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Farid Fouzari « La montée, on ne me l’enlèvera pas »

24/06/2020 à 13:39

Pour Actufoot, Farid Fouzari, nouvel entraîneur du Canet RFC, revient sur sa saison avec l'Athlético Marseille, la sanction administrative donnée au club marseillais par la CRCC et parle de son avenir.

Farid, pouvez-vous nous expliquer les raisons pour lesquelles vous avez quitté l’Athlético Marseille pour le Canet RFC ?

C’est un choix personnel. J’ai vu qu’ils cherchaient un entraîneur donc je me suis proposé. Il y a deux ans j’avais eu un entretien, j’étais dans leur short-list. Je me suis dit que j’allais aller voir ailleurs. J’ai fait ce choix pour leur projet et leurs conditions d’entrainement qui sont très bonnes. Il y a trois terrains en herbe et deux synthétiques. Cela va permettre de bien travailler !

Quel sera l’objectif avec votre nouveau club ?

L’objectif, c’est le maintien au niveau de l’équipe première, avoir un travail avec la formation, avec les jeunes, créer des passerelles avec tout ce qui est post-formation et équipe réserve. Christian Mattiello s’occupe de la formation avec Victor Torrijos. On incorporera des jeunes joueurs du club s’il y a la qualité et les capacités, en tout cas on va au moins les voir.

Canet RFC

Lancer des jeunes, c’est quelque chose que vous savez faire ?

Partout où je suis passé, des jeunes ont joué, que ce soit à Sedan ou ailleurs. A Martigues, lors de la première journée, j’ai lancé Nordine Ibouroi, Bertrand Fourrier et Yanis Zouaoui. A l’époque, ils avaient 18, 19, 20 ans. La saison dernière, j’ai fait pareil avec l’Athlético en faisant confiance à des Sanchez, Soudeiss ou encore Ali Amir qui ont incorporé le groupe N3. Avec des temps de jeu différents bien sûr…

« Il y a eu des annonces comme celle-là qui ont perturbé un peu tout le monde dont les joueurs »

Comment avez-vous reçu la sanction administrative de relégation en R2 pour l’Athlético Marseille ? On imagine que c’est difficile pour un entraîneur quand on obtient la montée en N2…

Ce qui a été dur, ça a été la gestion tout au long de la saison. Quand je suis arrivé au club, on était en N2, et 15 jours après on m’annonçait qu’on évoluerait en N3. Il y a eu tout autour de la saison des annonces comme celle-là qui ont perturbé un peu tout le monde dont les joueurs. On comptait repartir en N2, mais voilà, c’est comme ça…

C’est une déception ?

Oui, c’est une déception. Déjà qu’avec la covid on ne fête pas la montée… Il y a eu de bons moments en coupe de France et en championnat, avec des défaites un peu bizarres parfois, mais sur l’ensemble on passe une bonne saison. Sauf que les émotions, on ne les a pas eues… en tout cas, pas dans le bon sens.

Les joueurs ont dû être déçus ? Ils connaissaient ce risque de rétrogradation administrative ?

On ne le savait pas mais on avait des doutes. Au final, la mauvaise surprise a été là. Pourtant, la direction était très confiante. Que ce soit pour les joueurs, le staff ou toutes les personnes du club, être rétrogradé comme ça alors qu’on a déjà été rétrogradé de cette manière la saison dernière, c’est dur.

« Avec le staff, on a réussi à concerner, trouver les bons mots qui ont impacté les joueurs »

Comment avez-vous réussi à garder les joueurs motivés tout au long de la saison ?

J’ai fédéré. Avec le staff, on a réussi à concerner, trouver les bons mots qui ont impacté les joueurs malgré le fait de ces annonces. Cela n’a pas été facile… mais on a su le faire avec un très beau 16e de finale en coupe de France, un parcours extraordinaire.

C’est ce qui sauve la saison ?

Oui. Au mois de mars, on n’avait pas de blessé en parallèle pour le championnat. La gestion a été très bonne. Avec le staff, on a su les concerner pour avancer dans les deux compétitions qui sont deux compétitions complètement différentes.

Votre attaquant cette saison, Pape Ibnou Ba, a rejoint la Ligue 2 de Niort. C’est un peu grâce à la visibilité que vous lui avez donné ?

Il a gagné en visibilité surtout grâce à lui. Il a fait ce qu’on lui a demandé au fil des rencontres et il  a marqué presque à tous les matchs. C’est un attaquant qui devait partir avant… C’est grâce à la qualité de son travail, à son parcours et aussi à ce qu’ont fait ses entraîneurs avant moi. C’était un plus pour nous par rapport à ses qualités. Heureusement qu’il les a mises à contribution…

« On est monté sportivement mais pas administrativement »

On vous enlève une montée cette saison. Est-ce que vous en voulez à la direction de l’Athlético Marseille ?

Je n’en veux à personne. La montée, on ne me l’enlèvera pas. Déjà, le club a fait appel et il faut attendre la décision. Ensuite, pour moi, on est monté ! On a décroché l’accession en N2 et on a fait un 16e de finale de coupe de France, ça on ne me l’enlèvera jamais. Et même si l’appel ne passe pas, sur le terrain on est quand même premier du championnat. On est monté sportivement mais pas administrativement.

Que retenez-vous de votre passage à l’Athlético Marseille ?

Une très belle aventure humaine. J’ai vu des hommes grandir par rapport à tout ce qui s’est passé au club. Il y a eu de très bons moments comme d’autres mauvais, mais ça nous a tous fait évoluer y compris moi, les joueurs et le staff. Sur le plan humain, c’était très bien. J’ai vu de bonnes personnes au sein du club. Ça, c’est le coté positif ! Vous savez, on ne perd jamais de temps. Quelque soit les saisons, on apprend, on grandit.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Un maintien, la santé. Surtout la santé. Et si on se maintient, d’accompagner le club, grandir avec lui.