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Sébastien Roques : « A Cannes, des erreurs et de beaux exploits »

16/06/2017 à 12:33

Après une année compliquée sur le banc des U19 Nationaux de l'AS Cannes, Sébastien Roques a décidé de plier bagage et de rejoindre le championnat thaïlandais. Un pays qu'il connaît déjà bien puisqu'il y a déjà entraîné pendant deux années. Il explique pourquoi il a décidé de retourner en Asie et dresse un bilan de sa saison, soldée par une descente.

Quel bilan tirez-vous de la saison ?

Forcément, à la vue du classement final, la déception est de mise. Maintenant, il est important d’observer cela en établissant un parallèle avec la situation en début de saison. Il y a eu la fermeture du centre, le départ de la quasi totalité des joueurs et surtout moins de huit jours pour bâtir à nouveau une équipe avec des joueurs locaux. Et de ce point de vue, l’analyse est différente, car nous avons réussi à entretenir l’espoir jusqu’à la dernière journée.

Quels sont les points positifs et les points négatifs ?

L’enthousiasme, le sérieux et la vie de groupe resteront pour moi les points positifs. Cette équipe avait été enterrée, brocardée par tout le monde avant le début de la saison. Les gamins ont su répondre avec leur cœur et leurs qualités tout en pratiquant un football attrayant. Le point noir de cette saison fut l’absence d’échange entre la direction sportive et l’équipe d’encadrement des U19, si ce n’est une relation conflictuelle. Un soutien moral, notamment à l’extérieur aurait été le bienvenu, en complément d’une véritable ligne directrice sportive, comme un projet de jeu notamment. Ce ne fut pas le cas malheureusement, et les intérêts individuels ont primé sur les intérêts collectifs. A qui la faute ? Peu importe, la responsabilité est certainement commune mais j’espère que cela servira à l’avenir à l’AS Cannes pour l’intérêt général et pour retrouver les sommets que ce grand club mérite.

La descente était-elle évitable ?

A posteriori, il est toujours facile de dire que l’on aurait pu faire mieux ou moins bien. Nous avons certainement commis des erreurs. Mais on a quand même réussi de beaux exploits tout au long de la saison dans des conditions compliquées. Les regrets sont surtout d’avoir mal négocié nos matches face à nos adversaires directs, car, face aux grosses cylindrées, nous nous sommes bien comportés.

« Le challenge est excitant en Thaïlande »

Vous quittez le club. Est-ce un choix personnel ou une décision du club ?

Une proposition m’a été faite par le président Johan Micoud, qu’à titre personnel, je remercie, tout comme Bernard Lambourde. Mais que ça soit sur le poste en lui même, ou sur le fait de continuer à collaborer avec certains, ma décision était déjà prise en amont.

Qu’allez-vous faire maintenant ?

Je rejoins l’Asie et le championnat thaïlandais dans lequel j’avais déjà eu une expérience à l’issue de mon parcours au Cameroun. Je viens de m’engager pour un an et demi, en dépit de propositions en Afrique et dans d’autres pays asiatiques. Le projet du club est intéressant et le cadre de vie idéal pour que ma famille puisse me suivre.

Pourquoi ce choix ?

Comme je l’ai dit plus tôt, lorsque le mariage entre le projet sportif et le projet de vie vont ensemble, c’est un atout pour la prise de décisions. Par ailleurs, la montée en puissance du football asiatique ne peut pas laisser insensible et c’est un réel honneur de pouvoir signer dans un continent très convoité à l’heure actuelle. Maintenant, le plus dur commence pour moi. Mais le challenge est excitant.

Quel est votre club et votre rôle au sein de celui-ci ?

Il s’agit du Hua Hin City F.C. Je suis l’entraîneur principal. Le président et son conseiller me laissent par ailleurs toutes latitudes en termes de recrutement et de politique sportive. A moi, dorénavant, de ne pas les décevoir.

Que va vous apporter votre formation à la française dans cette nouvelle expérience ?

La formation à la française n’est pas forcément un atout au départ. Il y a un tel décalage au niveau culturel et sportif entre les deux pays que l’application stricte des préceptes inculqués en France serait néfaste au fonctionnement de l’équipe. Il faut y aller étape par étape.

Pensez-vous entraîner à nouveau en France un jour ?

Revenir en France, je ne sais pas. C’est un pays qui fonctionne uniquement par amitié ou par lobby. Le système de diplôme est archaïque et fait la part belle aux anciens professionnels. Il est donc difficile de savoir. A l’heure actuelle, je tiens à me focaliser sur mon objectif ici.