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Denis Bikiny, le super-héros footballeur

08/10/2018 à 19:28

Un héros, un vrai ! Denis Bikiny, milieu défensif de la R2 du CA Gombertois (13), a sauvé la vie d'une automobiliste, dimanche matin alors qu'il rentrait de soirée. Emportée par l'inondation, le jeune footballeur n'a pas hésité une seule seconde avant de sauter à sa rescousse. Interview.

Denis, pouvez-vous nous raconter comment ça s’est passé ?

C’était à la sortie de l’autoroute de Plombières, à Marseille, à 5H du matin. Je rentrais de soirée car je ne jouais pas le lendemain. Quand on a pris la sortie, c’était déjà inondé. Il y avait deux ou trois voitures bloquées. On s’est arrêté pour donner un coup de main et pousser les automobiles. Après, on a attendu dans la voiture, il y avait de plus en plus de monde. Toutes les personnes qui sortaient de l’autoroute étaient obligés de s’arrêter. A un moment donné, je sors de mon véhicule et en sortant j’entends des gens en train de crier « elle est en train de se noyer ! ». Une voiture était en train de se faire emporter avec une dame qui était à l’intérieur. L’eau arrivée à la moitié de sa poitrine et il y avait beaucoup de courant. Elle tapait à la vitre de sa voiture. Nos regards se sont croisés et là, je n’ai pas réfléchi, j’ai sauté dans l’eau.

Vous êtes allé lui porter secours ?

Oui. Je me suis retrouvé dans l’eau, je n’avais même pas pied pour vous dire ! J’essayais d’ouvrir la portière avant, ça ne voulait pas. Après, j’ai tapé du poing sur la vitre, mais impossible de la casser. Ensuite, je suis allé vers la portière arrière du coté conducteur. J’ai mis des coups de pied dans la fenêtre, mais encore une fois, ça ne voulait pas venir. Du coup, j’ai mis de gros coups de pied dans la portière, j’ai tiré et enfin ça s’est ouvert. J’ai dit à la dame de sortir par l’arrière mais elle ne savait pas nager. J’ai essayé de la porter, de lui tenir la tête en dehors de l’eau. J’étais sous l’eau et je marchais avec elle sur les épaules. On s’est accroché à un bloc de béton qui maintenait la passerelle. Je me suis maintenu dessus avec elle sur mes épaules et on a attendu 10/15 minutes avant que les pompiers arrivent. Je n’en revenais pas… J’avais failli me noyer, j’avais bu la tasse. Je croyais que j’allais y passer… Je n’avais plus de force, j’avais froid.

Vous avez été héroïque…

C’est ce que tout le monde dit mais moi je ne pense pas pareil. Après ça, j’ai dû aller à l’hôpital, j’avais avalé beaucoup d’eau, je n’allais pas bien. C’est là-bas que les gens, les médecins, les infirmiers m’ont félicité. Il n’arrêtaient pas de dire que j’étais un héros. Ça m’a mis mal à l’aise ! Je l’ai fait parce qu’une femme était en détresse. D’ailleurs, elle était avec moi à l’hôpital et elle m’a remercié. elle m’a dit que grâce à moi, ses enfants pouvaient continuer à la voir en vie. Elle est rentrée chez elle, elle a réveillé toute sa famille et elle les a amené à l’hôpital pour que ses enfants voient qui lui avait sauvé la vie. Ses enfants pleuraient, son mari n’arrêtait pas de me remercier. On a échangé nos coordonnées pour se revoir. Tout le monde me félicite sur les réseaux sociaux, mais moi je n’ai pas l’habitude d’avoir la lumière sur moi, je suis très gêné.

Keevin Hernandez