Coupe de France SeniorsTour 7

De toute façon, on fera la fête…

10/11/2017 à 11:00

A quelques jours du 7e tour de Coupe de France, Sébastien Labayen, le co-entraîneur de l'AS Tefana, qui va recevoir Rodez (National), samedi, à 15 heures (heure de Tahiti, 2 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche, en Métropole), a présenté un football méconnu loin de la Polynésie Française.

Pouvez-vous nous présenter votre club et son parcours ?

L’AS Tefana est un club de Tahiti, de la ville de Faa’a, où il y a l’aéroport international. Notre politique est de former de jeunes joueurs. On a une école de foot performante. On a un partenariat depuis cinq ans avec Saint-Etienne. On y a envoie des équipes de jeunes chaque année. On a des liens avec la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis. On a envoyé deux jeunes filles en Pôle espoirs en métropole, une en Alsace, et une à Tours. On a trois garçons également, deux à Trélissac, et un à Saint-Etienne. Notre équipe de seniors est composée de jeunes du club. Quant au parcours, on est au 7e tour de Coupe de France si on gagne la Coupe de Tahiti Nui, qui se joue avec Moorea. Le champion de Tahiti, lui, participe à la Ligue des Champions de l’Océanie. Nous, on y a fait deux demi-finales, contre Auckland, qui a gagné deux fois et qui a un niveau de National – Ligue 2, mais qui va chercher des joueurs de partout grâce à la participation à la Coupe du monde des clubs.

Quel est l’intérêt de cette épreuve pour vous ?

Le niveau correspond à celui que l’on rencontre en Coupe de France. Ca nous permet d’affronter d’autre foots, des Samoa, des Fidji, de Salomon, ou du Vanuatu, qui ont des critères de foot anglo-saxon. C’est à dire en 3-5-2, avec beaucoup d’engagement. C’est intéressant.

Et la Coupe de France ?

L’objectif est de passer les trois tours de la Coupe Tahiti Nui pour se confronter au foot professionnelle, comme on en a la chance sur ce 7e tour. La dernière fois qu’on l’a disputée, c’était il y a 3 ans. On était tombé contre Noisy le Sec, en prolongations (2 – 1, a.p). Vu notre niveau de foot, ça doit être une fois sur 10 qu’un club polynésien gagne contre un club métropolitain. On est le seul club à avoir gagné en Métropole, contre Colmar en 2008.

C’était fort ?

C’était une grosse performance. J’étais joueur, puisque je suis arrivé en 2001. J’avais 28 ans. J’ai joué jusqu’à 40 ans. J’ai repris, seul, l’équipe il y a quatre ans. Depuis cette année, on est en binôme avec Pascal Vahirua.

La Ligue des Champions de l’Océanie semble avoir plus de place pour vous…

C’est un rendez-vous important. Ce qui intéresse, ici c’est de découvrir d’autres types de football. Dans chaque territoire, il y a des particularités. Nous, on veut se confronter à ce qui se fait de mieux. En terme d’intensité, dans les duels, qui sont des domaines où on pèche dans le football tahitien, c’est intéressant de voir ailleurs. On n’est pas aguerri en terme d’engagement et duels. La Ligue des champions nous aide, c’est intéressant. Il y a de l’intensité pour améliorer notre performance. Ici, à Tahiti, chaque fois qu’il y a duel, la rencontre est hachée, parce qu’il y a faute. Et puis, l’Océanie est plus proche de nous, il y a des pays avoisinants. Ce sont des poules de quatre. Les premiers de chaque poule sortent pour demies et finales. Ca procure plus de matches de haut niveau. En Coupe de France, tout se joue sur un match, il faut être performant, et si on passe, il y a un long voyage derrière. C’est intéressant, c’est l’aventure mais ça n’a pas le même parfum. Même s’il reste la magie de la Coupe de France.

« On a un football très offensif »

Quel est le style de l’AS Tefana ?

Nous, tout est basé sur le jeu. On essaye d’avoir la possession du ballon. On a des joueurs techniquement très intéressants. Ils sont capables de faire beaucoup de choses. On a un foot très offensif, puisqu’en moyenne, chaque année, on a plus de 5 buts marqués par match et on en encaisse plus de deux. Ca reflète la mentalité, c’est un foot qui se joue vers l’avant. On n’a pas de culture tactique défensive. C’est surtout le plaisir, le socle collectif qui est travaillé. On pèche défensivement. Ainsi, lorsqu’on subit, on n’est pas performant dans ce domaine.

Donc Rodez, ça s’annonce du lourd…

Oui, c’est un gros morceau. Il y aura des conditions particulières. On va jouer à 15 heures, car on a un problème technique par rapport à l’éclairage et un terrain qui n’est pas d’une qualité exceptionnelle. Les Adversaires vont avoir un temps d’adaptation qui peut être profitable. Dans un match de coupe, tout peut se passer. Si on met la folie et l’envie nécessaire, tout peut se passer.

Les avez-vous vu jouer ?

On a vu des vidéos. Les matches de National sont filmés. On a observé leurs points forts. Ils ont une attaque rapide très performante. A nous d’être vigilant et d’être performants dans la transition, surtout dès qu’ils récupèrent le ballon. C’est ce qu’on a travaillé cette semaine, cette culture tac. Même si notre philosophie générale est d’essayer de ne pas jouer en fonction de l’adversaire, mais plutôt d’essayer d’imposer notre projet de jeu, c’est l’intérêt.

A la fin du match, ce sera comment ?

Quoiqu’il arrive, il y aura la fête. C’est l’esprit du foot ici, on relativise beaucoup de choses. Le sport en général, et le foot, c’est un plaisir.

La sélection de Tahiti a participé, en 2013, à la Coupe des Confédérations, au Brésil. Qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Par rapport aux joueurs qui ont participé, ça permet de voir des choses intéressantes, mais il faut entretenir ça avec des matches de haut niveau chaque année. Le championnat est intéressant, mais il ne permet pas d’atteindre le haut niveau. C’est pour ça que j’ai commencé avec la philosophie du club, qui est d’avoir des jeunes. Plusieurs joueurs sont partis à la Coupe des Confédérations, donc on a progressé. Entre la sélection, les qualifications à la Coupe du Monde et la Ligue des Champions, ce sont 40 matches disputés par les joueurs. Or, plus on s’ouvre vers l’extérieur, mieux c’est.

Crédit photo : "site National actufoot"