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Mohamed Sadani « Il n’y a pas de résultat au foot sans aventure humaine »

30/04/2018 à 18:39

Mohamed Sadani, entraîneur du FC Côte Bleue, s'exprime sur la montée en N3, sur la philosophie du club et sur l'éviction du Istres FC des entraîneurs Mathias Lozano et Patrick Videira.

Momo, qu’est-ce qu’on ressent après avoir remporté ce titre de champion ?

On recompose un groupe et on est champion face à l’ogre istréen. J’étais content bien sûr car c’est l’accomplissement d’une saison aboutie. On a refait la conception d’un groupe à 90% en y intégrant 7 ou 8 joueurs du club nés en 98. Il y avait beaucoup de jeunes issus du FCCB qui ont joué dans cette équipe toute la saison. La mayonnaise a pris ! On a mis du temps mais dans la chronologie ça s’est développé comme je le pensais. Ça a mis quelques mois pour se mettre en place, puis, sur cette 2e partie de saison, on a joué un football très intéressant avec beaucoup de technique et un jeu porté vers l’avant.

Qu’est-ce qui a fait la différence cette saison ?

Le choix des joueurs ! Il y a le travail du staff bien sûr mais surtout on ne s’est pas trompé sur les joueurs qu’on a pris. J’ai choisi des footballeurs expérimentés de mon réseau qui nous ont apporté une plus-value énorme. Cela a permis aux jeunes de progresser à leurs côtés.

C’est quoi la philosophie de cette équipe de Côte Bleue ?

On voulait surtout monter un groupe qui vit très bien ensemble avec un bon état d’esprit et les valeurs du club, du président et du staff : des valeurs de bien-vivre ensemble et de respect. Avant de prendre un joueur, je prends une personne, un homme et le choix des hommes s’est avéré être le bon. Bencharif, Boinhairi, Bouzine, Obega, Amara, Abou Deraa, Nehari, Issimaila… Tous ces trentenaires ont encadré les jeunes. Il y a aussi la confiance que le président Celdran m’a attribué. Quand on met en place un projet, il part du président qui définit les objectifs et qui fait confiance en une personne, moi en l’occurrence, pour qu’il constitue un staff. C’est ça qui a permis le titre de champion et l’accès en N3. C’est un binôme entre lui et moi. C’est grâce à la confiance qu’il m’attribue et que je lui rends. En 2 ans, il a réussi a ramener ce titre de champion de R1, j’en connais qui en 20 ans n’y arrivent toujours pas…

Avec vous à la tête d’une équipe, c’est toujours un succès…

C’est la 3e fois que je suis champion de R1. Sur les 7 dernières années je suis passé de la DH à la CFA2 avec La Penne sur Huveaune, de la DH à la CFA avec Toulon (avec un titre de champion de R1 et de CFA2) et depuis Novembre avec Côte Bleue, je gagne un titre de champion de R1. C’est magnifique pour un entraîneur d’équipe amateur ou semi-pro. Ça fait plaisir mais ça ne reste que du foot !

Quel est l’objectif pour la saison prochaine ?

Ce sera de constituer un groupe qui a un bon état d’esprit avec de la qualité. On va s’appuyer sur les jeunes pour leur laisser la possibilité de s’exprimer et de progresser. L’objectif sera de tenir la route en N3.

Allez-vous recruter ?

Le premier recrutement, on va le faire chez nous. 95 % de l’équipe va être gardée.

Avez-vous des personnes à remercier ?

Je remercie mon staff qui a fait le boulot avec moi. Je remercie aussi et surtout les joueurs car il n’y a pas de résultat sans les joueurs. Je remercie le président. Et enfin, je remercie ma famille, ma femme et mes trois garçons… Ça fait 20 ans que j’entraîne en seniors et c’est beaucoup de sacrifices…

Comment vous sentez-vous au FCCB ?

Je me sens bien car mon président est dans le fonctionnement que j’apprécie. C’est un binôme entre lui et moi et nous dirigeons tout ça. On travaille sur une relation de confiance, c’est notre point fort. Il n’y a pas de résultat au foot s’il n y a pas d’aventure humaine. Regardez Endoume, ils ont beaucoup moins de moyens que Bastia et Cannes et pourtant ils montent. Au début de saison si on me dit tu termines 2e derrière Istres j’aurais été heureux… Là, on termine largement devant eux, c’est exceptionnel ! Cela montre qu’avec l’état d’esprit et la mentalité tu peux faire beaucoup de choses.

Un mot sur vos principaux adversaires cette saison ?

C’est la R1, je suis expérimenté à ce niveau. C’est une poule qui était homogène. On a fait la différence par l’ambition et le jeu. C’est peut être prétentieux ce que je vais dire mais je pense que c’est mérité. On a eu du mal sur certains matchs mais on est monté par le jeu ! C’est rare de monter et de bien jouer, très rare… et cette année on a beaucoup fait le jeu.

Comment avez-vous trouvé votre principal concurrent Istres ?

On a fait le championnat en tête mais c’est une bonne équipe. On se retrouvera en National 3 ! Ils auront beaucoup plus d’ambition que nous car ils cherchent à retrouver le très haut niveau très vite. Nous, on essaiera de rester dans la continuité en faisant confiance aux jeunes et joueurs qui ont eu le bon état d’esprit cette saison.

Que pensez-vous de l’éviction de Mathias Lozano et de Patrick Videira par le Istres FC ?

C’est le football ! Il y a des nouveaux investisseurs qui sont arrivés et c’est malheureusement comme ça… Il n’y a pas de reconnaissance dans le foot. Videira est un très bon éducateur de jeunes et Lozano entraîne maintenant depuis quelques temps… Moi, je suis le plus ancien des entraîneurs et en 20 ans je n’ai fait que 3 clubs. Certains entraînent depuis 7 ans et ont déjà fait plus de clubs que moi… Bref, il faut l’accepter c’est comme ça ! Les nouveaux investisseurs mettent de l’argent et ils veulent donc mettre leur propres hommes. La société et le foot, c’est la même chose, il n’y a pas de justice ! Qu’ils soient virés ou pas, cela n’enlèvera pas le travail qu’ils ont fait et leur 2 montées en 2 ans. Ce qu’ils ont fait au sein de ce club est très bien.

Quel sera le mot de la fin ?

Un entraîneur n’existe pas sans ses joueurs. Par contre, un entraîneur doit savoir choisir ses joueurs.

Crédit photo : Céline Japavaire