CDF6e tour

Coupe de France : des clubs amateurs de la Méditerranée menacent de déclarer forfait

20/01/2021 à 13:35

Après l'annonce de la reprise de la coupe de France pour les clubs amateurs dès la fin du mois de janvier, les réactions sont partagées en Ligue Méditerranée.

Hier, la FFF annonçait la reprise de la coupe de France pour les clubs amateurs avec un 6e tour programmé au 30-31 janvier et l’autorisation de s’entraîner avec contacts pour les clubs encore en lice. Une nouvelle qui a beaucoup fait réagir et pas forcément de manière positive.

Du pour et du contre !

Du côté du Carnoux FC (R1, 13) et de l’Aubagne FC (N2, 13), on s’est réjouit d’un retour à la compétition longtemps attendu. « On va retrouver des sensations de footballeur, même si la partie athlétique est importante. Ça va faire plaisir à tout le monde. Quand on reste sur des entraînements sans objectifs réels, on n’est pas dans le même état d’esprit que quand on prépare un match, a confié Bruno Lacoste, coach du CFC, y voyant un signe d’espoir quant à une prochaine reprise des championnats. C’est un grand plaisir de retrouver une compétition officielle, cela permet d’avoir l’espoir d’enchainer sur le championnat et de faire au moins la phase aller ». Eric Rech, le coach aubagnais, l’a reçu de la même manière. « C’est une bonne nouvelle pour le football amateur. J’espère que cela va inciter la Fédération Française de Football à faire reprendre les championnats » a-t-il appuyé.

Du côté des clubs amateurs varois encore en lice en coupe de France, le son de cloche a été bien différent. « Personnellement, depuis le début je dis qu’ils n’accordent que très peu d’importance au foot amateur. Et là, avec ce communiqué, ils viennent de me prouver que tout ce que je disais depuis le début était une réalité » a regretté Mounir El Hasnouni, entraîneur de la R2 du Gardia Club. Athos Bandini, le coach de la R1 de l’AS Maximoise, a été déçu d’apprendre une telle nouvelle au point de vouloir agir contre l’instance fédérale : « On a l’impression qu’ils veulent nous éliminer directement, le protocole sanitaire demandé est impossible à mettre en place pour nous. Je pense qu’on va se rassembler entre clubs varois et qu’on va prendre un avocat. Pour moi, ils veulent clairement nous éliminer de la coupe de France par rapport aux clubs pros. C’est intolérable, c’est un manque de respect envers les clubs amateurs et les bénévoles » s’est-il offusqué.

Une date et un protocole qui posent problème

La date de programmation de ce 6e tour au 30-31 janvier, qui pourrait d’ailleurs être modifiée sous peu, ne laisse que 10 jours aux clubs pour s’adapter à un protocole sanitaire lourd afin de disputer ces rencontres. « C’est une bonne nouvelle, même si c’est aussi un inconvénient. Le 31 janvier c’est là, c’est proche, ça nous laisse 10 jours. Cependant, tout le monde est dans le même lot, il n’y a pas d’équipes avantagées » a signalé Bruno Lacoste du Carnoux FC. Sauf que certaines équipes ont fait le choix ou ont été forcées de ne pas s’entraîner sans contact. « En tant que président, je ne veux pas casser des joueurs. Nous ne nous sommes pas entraînés depuis le début du confinement en octobre, même si chacun avait son programme pour rester en forme. Je veux bien faire 10 jours d’entrainement poussés, mais s’il y a de la casse à qui on va s’en prendre ? » a posé la question Paul Murino, président de l’ES St Zacharie.

La compétition centenaire reprendra donc pour les clubs amateurs mais dans le cadre d’un protocole sanitaire très strict. Une équipe touchée par le Covid et ne pouvant jouer sera par exemple déclarée forfait. Tous les matches seront à huis clos et se dérouleront en début d’après-midi afin de respecter le couvre-feu imposé à 18h. Chaque équipe devra réaliser des tests PC (2 à 3 jours avant le match) et antigénique (le jour du match). Un référent Covid devra être désigné dans chaque club et un médecin devra être présent le jour du match pour contrôler les tests PCR négatifs.

Des règles lourdes à respecter quand on est une petite structure amateur en pleine situation d’épidémie de Covid-19, ce qui a créé de la colère. C’est le cas d’Athos Bandini, l’entraîneur de l’AS Sainte-Maxime, qui enrage. « Quand je vois qu’ils demandent des tests PCR et de trouver des terrains en 10 jours pour cette coupe, je trouve cela irréalisable. Aujourd’hui, la seule solution était de terminer notre championnat. Mais nous, on ne nous écoute pas. La FFF précise dans son communiqué que si une équipe n’est pas en mesure de jouer car il y a plusieurs cas de Covid-19 dans l’effectif, le match serait perdu par pénalité et l’équipe directement éliminée de la compétition. Mais comment faire ces tests ? Nous n’avons pas l’argent pour faire ça, on n’est pas des pros. De plus, les matchs se joueront à huis-clos, il y a donc une énorme perte d’argent pour les clubs amateurs. Et qui paye les arbitres ? C’est nous alors que nos caisses sont vides, il n’y a plus de buvette, plus de tournois, de moins en moins de sponsors… » a-t-il argumenté.

Quant au huis-clos demandé par le gouvernement et l’instance fédérale, il semble ne pas être applicable partout dans les clubs amateurs. « Notre terrain est placé au milieu du village, d’un côté comme de l’autre il y a de la circulation. Il n’y a que le grillage qui sépare le terrain de la route. Le huis-clos, je ne peux pas le faire. Si je le fais on sera dans l’obligation de stopper la circulation d’un coté et de l’autre du stade » a expliqué le patron de Saint-Zacharie. Même situation pour le Gardia Club, « Pour nous, notre stade, c’est un gruyère, il y a des entrées de partout, c’est impossible à huis clos » a informé le coach de La Garde.

Le problème est posé et ce qui engendre encore plus de difficultés, c’est le couvre-feu à 18h qui ne permet pas aux joueurs amateurs Seniors de venir s’entraîner le soir. « De notre côté, on a trois quart des joueurs qui travaillent et un seul stade sur St Zacharie qui est occupé par les écoles les lundi, mardi, jeudi et vendredi, ce qui laisse que très peu de place. Si le couvre feu à 18h tombe, alors on pourra s’entraîner. On fera le maximum pour être prêt mais autrement c’est impossible. Si on n’a pas une dérogation pour aller au delà des 18 heures jusqu’à 21 heures, c’est compliqué » a expliqué le boss de l’ESZ.

Des forfaits et une révolte ?

La situation est tendue. Hier, les deux entraîneurs varois Athos Bandini et Mounir El Hasnouni ont expliqué vouloir déclarer forfait. « Je suis désolé mais moi je n’irai pas. Si je dois faire forfait, je ferai forfait ! Mettre en danger l’intégrité physique de mes joueurs pour un match, ce n’est pas dans mes habitudes. On n’a pas fait une séance intensive alors si un joueur se lance dans un sprint parce qu’il a envie de gagner la partie et qu’ils se déchire le mollet ou la cuisse, qu’est-ce qu’on fait ? Mais il y a aussi les blessures mentales et psychologiques, et ça ils n’en prennent pas compte » s’est plaint Mounir El Hasnouni.

Les deux coachs ont même invité les clubs amateurs, petits comme grands, à se révolter contre cette décision de la FFF. « J’espère que les 8 clubs amateurs méditerranéens encore qualifiés en coupe de France, même ceux de niveau National, seront avec nous et nous soutiendront dans notre démarche. Ce n’est pas du foot, c’est de la dictature » a dénoncé le coach de l’ASM. « J’espère que tous les clubs amateurs vont se rassembler pour se révolter contre cette décision. Que tous les présidents se mettent en contact et mettent en place une action pour qu’ils arrêtent de nous prendre pour des imbéciles » a ajouté Mounir. La FFF réagira-t-elle à cette montée de contestations qui semble émaner de toute la France ? Réponse bientôt puisque les 12 présidents de Ligue et peut-être la LFA, devraient se réunir en visio cet après-midi pour discuter des problématiques auxquelles seront confrontées les clubs amateurs en vue de la préparation de ce 6e tour de Coupe de France.

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