Interview

Fabrice Abriel (ex-OM) : « On savait éviter les problèmes »

23/02/2021 à 12:24

Au travers d'un entretien pour évoquer son rôle d'adjoint auprès des féminines D1 du FC Fleury 91, Fabrice Abriel a évoqué la situation chaotique de l'OM, en plein déchirement avec ses supporters.

Que pensez-vous de la situation chaotique en ce moment à Marseille, vous qui avez surtout connu des moments de joie lors de votre passage (2009-2011) ?

Comme tout le monde le voit, ça semble flou. Et dès que le club retrouve du calme, les joueurs sont plus performants. L’OM est très médiatisé, dès que quelque chose se passe, ça prend beaucoup d’ampleur et ça crée des incertitudes. Les joueurs lisent les journaux, les réseaux sociaux, les entraîneurs aussi. On ne s’occupe plus de l’essentiel alors que la priorité, c’est le terrain.

Ça vous fait souffrir de voir le club et les supporters se déchirer ?

Bien sûr ! C’est un club avec qui j’ai été champion, on a porté haut les couleurs de l’OM et de Marseille en Ligue des champions. Même si on n’est pas Marseillais de naissance, on sait s’approprier les valeurs du club. On a su éviter la crise. La principale qualité du groupe créé en 2009-2010 par Didier Deschamps et Jean-Claude Dassier était qu’on savait éviter les problèmes. On avait cette maturité et la capacité de nous remettre en question si les efforts n’étaient pas faits. On allait à l’essentiel. Peut-être aussi que les réseaux sociaux sont plus forts aujourd’hui et que ça a une influence. J’ai vu que le Twitter de l’OM a été créé en 2009 donc il n’y avait peut-être pas encore cette emprise. Nous, on ne regardait même pas les journaux. Sur les six premiers mois, on a bataillé mais on vivait bien ensemble ! On se concentrait sur le terrain. Un jour quelque chose est sorti dans les médias après une réunion et ça ne nous a pas plu. On n’a pas cherché à savoir qui avait parlé, on a rappelé que l’unité était la chose la plus importante. On a géré ça avec beaucoup de sérénité.

On a le sentiment que ça part en vrille, même les hautes sphères politiques s’en mêlent…

Et je ne comprends pas pourquoi. Hormis le fait d’être fan du club en tant que spectateur mais quand vous avez un rôle politique, il faut faire attention et ne pas donner des éléments en plus pour mettre en colère tout le monde. Il faut être calme envers les supporters, ils sont touchés dans leur rôle. Ils ne peuvent pas aller aux matchs et ont l’impression de ne pas pouvoir exister alors qu’ils font partie intégrante du club. C’est tout le monde ensemble. Les matchs à huis-clos augmentent la frustration et les résultats ne suivent pas ! Ça alimente toute cette frustration.

Le président Jacques-Henri Eyraud est clairement détesté, on lui reproche de ne pas connaître le football. Vous aussi avez connu un président qui n’était pas féru de foot. Ca a bien fonctionné parce qu’il a su rester à sa place ?

Exactement. Le président préside, l’entraîneur entraine. Ça parait simple mais chacun a un rôle. Il faut que ce soit toujours cohérent avec les performances de l’équipe et non l’inverse. L’entraîneur doit prendre le meilleur de l’équipe et le mettre sur le terrain. C’est ce que savait bien faire Didier Deschamps : concentrer toutes les énergies sur l’essentiel. Et les joueurs arrivaient sur le terrain avec toutes leurs forces.

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