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Rencontre avec… Jacques Rémy

28/04/2017 à 15:33

La Ligue 1, la Coupe de France, le F.C Martigues, le R.C Strasbourg, le Costa Rica… L'ex-joueur professionnel Jacques Rémy revient avec émotion sur tous les moments de sa carrière, sur ses regrets et sur son présent au MHSC.

Jacques, pouvez-vous nous rappeler les clubs par lesquels vous êtes passé ?

La liste est longue. J’ai commencé en amateur au FC Martigues, puis à l’AC Port de Bouc, à l’ES Fos et à Carpentras. J’ai ensuite été transféré au SM Caen où j’ai joué quelques matchs en Ligue 1. Puis, je suis revenu à Marseille où j’ai évolué à Istres, à Endoume, puis à Martigues. Ensuite, j’ai fait un tour du côté de Pau, avec qui on est monté en National. Par la suite, je suis revenu à Martigues, puis après une bonne saison, j’ai signé à Strasbourg en Ligue 1. J’ai enchaîné les saisons au GF 38, à Istres, à Rouen puis je pars deux ans au Costa Rica.

Parmi tous ces clubs, lequel vous a le plus marqué ?

Le FC Martigues m’a vraiment marqué. C’est mon club formateur et c’est là où j’ai grandi. J’ai toute ma famille qui vit à Martigues. Comme vous avez pu le voir, j’ai effectué plusieurs retours à Martigues. C’est parce que c’est mon club de cœur.

Quel est le plus beau moment de votre carrière ?

La finale de la Coupe de France remportée avec Strasbourg est le plus beau moment de ma carrière. C’est la plus prestigieuse coupe au niveau national. C’était un rêve de porter la Coupe de France devant le grand public du RC Strasbourg au Stade de France, ce fut une très grande fierté.

Quel joueur vous a le plus marqué ?

José Luis Chilavert, le gardien de but paraguayen est vraiment le joueur qui m’a le plus marqué ! C’était un gardien mais il avait une originalité hors pair. C’était un superbe gaucher. C’est lui qui tirait les coup-francs et les pénaltys, même en championnat. C’est vraiment un super mec !

Et le coach qui vous a vraiment impressionné ?

Je vais en citer deux : René Girard et Mesa Baždarević. René avait une grande rigueur et une certaine expérience que d’autres n’avaient pas. Avec lui, le courant est passé très très vite. Quant à Mesa, il ne se prenait pas la tête, il avait une grande faculté à se mettre à la place des joueurs. Il nous comprenait parfaitement.

En Ligue 1, vous avez joué avec Peguy Luyindula et Danijel Ljuboja, pouvez-nous nous en dire un peu plus sur votre complicité avec ces joueurs ?

On jouait ensemble à Strasbourg. Peguy, c’était un garçon adorable, un excellent joueur, on s’entendait bien mais on n’avait pas plus d’affinité que cela. Quant à Daniel, c’était « le yougo », il s’entendait bien avec tout le monde, mais pareil, c’était plus pour le travail. Les joueurs que j’appréciais le plus étaient Habib Beye, Bakayoko, Teddy Bertin… C’était les joueurs avec lesquels j’avais le plus d’affinité.

Comment avez-vous réussi à devenir professionnel ?

Avec de la persévérance ! Je n’étais pas un garçon réfléchi… J’ai eu une enfance plutôt chaotique. Je n’avais pas les bases et la ligne de conduite pour faire une grande carrière. Je suis devenu pro car j’aimais le football. J’étais un grand passionné. Ensuite, j’ai su tirer mon épingle du jeu.

Avez vous des regrets dans votre carrière ?

Oui, j’en ai beaucoup. Je ne peux en vouloir qu’à moi-même. Lorsque tu es convoqué en équipe nationale -18 ans, que tu rentres à 6 heures du matin après une soirée et que tu as match le lendemain, ce n’est pas compatible avec le monde professionnel du foot. Je me suis réveillé à 25 ans. C’est là où j’ai pris en considération les choses. Je pense que ma carrière aurait été différente avec un peu plus de sérieux, mais la vie en a décidé ainsi, c’est le destin. Je n’ai jamais répondu aux attentes… J’ai beaucoup de regrets.

Comment s’est passée votre aventure au Costa Rica ?

Merveilleuse et extraordinaire ! Je conseille à tous les amoureux du football d’aller au Costa Rica pour jouer ou pour de simples vacances. L’engouement du football dans ce pays est énorme. Il y a beaucoup de gens autour des stades et à l’intérieur, ça bouge beaucoup au niveau du foot. Sincèrement, au début je pensais arriver en vacances mais très vite, je me suis vite mis au travail. J’étais le premier français à avoir jouer au Costa Rica, le président avait mis les moyens, je pense avoir répondu aux exigences avec 18 buts en 32 matchs et surtout un titre de champion à 37 ans.

Que faites-vous aujourd’hui ? Vous êtes toujours dans le foot ?

Oui absolument, je m’occupe du recrutement au centre de formation du Montpellier Hérault, des U12 aux U19. C’est ma cinquième saison au sein du club. On travaille très bien et tout est huilé. En plus, la famille n’est pas très loin. Il y a bien évidemment le temps méridional qui est important, on s’attache au temps du Sud.

Un mot à rajouter Jacques ?

Je souhaite bonne chance à mon fils, qui vient d’obtenir un contrat stagiaire au MHSC. Je lui souhaite de devenir professionnel, qu’il soit sérieux afin qu’il ne reproduise pas les mêmes erreurs que moi.