va pouvoir bénéficier car qui dit reprise dit arrêt du chômage partiel. Et la réalité, c’est que l’impact des coûts touche tous les niveaux du club, ses sponsors, le stade vide, la buvette fermée… On attend donc un geste de la Fédé et de l’Etat pour nous aider dans cette période » espère le directeur général azuréen.

Cependant, l’espoir de terminer ce championnat spécial en beauté est encore là. Les ambitions sont là mais elles ne peuvent plus être les mêmes dans un contexte qui, forcément, laisse un flou pour l’avenir : « On a les moyens d’aller chercher ces points. Sur 15 matchs allers, il nous en reste 8, on a joué même pas la moitié. Mais je pense vraiment que notre état d’esprit aujourd’hui est de repartir sans calculer. Les cartes sont tellement redistribuées, c’est tellement une situation inconnue, qu’aujourd’hui on ne peut pas dire qu’on va jouer la montée. Je pense qu’il faut reprendre, enchainer, et le point se fera à la trêve quand on saura si on est dans les playoffs ou les playdowns ». Le coach Loïc Chabas est lui aussi motivé, mais il sait que les deux matchs en retard à rattraper détermineront la suite de la saison : « Comme toutes les équipes je pense, le 1er objectif sera d’accrocher une place pour les playoffs. Les deux matchs en retard vont conditionner notre 2eme partie de saison. Le championnat est si dense que chaque point va compter et peut vous faire basculer dans la bonne partie du classement ».

Pas de reprise pour le N3 ?

A part le N2, aucun autre championnat n’a pour l’instant été autorisé à reprendre. L’Assemblée Générale de la FFF prévue à la mi-mars pourrait statuer sur le sort des championnats inférieurs, ceux des féminines et des jeunes. « Honnêtement, je n’ai pas tous les éléments pour pouvoir répondre à cette question. Il y a trop de facteurs que je ne maîtrise pas. Nous avons beaucoup de chance de pouvoir reprendre et je comprends tout à fait la frustration des équipes qui ne peuvent pas revenir sur le terrain… On a tous hâte que le sport en général revienne à la normale et que tout le monde puisse pratiquer sa passion. Et personnellement, j’espère que je pourrai amener mon fils faire son 1er tournoi avec ses copains et lui acheter sa barquette de frites. Le vrai foot quoi ! » a donné son avis l’entraîneur grassois.

Luigi Alfano (SC Toulon) « Je ne comprends pas que nous on reprenne et pas eux »

« La vraie question, c’est à partir de quelle division on s’arrête ou on reprend. Ce qui est difficile pour les joueurs, c’est l’aspect sportif. Et plus on descend de niveau, plus c’est de la passion, plus on retrouve cette notion de plaisir. C’est donc difficile de dire à ces joueurs qu’ils ne peuvent pas jouer. Mais si on a obtenu cette possibilité de reprise, c’est parce que la quasi-totalité des joueurs de N2 ne font que ça, c’est leur activité principale. Comme le National, on a la possibilité de jouer le mercredi pour rattraper les matchs en retard. En quelque sorte, on est la première division semi-professionnelle en France. Le N3, c’est différent, la majorité des joueurs travaille. Il y a des clubs comme l’AS Cannes qui s’entraînent en journée avec des joueurs qui ne font que ça mais à ce niveau ça doit représenter entre 10 et 15% des clubs de N3. En N3, je pense que plus de 70% des clubs ont des joueurs qui travaillent. On pourrait également se baser sur une autre donnée : le N2 dépend de la FFF, le N3 dépend des Ligues, d’un côté on prend des décisions nationales, de l’autre régionales. On voit qu’on baisse d’un échelon en terme d’organisation. Si le N3 reprend, pourquoi le R1 et le R2 ne reprendraient pas ? Ce sont également des clubs qui s’entrainent le soir et jouent le weekend. Dans notre poule de N2, il y a même 4 journées qui se jouent en semaine, en N3 non car ils ne peuvent pas se déplacer. Je ne veux pas dire qu’on devrait reprendre et les autres non, mais au niveau logistique ça pose problème pour le N3 » a conclu le directeur général Thomas Dersy. De quoi faire réfléchir.

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