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Christophe Celdran « Je ne laisserai pas le FC Côte Bleue mourir »

02/03/2021 à 18:34

Christophe Celdran est devenu co-président du FC Côte-Bleue et du Marignane Gignac FC. Il s'est exprimé sur la Voix du Foot sur sa nouvelle mission et le rapprochement entre les deux clubs.

D’où est venue cette idée de projet de rapprochement entre ces deux clubs, ces deux entités ?

Disons que je connais Marc Vincendone qui était l’un des deux co-présidents de Marignane-Gignac. Ça fait à peu près 25 ans que je le connais professionnellement. Forcément, quand j’ai pris la présidence du FC Côte-Bleue, il y a maintenant 4 ans et demi, on s’est un peu plus rapproché. Tout de suite le courant est passé entre nous, peut-être parce que nous sommes tous les deux chefs d’entreprise car on avait les mêmes problématiques, on s’apercevait que l’on vivait beaucoup de choses similaires, chacun de notre côté. Mais on avait surtout les mêmes solutions pour essayer de sortir un petit peu de cette crise financière et sanitaire.

Vous cherchiez un rapprochement avec d’autres clubs depuis déjà quelques temps ?

Pour essayer de trouver des solutions, j’avais déjà essayé à maintes reprises de mutualiser avec des clubs voisins, notamment l’AS Martigues Sud. Ça ne s’est pas fait pour X ou Y raisons, surtout politiques, de la part de la mairie de Martigues. Après ça, on s’est rapprochés avec Marc, on a avait des projets communs et on s’est aperçu très vite que l’union fait la force. Entre deux clubs voisins qui ont la même politique, la même ambition, la même détermination, il valait mieux travailler ensemble main dans la main, quitte à faire un seul et unique club plutôt que de se diviser et aller faire n’importe quoi chacun de son côté. C’est de là d’où vient l’idée de partager les présidences de Marignane et de Côte Bleue. On a vraiment cette envie de ne pas faire en sorte qu’un club avance plus que l’autre mais avancer ensemble, mettre les moyens en commun qui vont permettre de mutualiser encore une fois et d’arriver à ce que l’on voudrait faire. Mais tout dépendra du projet que nous sommes en train d’écrire aujourd’hui.

Cela veut dire que la co-présidence s’est faite avant qu’il y ait un projet écrit ?

Oui, elle s’est faite naturellement. Le projet est en train d’être écrit aujourd’hui, on sait où est-ce qu’on veut aller, c’est clair net et précis. Après c’est avec quel moyen, quelle personne et définir l’objectif principal.

Où voulez-vous aller finalement ?

C’est très clair, aujourd’hui la priorité c’est de se maintenir en National 2. Pour Marignane. C’est la priorité absolue. Ensuite, après avoir stabilisé le club en National 2, trouver notre place à l’échelon National. Je pense que la place du plus gros clubs des Bouches-du-Rhône de Provence avec 850 licenciés, c’est quand même le National. C’est quand même hallucinant que sur un département, comme la Provence, on ait l’OM et les autres. Entre la Ligue 1 et l’équipe la plus haute qui est en National 2. On a personne en Ligue 2 et en National. Est-ce que c’est normal ?

Est-ce que vous voulez prendre la place de Martigues et Istres à l’époque, qui étaient au niveau professionnel ? Historiquement ils ont toujours eu ces clubs pro qui n’y sont plus depuis maintenant quelques années…

Tout dépendra encore une fois du projet du club. Est-ce qu’on aura les moyens d’aller financer et d’aller chercher la Ligue 2 ? Pour ma part, je pense qu’à court terme, ce n’est pas faisable. Faisons d’abord les choses les unes après les autres. Stabilisons nous en National 2, essayons d’aller chercher le National 1 car Marignane était quand même en N1 il y a deux ans de cela. Ça devrait être notre division de référence. Après, construisons, le club a des fondations solides, notamment au niveau des jeunes. Certaines catégories de jeunes sont au plus haut, on va essayer de travailler sur ce projet.

Quelle est l’ambition des deux clubs ?

Par rapport à l’ambition de Marignane et Côte Bleue, il y a nous et les autres. Ça reste une question de comment on fait pour y aller, avec quels moyens on y va, avec qui, on a tout à construire, on n’est pas devant une page blanche parce que les fondations sont déjà posées. Si on arrive à mettre les bonnes personnes aux bonnes places et que tout le monde tire dans le même sens, le projet pourra être écrit et on partagera ce projet aux licenciés des deux clubs, à nos politiques, les maires de nos communes, mais pour l’instant le projet sportif concerne les équipes séniors.

« On n’a pas atteint la limite »Christophe Celdran, co-président du MGFC et du FCCB

Vous parlez beaucoup de Marignane, est-ce que vous n’avez finalement pas atteint la limite avec Côte Bleue, sur le fait que ça devient très compliqué de continuer à grandir et de continuer ?

On n’a pas atteint la limite. Je vais vous donner un exemple. Il y a deux ans, si ce n’était pas Bastia qui finit premier, on finit deuxième. Si ce n’est pas Bastia qui a ce niveau-là, on sait pourquoi, mais qui n’était pas à sa place avec 2 M€ de budget, alors c’est nous qui montons en National 2.

Mais en terme d’infrastructures, est-ce que vous auriez pu durer avec Côte Bleue en National 2 ?

C’est sûr que c’est difficile de porter quasiment seul un projet assez ambitieux pour deux villages. On a quand même réussi l’exploit de se retrouver, le FC Côte Bleue, avec 11 000 habitants, parmi les 150 plus gros clubs Français. Un exploit qu’on a réalisé depuis quelques années avec les dirigeants, le staff et les joueurs du FC Côte Bleue.

Ce qui est étonnant, c’est qu’on sait que vous avez mis énormément d’argent de votre poche au FC Côte Bleue. Là, aujourd’hui, est-ce que vous allez l’abandonner, est-ce que si il n’y avait pas eu ce rapprochement il y aurait eu la mort du FCCB justement ?

Pas du tout. Si j’avais voulu l’avènement du FC Côte Bleue, je serai allé à Marignane, point barre. J’aurai laissé tomber Côte Bleue. Il ne faut pas oublier que Sausset-les-Pins, c’est aussi mon village, c’est chez moi. Je suis à l’origine de la fusion entre Carry Sports et Sausset qui dure depuis maintenant 25 ans. Je ne me vois pas abandonner le club parce que c’est mon club, mon village, c’est moi. Et je n’aurai jamais laissé mourir le FC Côte Bleue. Si j’ai maintenu ma présidence, et si Marc Vincendone est venu à Marignane avec moi c’est que vraiment on continue de porter le FCCB à bout de bras, et que l’avenir s’écrira entre Marignane-Gignac et Côte Bleue. Après, effectivement, beaucoup de joueurs sont partis à Marignane mais c’est quand même un comble que Marignane descende en National 3 et que Côte Bleue se retrouve aussi à jouer en National 3. Quel aurait été l’intérêt ?

Des joueurs sont venus avec vous au MGFC pour maintenir l’équipe…

Oui, on a quand même notre gardien de but Cyril Boukhit, Lamine Djaballah, Fernandez, il y a beaucoup de joueurs qui me suivent en plus de Mohamed Sadani, il y a beaucoup de dirigeants aussi. Comme je l’ai déjà dit, l’objectif prioritaire, c’est le maintien en National 2. Il nous reste encore 6 ou 7 matchs encore, pour savoir si on va jouer les play-offs. Les joueurs savent qu’on va devoir tout donner, je leur ai dit. Et ceux qui ne répondront pas présents pour ces matchs importants ne seront plus avec nous l’année prochaine, c’est très clair. Maintenant c’est à eux de prouver sur le terrain qu’ils ont le niveau pour jouer en National 2.

Combien de temps c’est viable cette co-présidence, à terme ça doit durer combien de temps ?

Il y a eu un groupement entre les deux clubs. Ils ont estimé 6 ans ou 7 ans. Moi je suis resté dans l’action, et pour ceux qui ont écouté la conférence de presse que l’on a faite pour cette assemblée générale du FCCB où le maire de Sausset était présent, je l’en remercie d’ailleurs, l’objectif pour nous c’est que Marignane-Gignac et Côte Bleue aient une équipe en National 2, en National 3, qu’on ait nos U19 nationaux, et toutes les équipes en ligue. Quel serait l’intérêt de ne pas aller vers une fusion ? Moi, mon sentiment, je préfère le dire dés le départ. Je préfère que l’on continue à chercher un maximum de partenaires et de sponsors pour qu’il n’y ait qu’une seule et même entité au lieu de diviser les ressources.

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