U12 CritériumDémission

Didi « Quand tu déranges, on te met des trucs sur le dos »

12/02/2018 à 10:39

Didi (Mehdi Feradj) n'est plus l'éducateur de la U12 Critérium de l'ASPTT Marseille ! Le jeune éducateur a pris la décision de quitter le club. Interview.

Didi, pourquoi prenez-vous la décision de quitter l’ASPTT Marseille ?

Je décide de les quitter parce qu’il y avait quelques tensions en interne et aussi à cause de certains parents… Quand ça va bien, t’es le meilleur entraîneur et quand ça ne va pas, on ne te veut plus. Comme je les appelle dans le foot, les parents sont les cancers du foot ! J’ai donc préféré prendre du recul et arrêter. J’ai consacré beaucoup de temps et malheureusement, ce n’est pas rendu. J’ai rebâti une équipe entière, quand je suis arrivé, il n’y avait plus de joueurs. Je ne cherche pas la reconnaissance mais là, il n’y a vraiment rien en retour. Je souhaite ne pas gâcher mon énergie pour des choses qui n’en valent pas la peine. Quand tu arrives dans uns structure où tu fais le recrutement entièrement et que tu es invaincu depuis ton arrivée, ça dérange ! Obligatoirement, on va te trouver des petits défauts alors qu’il n’y a rien à redire : les résultats parlent d’eux même. Quand tu déranges, on te met des trucs sur le dos, des choses qui n’ont pas lieu d’être…

Le problème, c’était quoi exactement ?

Je ne me sentais pas soutenu par plusieurs membres du comité directeur qui ont préféré soutenir des parents dans certaines situations, ce qui n’est pas normal puisque nous sommes censés se soutenir entre membres du club. En allant dans le sens des parents et en leur accordant des faveurs, cela montre qu’il sont plus importants que l’institution, ce qui n’est pas normal. C’est compliqué de bien travailler quand des éducateurs de la même catégorie te tirent dans les pattes… Par contre, j’ai été sanctionné injustement par le club qui m’a enlevé 2 mois de défraiement pour justement me pousser vers la sortie, mais cela n’a pas fonctionné et je leur ai fait savoir clairement que je n’étais pas là pour l’argent et que je continuerai malgré tout pour les petits. Après la suite, vous la connaissez…

Quelle est la suite pour vous ?

Je souhaite prendre du recul car sincèrement je suis écœuré par le monde du foot amateur. Il y a trop de vices, d’hypocrisie et les gens ne sont pas honnête. On ne retrouve pas les vraies valeurs du foot. Je vais donc prendre du recul et poser le pour et le contre. Ensuite, j’étudierai les offres qui se présenteront à moi. J’ai toujours parlé sans filtre, j’ai déjà des offres mais je ne veux pas me jeter sur la première occasion. Une chose est sûr, ça ne me fait pas peur de repartir de plus bas. Je suis un formateur, j’aime construire et reconstruire : je l’ai déjà fait à l’ASPTT et ça ne me fait pas peur.

Des personnes à remercier ?

Je tiens à remercier certaines personnes du club. Je n’ai pas vraiment besoin de citer les noms, ils se reconnaitront… Ils m’ont fait avancer et m’ont toujours soutenu. Quand je suis parti d’Air Bel pour l’ASPTT, j’ai vu que c’était complètement différent en interne. J’ai l’impression que dans ce genre de club (ASPTT), quand tu es nouveau et que tu ramènes des bonnes choses, ça ne plait pas. Moi, j’ai une mentalité assez forte et dans les clubs comme l’ASPTT, ça ne convient pas. L’ASPTT a cette image de club du 8e, de club de beaux quartiers, de club riche, mais malgré ça quand tu regardes les résultats, ça marche ! J’ai l’impression qu’il n’y a pas l’esprit compétitif : ramener le trophée à tout prix. Quand tu arrives sur un terrain avec l’ASPTT, tu es vu comme le club de bourgeois et ils se disent « On va se les faire ! ». Moi j’ai essayé d’enlever cette image, mais ça n’a pas plu… Dans un club, on a besoin d’hommes de caractère. Mais les gens n’aiment pas la franchise, ils aiment qu’on s’aligne. J’ai essayé de m’aligner mais on ne m’a pas laissé développer mes idées. Je ne suis pas venu pour être dans une secte, mais dans un club de foot ! Je souhaite tout de même bonne continuation à certaines personnes de ce club que j’estime. Un grand merci et mes amitiés au directeur sportif Gregory Ripert, à Gilles Pons, son adjoint Marc et Stéphane Pons, à David Atali et Robert Caturegli.