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Christophe Copel « Je suis passé tellement proche de l’amputation… »

09/05/2018 à 16:31

Christophe Copel, meilleur buteur de Luynes et meilleur buteur de D1 (21 buts), revient sur le titre de champion et sur sa carrière. Il se confie sans retenue.

Christophe, quelle réaction après ce titre de champion de D1 et cette montée en R2 ?

Je suis très content, surtout que personne ne nous attendait là. Au début de la saison, on s’était fixé cet objectif de montée entre nous. Il fallait se mettre un objectif alors on s’était dit « pourquoi pas ? ». On a pris les matchs les uns après les autres. Pour notre premier match face au Sporting La Ciotat, on était allé chercher la victoire à la dernière minute après avoir été mené. La saison était lancée ! A chaque fois, on gagnait nos matchs par un but d’écart et on restait devant au classement. Du coup, on s’est pris au jeu. Et à la fin des matchs allers on était leader. On s’est dit « pourquoi pas y rester? ». Sur les 5/6 derniers matchs, j’ai demandé à ce qu’on se batte pour terminer champion, histoire que l’on se dise que l’on avait pas fait tout ça pour terminer second… Jusqu’à la dernière journée, on a joué (exempt pour le dernier match). C’était stressant et dur mais on l’a fait ! On y est parvenu avec ce groupe qui est un mélange d’anciens et de beaucoup de jeunes. On a réussi à faire ce qu’il fallait.

A part miracle, vous allez terminer meilleur buteur de D1 avec 21 buts soit 9 buts de plus que le 2e au classement. Quel a été le secret de cette forme ?

Les gens de mon équipe regardent sur Actufootet ils me disent que j’ai mis 21 buts. Moi, je dis que j’en ai mis 23 ! Pourquoi je dis ça ? Parce que j’ai mis deux buts contre le Sporting La Ciotat (forfait général-buts annulés) lors de notre premier match et que c’est ce qui a lancé notre saison. Pareil, on nous dit que l’on a 13 victoires, moi j’ai tendance à dire que l’on en a 14 ! C’était un match difficile qu’on était allé chercher au mental. Bref, ce n’est pas important. Je termine meilleur buteur de mon équipe et surement meilleur buteur du championnat mais c’est surtout un travail d’équipe exceptionnel. Du gardien jusqu’à moi, c’est tout le groupe qui a travaillé pour être champion. Du coup, ce titre de meilleur buteur, je le partage avec tout le monde car je n’ai été qu’à la finalité du travail de toute l’équipe.

Personnellement, comment voyez-vous l’avenir ?

Je ne me prends pas la tête. Des gens ont commencé à m’appeler. Je suis ouvert à tout mais ma priorité est de rester à Luynes. Après, je ne peux pas fermer les portes… Mais si je trouve un accord avec Luynes, je continuerai avec ce groupe-là. Je vais avoir 32 ans en septembre, j’ai déjà joué à plus haut niveau. Changer de club ne va pas révolutionner ma carrière. Ma priorité est de rester là et d’aider ce groupe de jeunes à grandir. Ce sont des jeunes avec une grosse marge de progression et c’est intéressant de rester avec eux.

Avec Luynes, quel sera l’objectif la saison prochaine ?

L’objectif sera de se maintenir et si on l’obtient rapidement alors ce sera de gratter des points et des places jusqu’à la fin. Surtout, le groupe devra garder ce même état d’esprit. Certes, on ne montera pas chaque année mais au moins, avec cette mentalité et cette entente, on ne passera pas une saison galère. Cette équipe, c’est une bande de potes et c’est super important pour moi.

Vous avez 31 ans et vous êtes passés par plusieurs clubs. Vous avez été formé à l’OM, puis vous êtes passé par le championnat belge (D1/D2), Carnoux, Gardanne, Fréjus, La Penne, Gémenos ou encore Agde. Quel bilan faites-vous de votre carrière ? Avez-vous des regrets ?

Depuis mes deux dernières saisons à l’OM, j’ai eu une grave blessure au tibia péroné et un staphylocoque doré. J’ai failli me faire amputer la jambe… Quand cela se passe à 18 ans, ton seul souhait est de remarcher un jour. Le foot était loin à cette époque-là… Tout ce que j’ai fait depuis la fin du staphylocoque, ce n’est que du bonus ! Que ce soit en D1 avec Luynes ou en 1ère division en Belgique, à chaque fois je prends le même plaisir. C’est pour ça que j’ai zéro regret, vraiment zéro, zéro, zéro regret. Je suis passé tellement proche de l’amputation… Je pense que tous les coachs et coéquipiers qui ont joué avec moi tout au long de ma carrière le diront, j’ai toujours pris du plaisir sur un terrain. Et je continuerai à jouer tant que mes jambes et ma santé me le permettront. Je n’ai jamais rechigner à venir à l’entrainement, j’aime ça ! Il y a ma femme, mes enfants et le foot. C’est vraiment toute ma vie ! Cette saison, avant chaque match et chaque entraînement, je le répétais aux joueurs : « Si on prend autant de plaisir sur le terrain, qu’est ce qui peut nous arriver ? Prenez du plaisir à jouer ensemble et il n’y a rien qui nous arrivera ! » C’est pour ça qu’on a un groupe super soudé même s’il est jeune et c’est pour ça qu’on est champion aujourd’hui. Ce titre, il part du gardien et va jusqu’aux dirigeants, c’est la victoire de tout un groupe. Quand on a été champion, tout le monde était là, tout le monde était heureux. Il pleuvait et tout le monde était sur la pelouse à faire la fête. On était content d’être là et content d’être ensemble.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Une très bonne santé pour les gens que j’aime, mes enfants, ma femme et ma famille. On peut encore me souhaiter de marquer beaucoup de buts tant que je suis attaquant car avec l’âge je reculerai sûrement un jour. Enfin, on peut aussi me donner rendez-vous dans 6/7 ans sur les terrains. Tant que j’aurais le niveau et qu’on me fera confiance je serai là. J’ai mon ami, et je suis content d’avoir des gens comme lui autour de moi, c’est l’entraîneur de l’Etoile Huveaune, Christian Chessa. Il a 39 ans et il prend toujours autant de plaisir avec un ballon. Je suis fier de ce qu’il fait et j’espère qu’à son âge je prendrai autant de plaisir sur un terrain de foot.