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Samuel Gigot : « Le Spartak Moscou, c’est un peu l’OM de Russie »

21/01/2021 à 18:25

Actuellement à Dubaï en pleine préparation de la seconde phase du championnat russe, Samuel Gigot a accepté, en exclusivité pour Actufoot, d'évoquer son parcours, d'Arles-Avignon où il a commencé en pro au Spartak Moscou qu'il a rejoint en 2017. Le défenseur français de 27 ans, très épanoui dans la capitale moscovite, revient également sur les rumeurs qui l'ont envoyé à l'Olympique Lyonnais l'été dernier.

Récemment, votre club s’est amusé à diffuser une capture d’écran d’une brève discussion au cours de laquelle il semblait vouloir tenter une approche pour recruter Leo Messi. Qu’en avez-vous pensé ? Messi au Spartak, c’est possible ?

J’ai vu ça sur les réseaux sociaux et pas mal de personnes me l’ont envoyée. Ce qui est assez drôle, c’est qu’il a répondu avec un « non » assez sec. Pour tout vous dire, je ne pense pas que ce soit réalisable. Vraiment pas (rires). Après, s’il veut venir, ce serait un grand plaisir pour nous et pour le peuple russe.

Le championnat russe est en pause jusqu’au 26 février. Ou en êtes-vous de la préparation physique ? N’est-ce pas particulier de s’entraîner sous le climat estival de Dubaï, avant de retrouver le grand froid de Moscou?

On a débuté la préparation depuis une semaine et on est à Dubaï jusqu’au 9 février. On se prépare bien. En Russie, il fait super froid en ce moment. A -15 ou -20 degrés, c’est impossible de s’entraîner. Le changement de température va faire un petit choc thermique mais c’est à nous de nous adapter. A partir de mi-février, les températures retombent un peu et on a l’habitude de jouer dans ces conditions.

La dernière rencontre de l’année 2020 s’est soldée par une défaite au Zénit Saint-Pétersbourg, leader avec six points d’avance. Comment analysez-vous votre première partie de saison ?

C’est vrai qu’on a fait un dernier très mauvais match. On était très déçus du résultat et de la manière mais sur la rencontre, ils avaient été meilleurs que nous. C’est dommage parce qu’on a perdu contre deux adversaires directs avant la trêve. Cela va nous obliger à bien réattaquer la saison pour rester dans le groupe de tête. Sur le plan individuel, on peut toujours mieux faire et gommer les petites erreurs pour s’améliorer.

Le Spartak Moscou est le club qui a remporté le plus de championnats nationaux en Russie (10). L’objectif, c’est d’aller chercher le 11e sacre, le premier de votre carrière ?

Je pense que le Spartak Moscou se doit de jouer le titre chaque année. On est à six points du Zénit et ils ont un avantage au goal average particulier, puisqu’on a fait match nul chez nous et perdu chez eux. C’est comme si on avait sept points de retard. On va essayer d’engranger le plus de victoires possibles, match après match. C’est un objectif dans ma carrière de gagner des titres et je suis venu ici pour ça. On va tout faire pour y arriver.

Comment les grosses équipes (Spartak, Zénit, CSKA) sont-elles perçues au pays ? Et les rivalités ?

Le Spartak Moscou, c’est un peu l’Olympique de Marseille de Russie. C’est le club le plus populaire. A chaque déplacement, on a l’impression de jouer à domicile. Les fans sont partout ! C’est le club du peuple. Le gros derby, c’est contre le CSKA. C’est l’ennemi. Et le match face au Zénit, c’est une grosse affiche aussi, comme OM-PSG. C’est l’adversaire le plus puissant financièrement. Les deux clubs sont nos ennemis.

« C’est aussi quelqu’un qui donne tout pour son maillot mais il est beaucoup plus talentueux que moi »Samuel Gigot (à propos de son grand frère rugbyman)

Vous êtes présenté comme un joueur dur sur l’homme, qui gagne beaucoup de duels et fort dans le domaine aérien (3 buts en 17 matches). Cela plaît aux Russes ?

Je ne sais pas si je suis le joueur que vous décrivez parce que j’essaie juste de mouiller le maillot. C’est toujours compliqué de parler de soi en bien. Je suis quelqu’un qui tente de donner le maximum pour aider au mieux l’équipe. Tant mieux si ça plait, je veux rendre fier ce peuple de Moscou.

La France et le Foot Amateur…

Votre frère aîné, Tony, pratique avec Wakefield le rugby à XIII au haut niveau. Echangez-vous ensemble sur vos sports respectifs ? Y trouvez-vous des similitudes ?

On s’appelle très régulièrement. On vit des choses extraordinaires via nos sports mutuels et c’est vrai qu’on se téléphone après les matches, on se fait des petits comptes-rendus. C’est aussi quelqu’un qui donne tout pour son maillot mais il est beaucoup plus talentueux que moi. Je m’appuie beaucoup sur lui, sur ce qu’il fait. J’ai grandi à travers lui, j’ai toujours essayé de reproduire ce qu’il était capable de faire. C’est mon modèle. Il m’a montré l’exemple en gagnant un titre, à moi d’en faire de même.

Vous êtes né à Avignon et avez fait toute votre formation dans la région, de la MJC, en passant par le Pontet et Arles-Avignon où vous avez gagné le championnat de DH en 2013. Le football amateur du Vaucluse, ça vous parle encore ?

Bien sûr, je suis toujours un peu l’actualité. La MJC, Le Pontet et Arles-Avignon ont dégringolé et c’est dommage pour le football régional. J’espère que les clubs du coin pourront remonter à un bon niveau, surtout pour les jeunes parce qu’on sait il y a énormément de talents dans le secteur. Je sais que les divisions ont changé de nom mais j’ai des amis qui évoluent encore dans les niveaux PHA, DHR etc. J’essaie de suivre leurs résultats et d’aller les voir jouer quand j’ai l’occasion de rentrer en France.

L’ACA connait une issue sportive difficile en 2013, et le pays où vous franchissez finalement le plus de paliers, c’est la Belgique à Courtrai puis à la Gantoise ?

Après le dépôt de bilan d’Arles-Avignon, j’ai eu la chance de signer à Courtrai en Belgique. C’est là-bas que j’ai eu la chance de jouer en première division dans un championnat européen. J’ai pu franchir plusieurs étapes, j’ai de très bons souvenirs de là-bas.

En juillet dernier, votre nom a circulé du côté de l’Olympique Lyonnais. Qu’en était-il ? Il se disait que vous étiez une priorité du club ?

J’ai vu ça aussi. La famille et les amis m’ont demandé ce qu’il en était. Je suis encore sous contrat (jusqu’en 2022) avec le Spartak Moscou et je suis concentré à 100% avec le club. Ca fait partie du jeu qu’il y ait eu des rumeurs mais ce n’était rien de concret.

Découvrir la Ligue 1 représente-t-il  un jour un objectif de carrière ?

Honnêtement, je suis quelqu’un qui profite pleinement de ce qui m’arrive, de la chance d’être dans un super club où je suis très heureux. J’avance au jour le jour. C’est à moi d’être le plus performant possible et si j’obtiens dans ma carrière la possibilité de jouer en Ligue 1, ce sera avec grand plaisir.

Vous faites partie d’une vingtaine de défenseurs centraux français performants qui évoluent en Europe. Vous savez-vous surveillé par le staff de l’équipe de France ? Avez-vous déjà reçu des pré-convocations ?

Non, je n’ai jamais reçu de convocation et je pense qu’il faut être réaliste. Je ne joue pas dans un championnat du top 5 européen donc c’est difficile de pouvoir prétendre à l’équipe de France. Surtout quand on voit la qualité des défenseurs centraux qui jouent tous dans les meilleurs clubs. Je pense que j’en suis loin, il faut être honnête.

Propos recueillis par Thomas Gucciardi