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Christian Agostini « L’AS Gémenos, c’est l’école de la deuxième chance »

09/07/2018 à 19:33

Christian Agostini, élu meilleur président de Provence aux Actufoot Awards 2018, se confie sur le projet de l'AS Gémenos. Le bilan de la saison dernière, la politique du club, le recrutement, le départ de Sofiane Sidi Ali, son directeur sportif Titou Hasni ou encore les objectifs du club, le chef d'orchestre de l'ASG nous livre les secrets du petit club qui monte.

Christian, pouvez-vous nous faire un petit bilan de cette dernière saison ?

Après notre accession, on a maintenu notre équipe en N3. La réserve, elle, est montée en Ligue : en R2. C’était le projet que l’on s’était fixé en début de saison. En ce qui concerne les Jeunes, la saison a presque été parfaite à mes yeux. La U19 est en DH alors que l’on était en District il y a 3 ans. L’équipe 2 en U19 a atteint le sommet du district et est montée en Excellence. La U17 DHR, elle, s’est maintenue. La U15 est montée en DH et l’équipe réserve a manqué de très peu la montée en Excellence. On aurait presque pu faire le grand chelem ! En U13, on a travaillé et on a bien grandi .

Qu’est-ce qui fait la différence à Gémenos ?

Gémenos est un petit village et on n’a pas les moyens de faire comme les grosses cylindrées. De toute façon, l’argent est un outil qui a ses limites. Chez nous, on fait de la pré-formation et de la formation pour avoir plus tard nos propres « produits ». Le champagne, c’est bien beau, ça pétille… Par contre, la source d’eau est inaltérable. On a un directeur sportif (Titou Hasni) et une équipe qui font du bon boulot, ce qui me réconforte dans mon jugement. Notre projet, comme je viens de vous le dire, c’est la formation ! C’est ce qui nous permet de pérenniser le club. L’argent, il en faut, c’est vrai, mais ce n’est pas tout ! Pour les petits clubs amateurs, les difficultés seront de plus en plus grandes et on peinera de plus en plus à grossir nos budgets. Pour compenser cela, on va travailler encore plus !

Comment se passe l’intersaison à l’AS Gemenos ?

Des mouvements ? Nous n’en avons pas trop ! Certains clubs dépensent des sommes démentielles pour le mercato… Je ne citerai personne mais quand je vois les problèmes des autres, je me dis qu’il faut rester sage, bosser et former nos propres joueurs.

Quelle est votre politique de recrutement ?

On veut d’ici 3 ans avoir 70 % de produits made in Gémenos. Des garçons nous quitteront car ils auront d’autres ambitions, c’est la loi du sport, mais il y en a certains que l’on gardera et ceux-là nous permettront de nous pérenniser et d’avoir plus tard un peu plus d’ambitions. Vous savez, nous avons pratiquement le plus petit budget de notre niveau et nous sommes surement la commune la plus petite, c’est donc difficile, même si la municipalité joue le jeu et nous aide. Mais il n’y a pas que le foot à Gémenos et ça je le comprends parfaitement…

L’AS Gémenos, c’est un peu le club qui relance les joueurs. C’est d’ailleurs un peu ce qui s’est passé avec Sofiane Sidi Ali qui est parti en D1 Grecque ?

C’est exactement ça ! A Gémenos, on fonctionne sur deux axes.

– Comme expliqué précédemment, on veut avoir des « produits » des chez nous qui ont travaillé à l’ASG depuis très jeunes.

– Et aussi, c’est d’accueillir des jeunes qui n’ont pas fait le bon choix un jour ou qui n’ont pas eu le facteur chance avec eux. On est prêt à accueillir ces garçons qui en valent la peine et qui ont vraiment envie sur 2 ans afin de les relancer. Ici, il n’y a pas de grosses rémunérations mais comme Sofiane qui avait arrêté le foot, ça peut payer pour le futur ! Chez nous, il a pu acquérir ce qui lui manquait vraiment et aujourd’hui il vole de ses propres ailes. On est donc prêt à les accueillir, à les remettre en selle, à leur donner un nouvel élan et ils pourront, peut être, par la suite, faire ce qu’a fait Sofiane. C’est un échange où les deux parties seraient gagnantes. On les fera travailler pour qu’ils prennent cette petite passerelle qu’ils ont un peu loupé. Ce serait notre bonheur de les voir signer pour des grands clubs plus tard et c’est dans notre intérêt pour limiter nos dépenses.

Qu’avez-vous pensé de Sofiane Sidi Ali ? Est-ce grâce à vous s’il a signé pour le Panionios Athènes ?

Sofiane, c’était un garçon qui était à Istres avant que le club ait ses problèmes. C’était un des meilleurs éléments du centre. Il aurait pu faire carrière dans le foot… Et c’est un joueur qui l’a très mal vécu quand il a vu que ça ne tournait pas en sa faveur. Il avait un potentiel qu’on a pu faire grandir, faire éclore. On n’est pas des faiseurs de miracles ! Il avait la matière. C’est le cas pour beaucoup de jeunes… A 14/15 ans, on les annonçait comme des futurs pros mais certains, aujourd’hui, sont là, délaissés, un peu fragiles. Nous, on sera leur école de la 2e chance. On leur tend une main ! Le gars qui a vraiment envie peut faire des choses bien chez nous. On n’a pas les moyens mais on a les idées et de la compétence.

Quand vous parlez de compétence, on pense tout de suite à Titou Hasni. Après tant de réussite, comment se fait-il qu’il ne soit pas parti pour un « grand » club ?

On se retrouve toujours… On a un peu un pacte, un accord inconscient pour avancer ensemble. Titou, ce n’est pas un carriériste, ce qui l’intéresse c’est le projet. Il a commencé chez nous, il avait les petits. On a appris à se connaître et à travailler main dans la main. Aujourd’hui, il est reparti sur un projet de 3 ans pour finir ce qu’on a commencé ensemble.

Quelles sont les ambitions du club pour cette nouvelle saison ?

On ne manque pas d’ambition. La saison dernière, le 1er de notre groupe (Endoume), on ne pensait jamais qu’il finirait premier. Comme je le dis souvent, le projet c’est les joueurs ! Ce sont eux qui sont sur le terrain. Ce sont les joueurs qui doivent être ambitieux. Et nous, on doit suivre ! Je crois en la vérité du terrain et au sérieux. La saison avancera et peut-être que les ambitions avanceront avec. Bastia, Cannes, ce sont de gros clubs et pourtant ce ne sont pas eux qui sont montés… Ce sont des écuries qui ne devraient pas être en N3 avec nous. Ce sont eux qui ne sont pas à leur place, pas nous ! Nous, on est ambitieux et raisonnable. On sait ce qu’on peut faire.