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Le Carnoux FC monte en N3 !

20/05/2019 à 16:31

Il y a 7 ans, Bruno Lacoste arrivait à la tête du Carnoux FC, l'équipe était en D3. Depuis, le chemin parcouru est immense. Hier, lors de la dernière journée de R1, le CFC a même obtenu sa montée en N3 en faisant nul (0-0) face à la réserve de Toulon et en se plaçant 3e au classement. Une place qualificative pour le niveau du dessus depuis que le Marignane Gignac FC a été relégué en N2, ce qui a empêché la réserve de monter en N3. Le coach s'exprime dans une interview exclusive.

Bruno, pouvez-vous revenir sur ce match nul (0-0) face à la réserve de Toulon ? Les joueurs devaient avoir beaucoup de pression sur les épaules ?

Oui, c’était un match tendu où on voyait, ne serait-ce que dans la causerie d’avant-match, les visages fermés. On ne savait pas trop vers quoi se diriger : attaquer ou rester en place ? On avait donné une mise en place logique qui était de ne pas trop se découvrir et de jouer les coups quand on pouvait les jouer. Ça a donné un match bizarre car au final personne n’a pris de risque. A la fin, ça l’a fait par rapport à ce résultat.

A la fin du match, ça a dû être la libération et la joie…

Les joueurs ont pris conscience qu’on avait fait quelque chose d’extraordinaire. C’était quelque chose qui n’était pas programmé, c’était seulement notre 2e année en R1 et la saison dernière on s’était maintenus lors de la dernière journée. On faisait de bonnes prestations l’année dernière mais il nous manquait l’expérience. On a appris et a répété les prestations de la saison passée en améliorant nos défauts. On a bien démarré dans cette 1ère partie de championnat. Après les vacances de Noël, on était un peu dans le dur car on a perdu des joueurs importants à cause de graves blessures. On s’est mis à douter mais comme c’est un groupe très réceptif et fort mentalement, on a réussi à les remettre sur le droit chemin. On était dans une position d’outsider mais on avait le petit avantage de recevoir toutes les équipes qui étaient classées devant nous. Il suffisait de faire un résultat face à un adversaire direct pour les rattraper. En effet, c’est dans les matchs comme ceux face à l’UGA ou Cagnes le Cros, qu’on s’est remis dans le bon sens. Si on avait fait un faux-pas contre ces adversaires directs alors ils auraient pris de l’avance et on n’aurait pas pu les rattraper. Je savais que ça pouvait le faire sur la dernière ligne droite et ça l’a fait.

Personnellement, comment vivez-vous cette montée vous qui avez pris l’équipe en niveau District il y a quelques années ?

J’ai repris l’équipe en D3.  C’est toujours pareil… tout ça, on n’aurait pas pu le faire sans Baldacchino et Ahmed Farissi. Ils sont venus avec moi dans le projet que Lesserteur avait présenté. C’est aussi grâce à Fabrice Coulomb. Quand je suis venu, je savais que la ville avait connu des soirées fabuleuses en football et je voulais la ramener à un bon niveau. L’histoire qu’on est en train d’écrire, je la dois beaucoup à ces personnes. Sans eux, je n’y serai pas aller et ce qu’ils réalisent dans l’ombre est extraordinaire. Travailler avec des personnes en qui on a une confiance aveugle, c’est là la réussite de notre parcours : on sait avec qui on travaille, on sait se dire les choses. Cette montée, c’est le travail d’un staff. On le vit d’une manière extraordinaire mais aussi on retombe vite sur terre. On sait d’où l’on vient. Il faut prendre conscience que maintenant on l’a fait et vite passer à autre chose.

Vous savez d’où vous venez ? Ça veut dire que ça va être compliqué la saison prochaine ?

Chaque année, il faut toujours constituer l’équipe avec des petits moyens. Il ne faudra pas s’endormir sur nos lauriers. La saison prochaine, on ne sera pas le petit mais le très petit. Il va falloir trouver des solutions, dans le recrutement par exemple, car on ne pourra pas faire comme les autres clubs. Tout ça va prendre du temps, il va falloir faire attention car on n’a pas le même budget que ces équipes qui sont à ce niveau depuis plusieurs années. L’objectif prioritaire sera de se maintenir. Ce ne sera pas une mission facile. Plus on monte de niveau et plus les exploits sont compliqués. Mais j’y crois ! Si je n’y croyais pas, je ne serai pas reparti pour une saison de plus. On verra les nouveaux joueurs qui arriveront mais il faudra qu’ils soient dans le même état d’esprit que les joueurs qui constituent notre équipe.

Depuis plusieurs années, vous débutez le championnat en étant le petit. Pourtant, vous réussissez à chaque fois. C’est quoi le secret ?

Notre truc, c’est de relancer les joueurs, de redonner envie à ceux qui étaient un peu dégoutés du ballon. On essaye de faire en sorte que nos joueurs aient une progression même s’ils ont un âge avancé. Ils ont joué avec moi en District et aujourd’hui ils se retrouvent en Ligue ou au niveau National. C’est un peu notre marque de fabrique ! On est monté, ça montre qu’on peut et qu’on sait le faire. Notre secret, c’est d’être fort sur le mental, de travailler plus car on a moins de qualités que les autres et de montrer un état d’esprit plus fort que celui de nos adversaires.

Quel est votre bilan ?

On a fait 6 montées, on ne s’est pas reposé. Il n’y a pas une année où on a été dans le ventre mou. On a toujours été dans la compétition à fond, soit en jouant des montées, soit en visant le maintien comme l’année passée. Ça fait 7 années qu’on a joue quelque chose sans relâche. C’est ce qui nous tient aussi en tant qu’entraîneur ! Il faut avoir un objectif. Entraîner pour entraîner ne m’intéresse pas. On fait progresser les jeunes, on accorde de l’importance à ça, je vois leur progression et ça me plaît. Je veux voir si cette équipe est capable de repousser ses limites encore une fois. C’est intéressant.

Crédit photo : Lionel. H