InterviewDécalée

L’interview décalée de… Sabri Staali

15/02/2019 à 15:36

Sabri Staali, entraîneur des Féminines de l'AC Arles, a accepté de jouer le jeu de l'interview décalée. De quoi mieux connaître le personnage !

Sabri, quel est votre plus vieux souvenir de foot ?

Il y a un souvenir qui me marque pas mal, c’est ce fameux match entre Liverpool et le Milan AC en 2005-2006. Il y avait 3-0 à la mi-temps pour les italiens en finale de Ligue des Champions. On avait fait des paris avec des collègues et on avait annoncé ce qui allait se passer. Certains pensaient que Liverpool allait revenir au score mais d’autres collègues étaient persuadés que c’était un pari complètement fou. C’est un de mes souvenirs les plus récents, j’en ai d’autres mais qui vont beaucoup plus loin dans le temps… comme à l’époque de la Coupe du Monde 86, et le but de Socrates avec le Brésil.

Quelle est votre plus grande fierté d’entraîneur de foot ?

Olala… ça va faire prétentieux tout ça. Je dirai que c’est de voir la réussite des joueurs que j’ai eu entre les mains, qui ont joué au haut niveau. Des gamins qui ont pris un peu les conseils qu’on leur a donné, pour le choix de leur poste par exemple. On éprouve alors pas mal de satisfaction, très souvent chez les jeunes (U19), quand on les voit progresser. J’ai eu Ali Ahamada dans un cadre challenge sportif national à Quimper en 2009, courant mois de mars. Le voir partir à Toulouse en juin m’a rempli de fierté. D’un point de vue personnel, ma plus grande fierté reste mon voyage au Brésil et ma curiosité d’apprendre à l’étranger afin de voir d’autres méthodologies et d’autres façons de former, complémentaires avec ce qu’on apprend en France. A la recherche d’académies, accessibles financièrement qui plus est (Rires), je suis passé par Sao Paulo ou encore la Floride avant d’atterrir en 2013 dans le village d’Edmilson, à Taquaritinga, où était implantée une antenne de l’académie. J’ai fait une session de quinze jours là-bas, ce qui m’a beaucoup apporté.

Quelle est la plus grosse difficulté à entraîner des féminines ?

Il existe des particularités dans toutes les catégories. J’ai toujours côtoyé le foot féminin, et je pense qu’il est très important qu’elles aient les même moyens que les garçons, notamment dans la formation. Elles apprennent plus vite, sont beaucoup plus rigoureuses, consciencieuses et c’est avec fierté et satisfaction que je dirige le groupe de l’AC Arles. On ne cherche pas forcément le résultat mais on a un réel souhait qu’elles progressent et s’épanouissent dans la pratique du foot. Cette satisfaction est le résultat de la rigueur et de la discipline dont elles font preuve. Il est vrai qu’il y a des moments où « ça chahute », mais leur marge de progression va à une allure très impressionnante. Aussi, elles ont sans doute moins de prétention. Elles sont davantage déterminées, ne manquent pas un entraînement : qu’ils pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, elles seront toujours présentes. La grosse particularité, c’est que ce sont des pipelettes, on ne peut pas leur enlever. Pour finir, j’ai embrassé le projet de l’AC Arles car il y a un réel projet de féminisation du football, très intéressant et d’envergure. (Rires)

Êtes-vous superstitieux ? Avez-vous un rituel avant chaque match ?

On a tous un peu nos habitudes et nos « rituels ». On ne s’en rend même plus compte, on ne se pose plus la question de ce qu’on fait à certains moments. Ces rituels sont aussi un moyen de penser à autre chose.

Sabri Staali arbitre, ça donne quoi ?

Je pense que ce serait la dictature (Rires), car je suis très exigeant avec la rigueur, sachant que pour moi l’arbitre ne doit jamais être contesté, même si je conteste quand même. Je reste quand même modéré dans mes interventions car je pense qu’il faut se contenir un maximum sur un terrain pour éviter d’aller dans les excès. L’arbitre prend ses décisions, fait des erreurs, comme pour n’importe quel joueur. Me le dire permet de relativiser quand je râle. C’est aussi une mesure du respect de chacun, arbitre ou joueur. Je n’ai jamais été irrespectueux sur un terrain et je pense qu’en tant qu’arbitre, je serai peut-être un peu sévère parce que j’aime bien jouer au ballon. Quelque fois, on joue 60 minutes sur 90 et j’ai horreur de ça.

Pour vous, quel est le meilleur entraîneur du 13 en amateur ?

J’en ai côtoyé quelques-uns pour lesquels j’ai beaucoup de sympathie. Il y a Bruno Lacoste, le coach de Carnoux, que je trouve très studieux et Éric Rech, l’entraîneur d’Aubagne. Ils sont en haut du classement, ce n’est pas anodin je pense… Avec n’importe quel joueur, ils sont capables de faire de bons résultats.

Quel est le meilleur joueur que vous avez entrainé ?

J’ai souvenir d’un jeune marocain, mineur isolé étranger au départ. Il s’appelait Otman Samali et c’était un avant-centre hors-pair (U17 international au Maroc) que j’avais repéré au cours d’un tournoi international à Avignon. Il avait eu l’idée de s’enfuir de son pays afin de s’échapper de la misère qu’il vivait là-bas. Il est venu jouer en France à Marseille. Il a dû arrêter, parce qu’il était dans des clubs qui ne le tirait pas vraiment vers le haut. Il a notamment évolué au 1er canton, mais il arrête après être passé en senior, pour pouvoir se consacrer à son travail et subvenir à ses besoins.

Quel est votre club de cœur ? Pourquoi ?

Liverpool et ça l’a toujours été. J’étais très jeune quand j’ai commencé à supporter le club. J’ai toujours apprécié le jeu à « l’anglaise », rapide vers l’avant, ce fameux « kick and rush ». Il y a une vitesse et une percussion dans le jeu qu’on retrouve vraiment quand au regard du championnat, et notamment aujourd’hui avec l’équipe en place.

Qu’est-ce qui vous met le plus en colère dans le foot amateur ?

Je pense qu’on doit privilégier, surtout dans les catégories inférieures, une mise en avant de l’épanouissement et l’amour du jeu. Les résultats, on s’en fout un peu. J’essaye de ne pas inculquer la culture du résultat à mes joueurs. Ce qui est agréable, c’est de croiser des équipes très fair-play, qui nous ont battu en étant supérieures, mais qui ont eu un comportement top. Parfois, on a affronté des équipes qui jouent la Ligue des Champions avant l’heure… Je dirai que ce sont des comportements calculateurs qui sont insupportables. Il y a une nécessité d’inculquer le fair-play et de garder de la sympathie.

Complétez la phrase. Actufoot, c’est…

Un excellent moyen d’être au courant en temps réel de l’actualité du football dans son département.