ITWN2

Patrick Videira « Je n’ai peur de rien ! »

05/07/2018 à 17:31

Patrick Videira, ancien entraîneur du Istres FC, se livre sans filtre en exclusivité pour Actufoot. Le nouvel entraîneur de la N2 de Furiani Agliani revient sur son arrivée sur l'Ile de Beauté, son départ du FC Côte Bleue, son projet avec le club corse et sur la situation actuelle de son ancien club : le Istres FC.

Patrick, pourquoi avoir accepté ce défi avec la N2 de Furiani ?

Parce que je suis un homme de défi. C’est une nouvelle aventure pour moi ! Le président de Furiani est entré en contact avec moi et je n’ai pas hésité une seule seconde. Je me suis déplacé, on a eu un bon feeling ensemble, ça s’est passé et j’ai accepté. Je sais que c’est un gros pari qui m’attend mais toute ma vie j’ai été comme ça. Je suis un homme de défi et je n’ai peur de rien. C’est pour ça que je suis venu ici relever ce challenge !

Avez-vous rencontré votre nouveau groupe ? Qu’en pensez-vous ?

On a simplement fait une séance hier. Je ne peux donc pas dire exactement quelle est la qualité de ce groupe. Ce que je sais, c’est qu’il y a pas mal de joueurs qui sont revanchards car il y en a peu qui ont joué l’année dernière. Je vais m’attacher à obtenir un état d’esprit exemplaire de la part de tous. Je veux voir les valeurs que les corses ont, c’est-à-dire la solidarité ! Je reste confiant pour pouvoir atteindre le plus rapidement possible l’objectif du club qui est le maintien.

Que pensez-vous pouvoir apporter à Furiani ?

Je pense apporter mon sérieux et mon caractère. Comme je l’ai expliqué hier au groupe, sur un terrain en tant que joueur je n’étais pas Cristiano Ronaldo mais j’avais un état d’esprit irréprochable. Tous les entraîneurs que j’ai eu peuvent le souligner ! Bref, si on arrive à avoir une organisation bien en place, que l’on met du caractère et qu’on a le bon état d’esprit, on arrivera à renverser des montagnes. On le voit à la Coupe du Monde avec les équipes plus « faibles », avec une certaine discipline on arrive à faire des merveilles. Il va y avoir beaucoup de travail et beaucoup de sueur pendant les cinq premières semaines !

Allez-vous recruter et utiliser vos relations en Provence ?

Je pense que ce groupe a de la qualité même si j’espère encore le renforcer avec des forces supplémentaires. J’espère faire venir des joueurs de Provence que je connais mais ce n’est pas évident car Furiani est un club populaire et il n’y a pas énormément de moyens. Ce n’est pas facile car quand tu fais venir un joueur ici il faut lui trouver un logement mais je suis de nature optimiste et je garde espoir. Il faudra être plus intelligent et faire de bons coups ! Tout cela se fera par l’intermédiaire de discussions avec le club, le directeur sportif et mon staff. On travaille main dans la main pour trouver les meilleures solutions.

Afin de venir à Furiani, vous avez dû laisser derrière vous votre équipe U13 Critérium du FC Côte Bleue. Comment l’avez-vous vécu ?

C’est ce qui était le plus dur car j’ai eu le contact avec Furiani très tardivement. Ça s’est fait très récemment et donc j’ai du l’annoncer aux parents sur le tard. Ces jeunes, c’était comme mes bébés ! La plupart étaient avec moi depuis 3 ans. Il y avait un énorme attachement… C’est une super génération. L’année dernière, on a vécu une histoire fantastique avec ces gamins. On a rencontré l’OGC Nice, l’OM, le TéFécé, Guingamp, Rennes, Nantes, la Roma, la Juventus et on a eu des résultats intéressants alors qu’on était un simple club amateur. Ce fut une expérience inoubliable pour ces minots. Ce sont de supers petits qui ont énormément travaillé avec moi. Aussi, il y avait un groupe de parents fantastique. J’ai fini avec eux lundi et je suis parti mardi. On a fini sur un tournoi en Espagne. Il y a eu beaucoup de larmes, beaucoup de tristesse parce que c’était la fin d un cycle. Je remercie le club du FC Côte Bleue, le président Christophe Celdran et le Directeur Sportif Christophe Denis car ils ont toujours été derrière moi. Il m’ont aidé à pouvoir faire rêver ces jeunes. J’aimerais dire que je n’ai pas eu le choix parce qu’il fallait que je vive cette très belle aventure ici, à Furiani. C’était très dur… Je me suis posé beaucoup de questions vis à vis d’eux. Après, la vie est ainsi faite ! Je n’oublie pas les personnes qui m’ont énormément aidé sur le plan financier pour pouvoir accomplir ce que les enfants ont pu accomplir. Ils ne veulent pas que je dise leurs noms car ce sont des gens qui veulent rester dans l’ombre mais ils se reconnaitront. Ces adieux ? C’est le coté négatif de la chose, mais la vie continue et je souhaite à ces petits le meilleur du monde. J’espère qu’ils continueront à prendre énormément de plaisir. Et si certains doivent sortir, je serai le plus heureux du monde pour eux.

Vous avez fait la montée de R2 à N3 avec le Istres FC avant d’être remercié vous et Mathias Lozano en fin de saison dernière après l’arrivée de nouveaux investisseurs. Aujourd’hui, le club est au plus mal… Qu’en pensez-vous ?

J’ai tourné la page. Aujourd’hui, je suis tourné vers mon objectif numéro 1 : Furiani. Mais, j’ai beaucoup de tristesse vis-à-vis d’Istres car je pense qu’il y a vraiment tout dans ce club pour pouvoir atteindre le niveau où Istres mérite d’être. Au niveau du terrain, je pense qu’avec Mathias Lozano, on a tout fait. On ne pouvait pas mieux faire en l’espace de deux saisons pour que le club retrouve le niveau national. Après, chaque personne prendra ses responsabilités. J’ai aussi une certaine tristesse pour certains joueurs… Si on a atteint ces résultats avec Mathias, c’est grâce à eux et aussi grâce à l’ancienne direction qui nous avait laissé travailler dans la tranquillité. Je n’ai pas envie de rentrer dans les détails vis-à-vis du club mais je n’ai aucune rancœur. Je leur souhaite que du bonheur ! Et si l’année prochaine ils montent en N2, je serai le plus heureux du monde pour eux car c’est un club qui mérite de retrouver rapidement le monde pro. Dommage qu’il y ait cette instabilité au niveau du club… Je ne vois pas pourquoi aujourd’hui on en est arrivé là mais comme je l’ai dit j’ai tourné la page. J’ai pu rebondir et j’espère que tous les joueurs qui étaient avec moi rebondiront eux aussi, à Istres ou ailleurs. Pareil pour mon associé Mathias que je n’oublie pas. C’est mon pote, c’est comme un frère pour moi. Je lui souhaite tout le meilleur du monde et qu’il puisse aussi repartir sur un nouveau projet car il le mérite. Il n’a pas voulu me suivre, il a un travail. La Mairie de Sausset-les-Pins a été cool de m’accorder cette chance de partir. Pour Mathias, c’est différent.

C’était difficile de quitter les Bouches-du-Rhône ?

J’ai fait beaucoup de sacrifices pour venir ici en Corse. J’ai laissé ma femme et mes enfants, je suis seul et c’est vrai que sans ma famille c’est dur. Ma famille c’est mon équilibre, c’est tout ce que j’ai, et c’est ce que j’aime le plus au monde. Mais il n’y a rien sans rien et c’est ce que je veux aussi inculquer à mes enfants. Parfois, il faut savoir faire des sacrifices. Je ne lâcherai rien pour atteindre mes objectifs : pour le bien du club !

Crédit photo : Furiani-Agliani