InterviewDécalée

L’interview décalée de… Johann Piccamiglio

18/10/2017 à 19:32

Des révélations, des anecdotes... Cette semaine, c'est Johann Piccamiglio, Directeur Sportif et coach de la U19 DHR du Smuc, qui s'est prêté au jeu de l'Interview Décalée.

De quoi êtes vous le plus fier dans votre carrière footballistique ?

D’avoir contribué à redonner ses lettres de noblesse au SMUC, qui était un « géant endormi » lorsque je suis arrivé en tant que directeur sportif au club en 1998 ! Notre équipe fanion était alors en 1ère Division de District, elle est aujourd’hui en DHR, finaliste de la Coupe de Provence 2017 et encore qualifiée au 6ème tour de la Coupe de France. Avec 35 équipes et plus de 650 licenciés la saison dernière, nous faisons partie des plus importants clubs de la Ligue en nombre d’adhérents. Je pense que nous faisons désormais parti des bons clubs du District de Provence en Seniors et U19.

Notre Ecole de football fait aussi du très bon travail dont nous allons bientôt récolter les fruits. L’obtention du Label Club et la signature du partenariat avec l’OM en juin dernier, viennent récompenser le travail sérieux effectué par nos éducateurs depuis de nombreuses années. Nous sommes même obligés de limiter nos effectifs à l’Ecole de foot et de refuser plusieurs dizaines d’enfants chaque années…Nous devons même être une des rares équipes de la Ligue à avoir 3 équipes en U19 ! Nous devons néanmoins faire mieux en U15 et U17, c’est notre chantier prioritaire pour les années à venir.

Quel est votre plus vieux souvenir de foot ?

C’est lors de ma première année de foot en Débutants. Nous avions perdu en ½ finale d’un tournoi aux penalties, et j’avais tiré le mien sur la barre, ce qui nous avait éliminé. Ça remonte à plus de 35 ans, mais je m’en rappelle comme si c’était hier !

Êtes-vous superstitieux en football ? Emmenez-vous avec vous un porte bonheur sur le terrain ou un rituel avant chaque match ?

Alors là oui, je suis très superstitieux ! Par exemple, en 2012, nous étions à la lutte avec Gignac pour la montée en DHR avec mes U19 Excellence du SMUC. Entre le match allé perdu 2-1 chez eux en Novembre, et le match retour chez nous en Avril, nous avions réalisé une série formidable de 9 victoires consécutives, ce qui nous maintenait au contact avec eux pour le titre. Au début de notre série victorieuse, nous rentrions dans l’hiver, et je mettais un bonnet du Milan AC dont j’étais fan pour me protéger du froid. Et tant que nous enchainions les victoires, je continuais à le mettre à chaque match, jusqu’au fameux match retour du mois d’Avril-Mai, où j’avais bien chaud sous mon bonnet. Mes joueurs me prenaient pour un fou…

Complétez la phrase. Ce que je ne veux surtout pas voir sur un terrain de foot, c’est…

… Des joueurs qui se comportent mal, qui jouent aux voyous, que ce soit avec les adversaires, les arbitres ou leurs partenaires. Je ne le supporte pas, et je n’hésite pas à les sanctionner si ce sont mes joueurs ! Il y a quelques années, un de mes joueurs avait pris 4 matchs de suspension pour avoir mis un coup de poing à un adversaire en plein match, je lui ai rajouté 4 matchs de suspension en plus ! Lorsqu’il à remis le pied sur un terrain, il n’a plus jamais recommencé… Les éducateurs, surtout chez les jeunes doivent appliquer la tolérance zéro avec leurs joueurs ayant un mauvais état d’esprit, car ce sont eux les garants du bon déroulement des matchs, en tant que responsable des joueurs qu’ils alignent ! Malheureusement, certains coachs cautionnent ces comportements et s’en servent pour mettre la pression sur les adversaires et gagner les matchs, à n’importe quel prix… Heureusement, ces comportements sont aujourd’hui de plus en plus rares, avec l’obligation qui est faite d’avoir maintenant un éducateur formé pour encadrer chaque équipe !

Vous avez budget illimité. Quel joueur recrutez vous en Amateur et en Professionnel ?

En professionnel, je recruterai sans hésiter Neymar. C’est le meilleur joueur du monde pour les 10 prochaines années… J’envie les supporters parisiens qui l’ont maintenant dans leur équipe ! Son arrivée en France met en tous cas un gros coup de projecteur sur la Ligue 1, et rend maintenant notre championnat intéressant et attractif pour d’autres bons joueurs, ce qui permet aux clubs Français de gagner en compétitivité au niveau Européen.

Chez les amateurs, les résultats doivent provenir de la cohésion, du jeu collectif et de l’esprit d’équipe. Au SMUC, nous n’avons pas de « vedette », car nous n’avons pas les moyens de nous en payer, mais aussi car nous ne voulons pas tomber dans le piège de recruter des joueurs qui viennent jouer chez nous uniquement pour l’argent. Nous avons refusé des joueurs côtés qui voulaient venir chez nous, mais qui voulaient « monnayer » leur venue. L’état d’esprit du joueur est ce que nous regardons en premier. Après, quand nous pouvons aider les joueurs méritants, que ce soit au niveau scolaire ou autre, nous faisons notre possible. En tous cas, cette politique de recrutement non onéreuse ne nous empêche pas d’être compétitif et d’accrocher des équipes aux moyens largement supérieurs aux notre…Si nous devons « faire l’effort », autant le faire sur un coach qui saura faire progresser ses joueurs par la qualité et l’efficacité de son travail.

Quelle est votre plus grosse honte en football ?

Ma plus grosse honte remonte à 5-6 ans, en ½ finale du tournoi de la Ciotat en U13. J’étais sur le bord du terrain avec le coach de l’équipe en tant que dirigeant et nous affrontions Mazargues dans un derby engagé pour une place en finale. Alors que nous nous dirigions vers les penalties, nous marquons à la dernière seconde. J’explose de joie, et en courant vers le coach, je marche dans un trou (le stade Bouissou était en pelouse à l’époque) et je me rétame au sol devant la tribune qui était pleine, en me faisant limite une entorse de la cheville… Le pire c’est qu’un parent de chez nous filmait le match… Lorsqu’il m’a donné la carte mémoire du caméscope, j’ai pris soin de tout effacer pour éviter que des personnes mal intentionnées ne mettent ça sur les réseaux sociaux (rires). Le dernier exemplaire est sur mon ordinateur, et je me repasse de temps en temps la scène pour bien rigoler.

Quel est pour vous le meilleur joueur de l’OM dans l’effectif de cette saison ? Et le pire ? Pourquoi ?

Pour trouver le meilleur, c’est difficile car personne ne sort vraiment du lot… Je dirai néanmoins Mandanda pour l’ensemble de son œuvre avec l’OM et son super état d’esprit. Sur les 30 dernières saisons, je dirais sans hésiter « Magic Chris Waddle ». Lui faisait vraiment vibrer le Vélodrome. J’étais un fan et je m’étais fait la même coupe de cheveux que lui (horrible d’ailleurs quand je me revois en photo de l’époque : à la brosse, rasé sur les cotés et long derrière).

En ce qui concerne le pire, je dirai Patrice Evra, qui finit son immense carrière de piètre manière… Il faut savoir dire stop à un moment donné quand les jambes ne suivent plus…

Dans le monde du football amateur, quelle est la personne hors de votre club (coach, joueur ou président) que vous appréciez le plus ? Pourquoi ?

J’aime bien Dédé Fabre le Président de Bonneveine. C’est un peu mon mentor (rire). C’est lui qui m’a appris le métier ! J’ai beaucoup d’estime pour lui et j’ai énormément appris lors de mes 2 années passées avec lui au SCMB qui était il y a 20 ans de ça le meilleur club amateur Marseillais. On s’appelle souvent au téléphone pour parler de l’actualité footballistique Marseillaise (rires). Je garde aussi un très bon souvenir des 3 années passées au SMUC par Eddy Cardillo. Il nous a fait franchir un pallier par sa rigueur et son esprit de compétiteur. Il sera sans aucun doute un des grands coachs des années à venir ! Bruno Sardi qui vient d’arriver cette année est le coach idéal pour lui succéder et continuer à nous faire progresser.

Avez vous déjà appris à vos joueurs à simuler une faute ? Pourquoi ?

Nous, je ne leur apprends pas à simuler les fautes, par contre je leur demande de débouler à fond dans la surface adverse, soit pour éliminer les défenseurs, soit pour obtenir des fautes… Il m’arrive parfois de les engueuler lorsqu’ils font tout pour tenir sur leurs jambes alors qu’ils se font bousculer dans la surface (rires).

Complétez cette phrase. Actufoot, c’est…

… L’outil de communication idéal pour se tenir informé de l’actualité locale concernant le foot amateur ! Je consulte le site plusieurs fois par jour sur mon téléphone afin d’être au courant de ce qu’il se passe dans la région. On ne pourrait plus s’en passer maintenant, c’est mieux que L’Equipe et France Football réunis (rires). Longue vie à Actufoot et merci de l’intérêt que vous portez au football amateur Provençal.