N2 (A)11e journée

Didier Camizuli « C’est le cruel réalisme du footballeur »

12/11/2018 à 15:36

L'Athlético Marseille a quitté son stade avec une défaite (1-2), face au FC Annecy. Un échec qui déçoit fortement Didier Camizuli, le co-entraîneur provençal. Il s'en explique.

Didier, quelle réaction après ce match ?

J’ai un sentiment mitigé, car je suis dans une colère froide par rapport au match. On savait que cette équipe d’Annecy allait mettre tous les ingrédients pour bien défendre, la preuve avec leur dispositif en 5-4-1, et qu’ils allaient jouer sur des contres.

Pouvez-vous nous raconter la partie ?

On fait une première mi-temps de très très bon niveau dans le contenu face à un bloc bas bien regroupé. On a des situations et on ouvre le score. Ensuite, on a des occasions pour alourdir la marque. Comme j’ai dit aux joueurs cette semaine, ce match allait se jouer sur nos erreurs. Et puis, on prend deux buts sur des fautes de concentration en seconde période. Quand tu ne mets pas le second, tu n’es pas à l’abri d’un raté, la preuve en est, sur un coup-franc, on ne se replace pas, on laisse jouer rapidement, centre devant le but et notre défenseur marque contre son camp alors qu’Annecy n’a pas d’occasion. Ça les a requinqués. A ce moment-là, on leur donne un coup de boost et, nous, on prend un coup sur la tête car, bien avant ça, on a la balle de 2-0, 3-0, 4-0. Quand tu ne marques pas dans le football, c’est compliqué. Sur le deuxième but, un coup de billard, ça rebondit sur les joueurs et ça revient sur Akrour qui, avec sa qualité, ne manque pas l’occasion. On a ensuite poussé, on a des balles d’égalisation dans les arrêts de jeu, ils sauvent deux fois sur leur ligne. C’est rageant et frustrant, car on a abandonné trois points, on leur a donné alors qu’on avait fait le nécessaire dans le contenu pour remporter le match.

Comment prenez-vous cette défaite ?

Je suis en colère car on a les situations de but mais on fait des mauvais choix dans le dernier geste. On l’a payé cash. On n’a pas crié au triomphe quand on a gagné à Nice, on ne va donc pas crier au catastrophisme pour ce match-là, car Annecy joue la montée, mais je suis déçu, car on n’est pas récompensé, on est puni gravement de notre manque de réalisme. Il va falloir corriger ça et relever la tête.

Que manque-t-il pour faire mieux ?

Je n’ai pas de baguette magique, je ne vais pas transformer les joueurs en un mois mais je reste convaincu que le travail, la rigueur et la discipline de jeu va porter ses fruits si on corrige ces petits détails qui ont joué contre nous. C’est le cruel réalisme du footballeur. Il faut être fort dans les deux surfaces et on ne l’a pas été samedi. C’est le problème depuis le début de la saison. Alors est-ce qu’il faut que les garçons se remettent un peu en question ? Je pense que oui. Il faut qu’ils s’aperçoivent que le football de haut-niveau, c’est de la simplicité. Il va falloir qu’on reprenne toutes les bases, mais on n’est pas inquiet. On a eu un contenu plus qu’intéressant, on a trouvé des intervalles, trouver les excentrés pour des centres, prendre la profondeur pour leur faire mal. Je ne suis pas content sur l’application, l’agressivité et le manque de rigueur. Quand on tuera les matchs, on deviendra une équipe qui peut faire mal. On laisse pour l’instant nos adversaires en vie.

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