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Secioun Tolosa : « Un niçois peut quitter Nice, mais Nice ne te quittera jamais »

04/10/2018 à 18:38

A l’occasion du déplacement de l’OGC Nice à Toulouse, ce vendredi soir, nous sommes allés à la rencontre de deux supporters niçois expatriés dans la ville rose. Cofondateurs de la Secioun Tolosa, Alexis et Sébastien nous racontent comment l’on vit sa passion pour le Gym à des centaines de kilomètres de la Countea, au gré des souvenirs et des déplacements.

Dites-nous, l’OGC Nice et vous, comment ça a commencé ?

Alexis : L’OGC Nice, ça a commencé à Cannes en 99 pour un match chaud bouillant ! J’avais 15 ans, j’ai découvert la BSN. Depuis je n’ai plus lâché le Gym.

Sébastien : Pour moi, ça a commencé avec mon grand-père. Un homme bien et un grand fan du Gym des années 50. Mes grands-parents habitaient Nice Nord, à deux pas du Ray. J’ai commencé à m’y intéresser au moment de la coupe de France en 97 et j’ai commencé à « monter au stade » régulièrement l’année de la montée en 2002, avec le fameux Nice – Wasquehal sous la pluie côté BSN. Je n’ai plus loupé un match jusqu’à celui de la montée, contre Istres. L’ambiance en Pop’, les délires du « père de Cherrad », l’avion de Meslin, Pablito et la rocambolesque histoire de l’été avec la DNCG pour valider la montée : tant de souvenirs. Sans m’en apercevoir, j’étais tombé amoureux.

Comment vivez-vous le changement de dimension du Gym, notamment sous l’ère Rivère ? Nouveau stade, nouveau centre d’entraînement, la coupe Europe, des joueurs de renom… ça vous inspire quoi ?

A : Le nouveau Gym pour moi c’est entre anges et démons. Jean-Pierre Rivère a clairement stabilisé le club et apporté de nouveaux moyens qui font qu’on ne démarre plus la saison avec le stress de la descente. Le revers c’est qu’avec ces nouveaux moyens et ce nouveau stade, on voit de plus en plus un côté foot business qu’on ne voyait pas avant. Mais la situation actuelle me satisfait pleinement. Du beau jeu, des maintiens assurés facilement, quelques joueurs qui font rêver, une identité à peu près intacte, l’envie de garder la formation de joueurs locaux avec un superbe centre d’entraînement… et les récents déplacements en Europe dans des villes perdues, c’était particulièrement drôle

S : Personnellement, je le vis bien. J’avais tous mes souvenirs au Ray, on n’a pas la même ambiance à l’Allianz, le stade n’est pas en ville mais c’est clair que c’est un bel outil pour attirer du monde, donc plutôt content du travail de tous. Avoir fait de Nice une équipe plutôt crainte, qui joue le haut de tableau avec quelques beaux noms… et la coupe d’Europe, ça fait des déplacements tellement mythiques qu’on en redemande !

Mais au fait, pourquoi Toulouse ?

S : Toulouse j’y suis venu pour les études. J’y ai maintenant mon boulot, mes enfants, mes amis, mes amours, mes emmerdes. J’ai choisi Toulouse parce que c’était la ville la plus au Nord où je pouvais aller psychologiquement parlant. Sinon c’était Paris, Bordeaux ou Brest !

A : Toulouse j’y ai terminé mes études et finalement fait ma vie ici. Et puis avec Seb on voulait se marier mais à l’époque c’était pas possible (rires)

S : Maintenant ça l’est… (rires)

Pouvez-vous nous en dire plus sur la Secioun Tolosa, que vous avez cofondée ?

S : J’ai rencontré Alexis par le forum de l’OGC Nice, et par la même occasion les autres membres, en sommeil maintenant ou tout simplement partis. On s’est donné rendez-vous dans un pub pour un PSG-Nice. Je crois qu’on va gagner chez eux sur un but d’Ederson à la fin. La victoire et l’alcool aidant, la Tolosa était née sur de belles bases. Maintenant, on est en contact avancé avec les membres de la Secioun Parigi, avec lesquels on est devenu proche.

A : Ça a commencé par simplement regarder les matchs ensemble. Puis quelques supporters nous ont rejoints, on a donc créé une Secioun et commandé une bâche. Puis un par un, les autres membres sont partis. Il ne reste plus que nous deux maintenant.

Comment se vit votre passion pour l’OGC Nice au quotidien ? Cela ressemble à quoi de supporter Nice à des centaines de kilomètres de la maison ?

A : Au quotidien, c’est principalement le forum du Gym et les matchs sur Bein et Canal.

S : Les matchs à la télé avec Alex ou avec mon fils Hugo – forcément – né à Toulouse mais un peu influencé par son papa. Ou encore avec ma compagne qui me supporte quand je supporte Nice. Elle n’a pas vraiment le choix (rires). C’est aussi des déplacements, quand on peut les faire, maintenant qu’on est des gens respectables, ou se faire une petite pissaladière, un pan bagnat pour se rappeler les odeurs et les goûts de la maison. On dit que « un niçois peut quitter Nice, mais Nice ne te quittera jamais » : j’y pense quotidiennement, c’est clair.

Est-ce que vous avez l’occasion de revenir à l’Allianz quelques fois dans la saison ?

S : L’Allianz, j’y suis allé pour le match d’inauguration et j’y vais quand je rentre, voir une partie de ma famille quand je peux. Sympa pour amener les enfants, mais on n’y retrouve pas l’ambiance de l’époque au Ray. Ça fait un peu vieux con de dire ça…

A : Je n’aime pas trop le nouveau stade. L’ambiance n’est plus chaude comme au Ray. La BSN fait le taff, mais malheureusement ça ne met plus autant la pression sur les équipes adverses. Le club a quand même rectifié le tir avec un recentrage sur la culture niçoise et les enfants. Le plaisir de supporter, on le retrouve vraiment en déplacement maintenant.

Pour vous, un Toulouse – Nice, c’est à la maison devant la télé, en parcage avec les supporters niçois ou en tribunes parmi les toulousains ?

A : Toulouse – Nice c’est 90% du temps en parcage, sauf quand on est interdit de stade.

S : Définitivement en parcage. Pour retrouver quelques collègues qui viennent en déplacement et emmener quelques locaux découvrir un peu l’ambiance. Et on aime tellement se faire escorter dans sa propre ville, depuis la place Saint Pierre jusqu’au stade.

Vous avez combien de dép’ à votre actif ? Un meilleur souvenir, un souvenir improbable ?

S : Quand on aime on ne compte pas ! D’autant plus que venir voir un match au stade à Nice, ça compte pour un dép’ pour nous. Globalement, on fait ceux autour de Toulouse, ainsi que des destinations plus exotiques : Marseille, Guingamp, Strasbourg. La Der du Ray en termes d’émotions était un excellent dep. Le 3-4 à Toulouse avec le but de Kevin Anin est un très bon souvenir. Il y a aussi le déplacement à Guingamp avec la Parigi. On est parti de Paris, on était plein, on a vaincu. Je vous conseille fortement la boite de nuit La Plantation qui passe de l’excellente musique, enfin je crois (rires). J’avoue que j’ai eu un faible pour les récents déplacements européens, mais seuls les présents savent.

A : Mes meilleurs souvenirs de déplacement, c’est Marseille Nice, en 2007. Trente-deux ans qu’on n’avait pas gagné là-bas, dans une ambiance de dingue. Puis le 4-3 à Toulouse avec le but de Kevin Anin. Le dép’ à Guingamp avec la Parigi était génial aussi, l’année où on finit troisième ou quatrième, je ne sais plus. Et j’allais en oublier un mythique : celui à Montpellier, où on se moque de la SIR (Section d’Intervention Rapide, ndlr) pendant une heure, en chantant Jacky Chan allez allez. Et forcément, les déps en scooter à Monaco. Au total, ça fait une quarantaine de déplacements. Sans compter la Der du Ray, qui est un match à la maison mais un déplacement pour nous.

On sait que Toulouse est plutôt une ville de rugby que de foot. Comment cela se passe avec vos amis locaux, vos collègues de boulot ? Ils comprennent un peu ces histoires de dép’ ?

S : Pour les amis, ils sont au courant de notre déviance et participent éventuellement à quelques apéros ou quelques déps. D’ailleurs on sera quelques-uns vendredi à Toulouse, dont un marseillais et quelques toulousains. Pour les collègues de boulot, ils savent que je suis de là-bas, mais sans plus. Ils viennent juste me chambrer les lendemains de défaite. Mais bon, comme on dit chez nous, zéro argument, on les ignore. Ils ne peuvent pas comprendre que peu importe le résultat ou la manière, on sera toujours là !

A : Les toulousains ne comprennent pas la culture foot avec les rivalités, les codes et la mentalité ultra. Les amis ou collègues de boulot pensent qu’on passe nos déplacements à se battre ou à se faire gazer par la police. Quand on les invite à se joindre à nous, ils prennent peur tout de suite. Certains se sont joints à nous et depuis, ils nous suivent au moins à Toulouse voire plus loin, car au final l’ambiance des déplacements est plus qu’excellente.

Pour finir, un petit prono pour demain ?

A : 2-2 !

S : Un petit 1-2, avec un but de Srarfi.

Merci à Sébastien et Alexis d’avoir pris le temps de partager leur passion avec nous.

Issa Nissa !

J-P. A.