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Nabil Haryouli « L’arbitrage, c’est l’école de la vie ! »

01/10/2019 à 15:32

Nabil Haryouli applique les lois du jeu depuis une dizaine d'années sur les terrains de football en tant qu'arbitre. Pour Actufoot, il revient sur son expérience personnelle et fait la promotion de sa passion.

Nabil, comment êtes-vous devenu arbitre et pourquoi avoir fait ce choix ?

J’ai commencé l’arbitrage à 15 ans sur un concours de circonstances un peu bizarre. J’ai fait un pari avec mon professeur de sport du lycée. Tout a commencé quand j’ai critiqué un arbitre après un match de l’OM. C’est à ce moment-là qu’il m’a dit : « Puisque que tu fais le malin, il y a une session de formation dans lycée. Tu n’as qu’à venir » donc je lui ai répondu : « Je le passe quand vous voulez votre test d’arbitrage« . Ainsi, je me suis inscrit à des cours dans le lycée. J’ai fait la formation puis au bout j’ai passé le test écrit et je l’ai réussi. C’est un peu comme ça, par hasard, que je suis devenu arbitre de football. C’était le district de Provence qui était venu faire la formation.

Est-ce que vous vous souvenez de votre premier match en tant qu’arbitre ?

Je me souviens de ma première désignation, je n’avais pas arbitré. Je me suis rendu sur un stade à Marseille pour un match. Mais quand je suis arrivé il y a avait un concours de pétanque. On ne m’avait pas prévenu ! Le match avait été délocalisé. A l’époque, il fallait lire les procès-verbaux  sur des classeurs. C’était un peu compliqué. Par conséquent, j’ai arbitré le week-end d’après. A partir de là, j’ai été lancé dans le bain. J’étais assez jeune. J’étais un passionné de football mais je n’avais pas vu ce sport sur cet angle. Cela m’a permis de toucher un peu d’argent et de mettre de l’essence dans ma mobylette (rires).

Comment est venue cette passion pour l’arbitrage ?

Naturellement. Au fur et à mesure des matches, je prenais de plus en plus de plaisir. En tant qu’arbitre, on nous considère un peu moins que les joueurs mais j’ai développé mon charisme et j’ai su m’imposer chaque week-end en enchaînant les matches. J’ai pris de l’expérience et je suis passé en séniors en Promotion de Première Division. Après, je suis monté en catégorie jusqu’en PHA (D1). Et là, j’effectue ma dixième année.

« C’est du rôle des éducateurs et présidents de mettre en avant les arbitres »

Est-ce que vous faites la promotion de l’arbitrage autour de vous ?

Personnellement, ce qui me faisait plaisir, c’est que je vois certains joueurs devenir arbitre. Après, honnêtement, on n’a pas le temps de faire la promotion sur les terrains. Les gens ne pensent pas à devenir directement arbitre. On doit le faire découvrir aux gens. Il faut pousser le bouchon un peu plus loin notamment dans les établissements scolaires. C’est du rôle des éducateurs et présidents de mettre en avant les arbitres car leur voix a plus de portée auprès des jeunes. Il faut le faire car on manque d’officiels. Le bouche-à-oreille, c’est aussi une solution. Actuellement, je sais qu’il y a une cellule à la fois associative et de protection des arbitres en place, ils font un excellent travail pour nous.

Vos enfants sont-ils intéressés par l’arbitrage ?

Forcément ! Mes enfants m’aident à faire mon sac. Ils touchent à mes affaires, carton rouge, sifflet, drapeau. Ils baignent dedans. Un de mes fils est partagé entre jouer au football et prendre le sifflet. Mais il est encore jeune, il fera le choix qu’il voudra plus tard.

Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’arbitre ? Est-ce qu’il y a un match qui vous a marqué ?

On a plus ou moins des bons et mauvais souvenirs. Chaque match est différent ! C’est-à-dire qu’il va y avoir des matches où cela va être intense physiquement mais cela va se finir à 0 carton car les mecs auront joué le jeu. Et d’autres rencontres où cela va très bien se passer pendant 90min et tout d’un coup tout peut dégénérer. Chaque match, je le prends avec du plaisir. J’arrive au stade avec le sourire. De nature, je suis avenant et très sociable. J’essaye de véhiculer une bonne ambiance et de faire baisser la tension. Si un arbitre arrive énervé cela va se voir sur les joueurs. Inversement, s’il arrive détendu les joueurs auront une approche différente. On partage le match avec les acteurs.

Pour terminer, que diriez-vous à un jeune qui hésite à devenir arbitre ?

Je dirais à un enfant que l’arbitrage, c’est l’école de la vie ! Grâce à l’arbitrage, je me suis affirmé en terme de caractère. Peut-être que cela m’a aussi permis de devenir l’entrepreneur que je suis aujourd’hui par mes prises de responsabilité familiales ou professionnelles. Cela me permet dans des situations compliquées de vite prendre une décision et être réactif. Ce qui se passe au foot peut se passer dans nos familles. Surtout, je dirais à un jeune arbitre de rester patient ! C’est un long processus d’apprentissage. Il ne faut pas baisser les bras. J’espère voir de plus en plus de jeunes se passionner pour l’arbitrage dans les années à venir. On a besoin d’eux.