CommuniquéCoronavirus

Coronavirus : le communiqué rassurant de Sébastien Filippini (Pays d’Aix FC)

22/03/2020 à 13:11

Sébastien Filippini, président du Pays d'Aix FC, a adressé quelques mots forts aux licenciés et habitants d'Aix-en-Provence ainsi qu'à ceux qui œuvrent sur le terrain en cette mauvaise période de coronavirus.

Le communiqué de Sébastien Filippini

Sébastien Filippini : « Bonjour à tous, j’espère que tous nos joueurs, joueuses, parents, éducateurs, dirigeants et amis du club vont bien et qu’ils font preuve d’imagination pour profiter de ce temps de confinement pour passer du temps en famille, faire les devoirs et maintenir leur état de forme physique (pour la reprise des championnats…j’espère le plus tôt possible).

Je souhaitais remercier tous ceux qui m’ont envoyé des gentils messages de soutien car, comme certains le savent, je travaille à l’hôpital d’Aix (avec d’autres membres du club également) et nous redoublons d’effort pour prendre soin au mieux des patients, qu’ils soient « covid-positifs » ou non (car il y a toujours des malades ou blessés qui n’ont pas pas attrapé ce virus!).
Chez nous, à Aix, la situation est toujours sous contrôle car l’afflux de patients n’est pas encore important. Au contraire, nous vivons une période bizarre où les Urgences sont vides! A croire que finalement, les gens qui se déplaçaient avant pour un simple « bobo » restent enfin chez eux et ont compris que, comme son nom l’indique, les Urgences sont réservées au vraies « Urgences ».
Au moins, cela permet aux soignants et médecins d’être bien plus présents auprès des malades, de leur prodiguer des soins en toute pérennité et d’avoir plus d’échanges humains avec eux. C’est ce que j’ai constate aussi dans les services d’hospitalisation, relativement vides par rapport à d’habitude.

Mais cette situation est sans doute transitoire, un peu comme l’on observe le retrait de la mer avant un tsunami.

Parce qu’à Aix, nous jouissons d’une situation incroyablement favorable : nous avons plusieurs jours « d’avance » sur nos voisins italiens, parisiens, savoyards ou alsaciens et donc nous pouvons nous préparer et nous organiser plus facilement et sereinement (les italiens se sont pris de plein fouet l’épidémie).
Aussi, à l’hôpital d’Aix, nous avons ouvert un nouveau bâtiment en janvier et transféré tous les services d’hospitalisation de médecine dans ce bâtiment (bise à Flavio qui y a passé quelques jours). L’ancien bâtiment n’a pas eu le temps d’être réhabilité et donc, nous disposons d’un très grand nombre d’anciennes chambres que mes équipes de l’hôpital ont remis en état de marche.
Donc côté « architectural », on est prêt!
Côté médical et soignant, l’affaire est moins évidente car le personnel est mis à contribution en permanence en temps normal et encore plus en ce moment. Mais du fait de la baisse d’activité constatée jusque-là, l’encadrement a choisi de « faire tourner » le personnel quand cela était possible afin de bénéficier de « troupes » fraiches quand on en aura besoin (il parait qu’on est « en guerre »).
Du point de vue matériel, nous ne sommes pas dépourvu de tout le matériel nécessaire pour l’instant, néanmoins, les magasiniers et cadres de santé sont très vigilants sur la distribution de masques, solutions hydro-alcooliques, etc..
Mais nous ne pouvons pas nous permettre de donner le peu de matériel que nous avons à ceux qui en ont aussi besoin (référence à l’appel au don de Céline CHOUVIER) parce que notre personnel est en contact direct et avéré avec des patients infectés. Si notre personnel tombe malade, alors ce sera la catastrophe…
J’en appelle à la responsabilité de vous tous : vous connaissez les recommandations diffusées de partout et je ne vais pas en rajouter une couche.
Il ne faut pas non plus tomber dans la psychose! Certes ce virus se propage très vite mais dans la très grande majorité des cas, les symptômes sont minimes, semblables à une simple grippe (qui, je le rappelle, fait chaque année bien plus de morts en France, qu’il y a eu de morts dans le monde du COVID-19 jusqu’à présent). Mais la gradation de cette maladie est faible : soit on ressent quasiment rien et on peut guérir avec pas grand chose même à domicile, soit c’est très grave et on doit passer par la réanimation sous respirateur. C’est la saturation de nos « réa » que nous craignons en fait! Car le capacitaire en France n’est que de quelques milliers de places.
Je le redis, ne tombez pas dans la psychose et faites simplement barrière à la propagation de ce virus en restant chez vous et surtout en vous lavant les mains le plus souvent possible (c’est un virus « contact », pas un virus qui se balade dans l’air).

Je terminerai ce message en témoignant toute mon admiration pour les infirmières (dont ma femme qui travaille dans un service de néonatologie), médecins, pompiers, ambulanciers que je côtoie tous les jours et qui risquent leur propre santé pour préserver ou sauver celle des autres.
Mais aussi les personnels techniques, administratifs, du transports, les agents de la salubrité, les laborantins qui continuent à faire fonctionner nos hôpitaux à pleins régime.

Sans oublier ceux qui doivent encore travailler dans leurs entreprises pour que le pays ne s’écroule pas économiquement parce que la santé n’a pas de prix…mais elle a un coût!
Et bien sûr les policiers, toujours en première ligne pour assurer l’état de droit et l’application des consignes.

Prenez soin de vous en restant « valides », nous, on s’occupe des malades. »