Interview exclusive

Mourad Boudjellal : « Je vais m’investir dans le foot amateur »

09/12/2020 à 19:55

Actufoot.com a testé la culture foot de Mourad Boudjellal dans un entretien où Maradona, Cruyff, les Verts de Jean-Michel Larqué, ou encore Jean-Michel Aulas, font bon ménage.

Mourad Boudjellal a fait une entrée médiatique très remarquée dans le football cette année. De sorties fracassantes en polémiques, on n’en savait peu sur son attrait de la chose footballistique. Nous l’avons donc sollicité pour parler ballon rond et il a répondu à notre invitation. L’ancien président du Rugby Club Toulonnais possède une belle culture du football, il l’a partagée avec entrain. Il en a aussi profité pour nous donner un petit scoop.

Mourad Boudjellal, quel est le dernier match de football que vous avez regardé ?

Le dernier match de football que j’ai vu, c’est à la télévision et cela doit être le match de Marseille contre les Grecs. Cette victoire contre l’Olympiakos qui sauve un peu la campagne européenne de l’OM… Cela sera difficile quand même parce que quand on va à Manchester ce n’est jamais une bonne nouvelle. Ils finissent par le plus dur. J’avais un entraîneur à qui je disais par moment qu’aller jouer à Oyonnax « ce ne sera pas facile ». Il me disait « oui, mais ce sera moins dur qu’à Toulouse ».

Les joueurs savent parfois se transcender dans l’adversité. Du coup faisons un petit parallèle avec la superbe prestation du XV de France ce dimanche contre l’Angleterre…

J’ai vu le match et comment dire, je pense que c’est un acte fondateur. C’est clair que sur ce match ils sont champions du monde de l’investissement. Ce que ces gamins ont donné, c’est juste énorme, incroyable. Peut-être que si cela avait été face à l’Italie le contenu n’aurait pas été le même… Il n’aurait sûrement pas été le même, mais ce que je dis depuis quelques temps c’est que les gens ne se rendent pas compte qu’on a aujourd’hui une génération au rugby qui peut marcher sur le monde. Le problème de Galthié pour 2023 ce n’est pas de choisir l’équipe de France, c’est de choisir les joueurs qui vont être champions du monde. Personne ne s’en rend compte, mais on est au-dessus de tout le monde. Et encore, il y a des jeunes qui arrivent et qui dans deux ans seront moins jeunes…

« Si on devait béatifier les sportifs, Maradona serait un saint comme Mohamed Ali, comme Eddy Merckx »Mourad Boudjellal

Puisque l’on parle de rugby et de football, on ne peut occulter les disparitions récentes de Christophe Dominici et Diego Maradona, qui en étaient deux formidables représentants…

Surtout Dominici. 48 ans, plein de vie. Je l’avais vu il n’y a pas très longtemps c’était un cheval de course fougueux, c’est totalement impensable… Maradona, c’est un truc qui s’en va, c’est la mondialisation, c’est Manu Tchao, la Mano Negra… Quelque chose de fou.

Vous êtes né la même année que lui…

Oui je sais, mais bon je n’ai peut-être pas consommé la vie de la même façon, c’est peut être ça qui me préserve encore. Parce que lui il a consommé la vie par les deux bouts. C’est aussi ce qui fait partie de sa légende. Quand on a vécu ce qu’il a vécu… Peut-être que j’aurais fait pire à sa place. Je ne juge pas les gens, mais ce mec-là avait un truc que les autres n’ont pas, il avait un truc en plus.

Il a d’ailleurs reçu un hommage planétaire, un peu à l’image de Michael Jackson en 2009…

Maradona ça veut dire football point barre. Il est devenu synonyme de football. Le sport a cette qualité pour écrire des histoires et créer des champions qui ne sont quasiment pas humains. Il y a eu Mohamed Ali, Maradona est de cette trempe. Si on devait béatifier les sportifs, Maradona serait un saint comme Mohamed Ali, comme Eddy Merckx. Des mecs qui étaient en avance sur leur temps.

Maradona aurait-il fait un bon demi de mêlée selon vous ?

Je pense que quel que soit le sport qu’il aurait fait, il aurait été bon. Ce mec-là était habité par ce qu’il faisait. Vous savez, on avait organisé un match caritatif France 98 contre le RCT quand j’étais au club. Il y avait Deschamps et Zidane et en deuxième mi-temps on avait fait un match de “touché rugby”. Je peux vous dire que Deschamps et Zidane, même avec un ballon ovale dans les mains à la place du ballon rond dans les pieds, ils ont la même vision du terrain. Là où il y avait un espace, un trou, ils le voyaient. Ils ont une vision panoramique incroyable, ils ont un truc en plus. Ils voient même derrière eux ! Au bout d’un moment, c’est de l’intuition, ils sentent les choses, c’est ce que l’on appelle des phénomènes.

« Je dirais que Maradona c’est un poil au-dessus de Johan Cruyff mais c’était un génie et un très très grand entraîneur. »Mourad Boudjellal

Et vous quel était le phénomène « football » de votre enfance ?

Moi c’est l’Ajax d’Amsterdam, c’est Johan Cruyff ! Quand l’Ajax arrivait c’était un football rock’n roll. L’Ajax c’était les Beatles ! Et puis c’était un football totalement différent, on attaque et on défend à onze, le football total. Cette équipe avec son truc rouge sur le maillot blanc marchait sur tout le monde. Avec des joueurs comme Neeskens, Haan, les frères Mürhen, Rensenbrink, Cruyff ou encore Johnny Rep, c’était une équipe incroyable qui a d’ailleurs remporté trois coupes d’Europe de suite de 1971 à 1973.

On parlait de Maradona, Cruyff entre dans la même catégorie non ?

Je dirais que Maradona c’est un poil au-dessus, avec la mondialisation du football qu’il a générée et tout ce qui a été fait derrière son personnage. Il y a une dimension sociale supérieure. Mais Johan Cruyff était un génie et il a aussi réussi à être un très très grand entraîneur.

Vous avez joué au football dans votre jeunesse ?

Oui, j’étais gardien de but à Toulon dans une équipe scolaire, puis j’ai été surclassé, on a pris cinq buts et ils étaient tous pour moi. On m’a conseillé d’arrêter et c’est ce que j’ai fait.

Vous aviez quel âge ?

Une quinzaine d’années environ. Dans ma catégorie j’étais pas mal, mais dans la catégorie du dessus j’avais été catastrophique. J’avais pris un but au tout début, puis j’avais perdu la confiance ensuite. Du coup j’ai arrêté.

À cette époque vous suivez donc l’Ajax d’Amsterdam, mais pas avec la même couverture télévisuelle qu’aujourd’hui…

Ah oui c’était un autre monde. À la TV on ne voyait que les clubs français en Coupe d’Europe, puis parfois les résumés d’autres matchs. On voyait juste les finales et des fois on voyait des demi-finales… Je me souviens qu’en 1971 l’OM avait défié l’Ajax en 8e de finale de la C1. Marseille avait perdu 2-1 au Vélodrome au match aller, mais avait ouvert le score au match retour à Amsterdam. On y avait cru un petit peu, puis Cruyff avait égalisé et l’Ajax avait finalement gagné 4-1. À cette époque il y a aussi une équipe que j’ai adorée, mais uniquement parce qu’ils avaient un super maillot, c’était Leeds United.

Johan Cruyff – 20.10.1971 – Marseille / Ajax Amsterdam – 8emeFinale Coupe d’Europe des Clubs Champions – (Photo : Icon Sport)

Et aujourd’hui quelle équipe vous impressionne le plus ?

Aujourd’hui je suis comme tout le monde et j’aime bien Liverpool. Quand il y a Paul Mc Cartney et Mick Jagger dans les tribunes, on ne peut qu’être supporter de ce club !

Adolescent dans les années 70, avez-vous échappé au phénomène des Verts de l’AS Saint-Etienne ?

Certainement pas ! Je me rappelle d’un but de Jean-Michel Larqué en finale de la Coupe de France qui était extraordinaire. Comme tout le monde j’ai vécu l’épopée des Verts avec passion. Les matchs légendaires contre Split ou Kiev, la finale de Glasgow en 1976… Je peux vous citer presque toute l’équipe qui a joué la finale : Curkovic, Janvion, Repellini, Piazza, Lopez, Santini, Larqué, Revelli, Rocheteau… « Qui c’est les plus forts, évidement c’est les Verts », on ne pouvait pas y échapper ! J’ai été marqué par les poteaux carrés, par le but de Bathenay contre Liverpool, où l’on croit qu’ils vont se qualifier avant de se faire reprendre… Saint-Etienne, c’est la première fois qu’un club français gagnait en Europe.

Sauf qu’ils n’ont pas gagné au final…

Oui, mais déjà aller en finale c’était gagner à une époque où les clubs français s’arrêtaient en 8es de finale. C’était très rare ! Après il y a eu l’épopée de Bastia, une équipe magique avec Larios Lacuesta, Papi et encore Johnny Rep. Un joueur dont Mickey 3D a fait une chanson rien que ça !

Herve REVELLI – 17.03.1976 – Saint Etienne / Dinamo Kiev – Coupe d’Europe des Clubs Champions (Photo : Icon Sport)

Si vous avez succombé aux « Verts » en 1976, on imagine que vous en avez fait tout autant en 1993 avec l’OM…

Forcément, évidemment, le Marseille de Tapie ! Lui il l’a gagné cette C1. Je me rappelle quand Boli a marqué, c’était fou. Je pense que ce jour-là on a aussi gagné la Coupe du Monde 98. C’est parti de là. Ça a donné au football français cette culture de la gagne que l’on n’avait pas avant ce 26 mai 1993.

Pour rester sur 1998, chaque français se souvient où il était ce fameux 12 juillet. Et vous ?

J’étais à Miami, au Fontainebleau Hotel et ils avaient mis un écran géant dans un salon. Il n’y avait que des Brésiliens ! J’étais le seul français et j’ai vécu ça dans ce contexte très particulier. Puis quand il y a eu la remise de la coupe, les Brésiliens m’ont laissé la place devant l’écran en me disant “c’est ton moment”. J’ai trouvé ça très fair-play même s’il y en a un qui m’a quand même rappelé de pas trop faire le malin, car eux ils avaient déjà quatre étoiles sur leur maillot à cette époque.

« Une chose que j’ai continué à faire toutes ces années c’est de toujours regarder le score du RC Lens »Mourad Boudjellal

Pendant vos années d’investissement intensif au RCT avez-vous continué à suivre le football ?

Non j’en étais plus éloigné parce que j’étais totalement pris dans le rugby. À une époque le Sporting Club de Toulon était monté en National et je regardais certains de leurs matchs sur YouTube. Comme beaucoup j’ai aussi suivi l’évolution du PSG, car ils ont réveillé la Ligue 1… Par contre une chose que j’ai continué à faire toutes ces années c’est de toujours regarder le score du RC Lens.

Pourquoi Lens ?

Parce que c’est une club qui a une âme. C’est un club qui a une souffrance quand il perd et une véritable joie quand il gagne. Les joueurs de Lens savent que ce qu’ils vont faire va marquer un territoire. Je n’ai jamais été à Bollaert mais même à la télévision on voit bien que c’est fort émotionnellement. Même si on n’aime pas Pierre Bachelet c’est fort parce que c’est un club authentique. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on ne peut pas lui enlever cela. C’est un peu ce que j’ai trouvé à Toulon. Quand j’entendais les « Toulon, Toulon, Toulon », je l’entendais la souffrance qu’il y avait derrière. D’autres ne l’entendaient pas, moi l’un de mes objectifs était que cette souffrance se transforme en joie, voire en fierté surtout, et ça je pense y être arrivé. Le « Toulon, Toulon » ça veut dire “on veut rêver, on en a marre, on veut sortir de là, est-ce qu’on reviendra un jour”.

L’épopée du SC Toulon dans les années 80 vous l’avez vécu comment à l’époque ?

Le jour de la montée je repeignais ma chambre d’étudiant à Toulon et j’écoutais le match à la radio sur RMC. Mais j’ai surtout suivi le Sporting en Ligue 2. Chaque année on espérait qu’ils montent, chaque année ils démarraient bien, mais après ils n’avançaient plus. Je me souviens de joueurs incroyables Pedini, l’anglais Richard Poole, le brésilien Paulo Mata, je suis sûr qu’il y a plein d’anciens du Sporting qui ont oublié ces joueurs. Après j’ai bien sûr suivi l’époque des Courbis, Onnis, Paganelli, Emon, Dalger…

Toulon 1983-84. Debout : Duval (entraîneur), Beringuier, Vizcaino, Alfano, Dib, Benedet, Neubert, Perlin, Courbis, Emon, Marc Duval, Riberi, Marc Duval (Division 3). Accroupis : Pesce, Verstraete, Boissier, Paganelli, Col, Dalger, Chaussin, N’Kouka, Onnis. (Photo : Panini)

L’âge d’or du football toulonnais…

Je me souviens avoir vu un match au Vélodrome que Toulon avait gagné 4-3. Et le dernier match de Toulon que j’ai vu à Mayol c’était contre Nantes. Si Toulon gagnait on allait en UEFA, mais on a perdu 2-1 cotre Nantes alors que Nantes jouait à dix. J’ai aussi un grand souvenir d’un Sanary – Saint-Etienne en Coupe de France au début des années 80. J’étais allé voir ce match, c’était l’équipe avec Michel Platini quand même. Platini, je l’avais d’ailleurs vu jouer en D2 quelques années auparavant contre Toulon. Je me souviens du speaker annonçant l’entrée du numéro 12, Platini Michel. On connaît la suite, mais ça se voyait qu’il était pas mal.

Quel regard portez-vous sur le football actuel ?

Je regarde surtout le foot anglais car je trouve qu’il y a une dimension spectacle que l’on ne voit pas en Ligue 1. On voit des actions dans le foot anglais qu’on ne voit pas ailleurs. Et puis ils savent super bien packager leurs équipes. Les maillots sont superbes, le jeu spectaculaire. En fait les anglais ont compris plus que nous que la dimension « entertainment » du sport de haut niveau est très importante. Pour eux le foot est un spectacle. Chez nous, c’est juste de la compétition.

Est-ce que ce n’est pas en train d’évoluer justement ?

Il faudrait. Chez nous, on pense que les gens viennent au stade uniquement pour le score. Mais pour moi le sport est un spectacle. Le score en fait partie, mais pas que. Tout en faisant attention à ce que la dimension spectacle ne gène jamais cette dimension dramaturgique qui est exclusive au sport, on doit faire briller les yeux du public.

Malgré tout les dirigeants sanctionnent plus facilement un entraîneur qui a de mauvais résultats plutôt qu’un entraîneur qui ne développe pas beaucoup de spectacle…

Les entraîneurs sont attachés aux résultats c’est sûr, mais en même temps des équipes arrivent à avoir un capitale sympathie incroyable parce qu’on sait qu’on va se régaler à les voir jouer.

« Jean-Michel Aulas mérite le respect. Je pense que cela sera plus compliqué de remplacer Aulas que beaucoup de joueurs à Lyon. »Mourad Boudjellal

Quelles sont les personnalités qui vous fascinent dans le football actuel ?

Fasciné peut-être pas, mais j’ai eu l’occasion de voir les comptes d’un club comme Lyon et Jean-Michel Aulas il est très fort. Au-delà de sa grande gueule, c’est un gestionnaire de très très haut niveau. Le club de Lyon est un exemple en terme de gestion. Il donne des leçons à beaucoup de monde. Alors c’est vrai que je l’ai chambré, parce que ça m’amuse, mais quand on voit ses résultats, quand on voit ce qu’il fait avec son club, il mérite le respect. Je pense que cela sera plus compliqué de remplacer Aulas que beaucoup de joueurs à Lyon.

Sur le plan économique, son grand succès c’est d’avoir doté le club d’un stade qui est un outil de travail magnifique…

Exactement… Vous savez, il se bat contre un état quand même. Le problème d’Aulas c’est de créer des richesses. Celui de Nasser c’est de bien dépenser l’argent, ce n’est pas pareil comme problème.

Justement vous dites que le PSG a réveillé la Ligue 1, d’autres pensent qu’il a altéré l’intérêt du championnat français en écrasant la concurrence…

Ils ont créé un nouveau challenge qui est de battre le PSG. Battre le PSG pour un club français c’est un événement dans une saison.

Vous parliez de Lens tout à l’heure, ils l’ont fait…

Oui, même si j’ai plus l’impression qu’ils ont battu le Covid Saint-Germain qu’autre chose à cette période de la saison.

La transition est toute trouvée avec cette grande nouveauté de 2020 qui consiste à jouer et donc regarder des matchs avec aucun spectateur dans les tribunes en raison de la crise sanitaire… Difficile de s’y habituer quand même…

C’est un des gros soucis car l’économie du sport a des capacités adaptatives étonnantes et je me demande si le sport ne va pas s’adapter ça. Car le sport devient un produit de consommation qui a un gros avantage sur les autres, il choisit le moment où l’on va le consommer. Le cinéma c’est nous qui choisissons si nous allons ou pas voir un film à tel ou tel moment. La notion de direct est très importante. Maintenant je conçois volontiers que l’après covid, qui n’est pas encore là d’ailleurs, est plein d’incertitudes. C’est un peu ce qui me fait peur et me fait dire que ce serait bien de démarrer dans le foot un peu plus bas et d’avoir le temps d’apprendre et d’observer.

« L’OM ? Ce n’est même pas une hypothèse, c’est un fantasme »Mourad Boudjellal

Vous avez déjà pas mal appris avec le RC Toulon tout de même. Après il est vrai que si vous démarrez à l’OM vous pouvez vite être dans le dur…

Déjà je n’y suis pas encore à l’OM. Car premièrement le club n’est pas en vente et deuxièmement s’il l’est un jour il faudrait qu’il soit vendu à nous. Donc il y a quand même deux hypothèses qui font qu’aujourd’hui on en est très très loin. Aujourd’hui McCourt n’est pas vendeur. Je pensais qu’il bluffait, mais non il ne bluffait pas. Et dans l’hypothèse où demain il le deviendrait je ne pense pas qu’on soient les seuls acheteurs potentiels. Donc pour l’instant ce n’est même pas une hypothèse, c’est un fantasme.

Vous avez fait fort quand même en matière de polémique avec l’OM cette année !

J’ai été très surpris de la plupart d’entre elles parce que mes propos ont parfois mal été interprétés, et parfois certains ont aussi écrit ce qu’ils voulaient entendre. Je suis attentif au dossier marseillais, il m’intéresse tout le monde le sait, mais cela ne m’empêche pas d’envisager autre chose.

Peut-on en savoir plus ?

Il va falloir que je me positionne sur certaines choses et après quand on est engagé, on est engagé quoi, c’est difficile de faire marche arrière. Donc j’ai des choix à faire et je vais les faire.

Nous allons donc vous rappeler bientôt alors…

Normalement oui. Si je fais le choix de m’engager. J’ai envie d’entrer dans le foot, mais j’ai envie d’apprendre aussi. Les coups sont quand même moins durs quand vous démarrez en poids mouche plutôt qu’en poids lourd quoi.

Allez-vous revenir dans l’actualité du Sporting ?

Non, Toulon c’est ma ville, c’est chez moi, et ça fait longtemps que j’y serais si une personne n’y était pas. Donc c’est un non définitif, pas à Toulon bien sûr, mais au Sporting dans sa version actuelle.

Qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui ?

J’ai passé le Covid, pour l’instant je l’ai pas eu, j’ai été confiné, et pour être franc comme beaucoup de monde j’en ai un peu marre d’être confiné. Donc je vais me positionner sur certaines choses.

Dans quel type de projet allez-vous vous investir ?

Je vais m’investir dans le monde amateur pour ne pas avoir la pression. Ça me plait bien de travailler sans pression particulière des résultats, sans me dire je veux jouer les premiers rôles. Ou alors je prends ma retraite, mais je suis encore un peu jeune et il me manque encore des années de cotisation, sans compter que je ne suis pas sûr qu’ils ne nous en rajoutent pas. Je veux m’investir dans le foot, mais je veux surtout prendre du plaisir.

Il nous reste à savoir où…

Je suis très attaché à ma région et je ne m’en éloignerai jamais. Sinon, je serais déjà parti ailleurs depuis longtemps. Mais au-dessus des Bouches-du-Rhône pour moi c’est le Nord. Mais vous le saurez très prochainement si je me lance dans cette aventure.

Même si cela reste de l’ordre du “fantasme”, pour reprendre vos mots, vous gardez tout même un œil sur l’OM ?

Marseille on verra. Il faut respecter le propriétaire qui aujourd’hui ne souhaite pas vendre. Donc oui je reste attentif mais je ne vais pas attendre une chose hypothétique. J’ai envie d’avancer. Dans le foot mais pas que. Je vais revenir dans l’édition pour voir si je sais encore faire des livres. Mais pas un dans un projet industriel. Le mot clé c’est “plaisir”.

Vous êtes un compétiteur dans l’âme. On a du mal à vous imaginer ne pas vous prendre au jeu…

J’ai choisi un endroit, une ville, où normalement il y a des rêves impossibles, donc on ne les aura pas.

Vous vous dites en passe de faire un choix, on a tout de même l’impression qu’il est déjà fait…

Je vais me consacrer à ce qui est concret plutôt qu’à ce qui est “peut-être”. L’OM depuis quelques temps, avec tout ce qui se dit, tout ce que je prends dans la tête, par moment c’est un peu toxique et je ne suis pas là pour prendre des coups. À Toulon j’ai mis ma santé en jeu, financièrement médicalement et moralement… Tout ça je n’en veux plus. Je vais faire les choses de façon raisonnable et raisonnée.

Photo : Icon Sport