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Patrick Bellot (Hillion) : « Pas envie de traîner dans le ventre mou ou jouer le maintien »

12/08/2020 à 18:03

Nouveau coach d'Hillion, Patrick Bellot s'est offert un nouveau challenge. Il a évoqué sans tabou le football actuel, ses deux dernières expériences compliquées à Ploufragan et Saint-Brandan Quintin. Et s'est remémoré les bons souvenirs du passé.

Patrick, peut-on parler d’une arrivée surprise à Hillion ?

Patrick Bellot : « Oui, ce n’était pas prévu que je reprenne. J’avais pris une année sabbatique l’année dernière pour suivre mon fils dans son sport (Martin Bellot, jeune sportif prometteur de Badminton). Cette année, les déplacements seront plus loin pour lui donc j’aurai plus de temps. On a réfléchi autour d’une table à la maison. Et le projet d’Hillion est arrivé. On verra si on peut faire quelque chose donc je suis reparti (rires).

Quel sera le projet à Hillion Saint-René ?

Il y a des jeunes joueurs du club, pétris de qualité. Il faudra sûrement mettre un coup de vis et redonner l’envie de s’entraîner et de faire les efforts ensemble (entretien réalisé avant la reprise) . On va essayer de vieillir un peu l’équipe, pour que les anciens apportent cette expérience pour pouvoir obtenir les meilleurs résultats possibles.

Vous pouvez mettre Didier Deschamps, il ne fera pas mieux que moi.

Je suis un compétiteur. Je n’ai pas envie de traîner dans le ventre mou ou jouer le maintien. Il faut que les joueurs mettent le curseur très haut. On a recruté une dizaine de joueurs. Ceux qui auront faim et se montreront, joueront. Je n’ai pas changé ma philosophie.

Quelles sont encore vos motivations ?

Je suis un gagneur, j’ai toujours envie de gagner. Le résultat du week-end doit être le résultat de toute la semaine d’entrainement. Je suis motivé, le président est motivé, les dirigeants aussi. Mais l’entraîneur, sans ses joueurs, n’est rien. Si eux n’ont pas l’envie… Vous pouvez mettre Didier Deschamps, il ne fera pas mieux que moi.

Hillion sera-t-il votre dernier défi ?

Je pense que si je n’ai pas ce que je souhaite en terme de résultats où d’investissement, oui, ça peut-être le dernier défi. Je ne retrouverais pas la mentalité des anciennes générations. Je n’aime pas vivre avec le passé mais moi je me dis que quand on signe une licence, on se doit de s’investir, on se doit d’être réglo avec les dirigeants et le maillot que l’on porte. Il faut s’investir complètement pour avoir des résultats, bons ou mauvais je ne sais pas mais au moins avoir des résultats.

 

Vous sortez de deux aventures contrastées à Ploufragan et Saint-Brandan Quintin. Comment l’expliquez vous ?

Je n’aime pas critiquer les clubs. Mais à Ploufragan, je l’ai dit aux deux présidents, le club appartenait aux joueurs. Ce sont les joueurs qui décidaient. Je leur avais dit de reprendre un peu possession de leur club. Et à Saint-Brandan Quintin, la fusion arrivait un peu à bout de souffle. La montée en R2 va sûrement faire du bien mais les avis étaient partagés entre les Quintinais et Brandanais. Il y avait des joueurs qui n’avaient pas envie de s’entraîner, après peut-être que je suis responsable ?

Il y a deux ans, vous aviez accordé une interview au quotidien Le Télégramme où vous livriez votre regard sur le football actuel. Pensez-vous que les nouvelles générations sont plus difficiles à entraîner que les anciennes ?

Oui, je reste convaincu que la nouvelle génération a trop d’offres. Aujourd’hui, ils font du foot mais demain, ils pourront faire autre chose et ainsi de suite. Je n’aime pas ce choix. Un coup, ils sont footballeurs, un coup hockeyeurs… Il faut moi aussi que je change ma manière de coacher pour que je sois plus souple et à l’écoute de ces jeunes. Ils recherchent autre chose que les joueurs que j’ai pu côtoyé il y a vingt ans.  Mais quand on est bon le vendredi ou le samedi soir, il faut être bon le dimanche aussi. La nouvelle génération oublie le dimanche après-midi. Je n’ai pu envie de prendre mon temps. Si je vois que ça part en cacahuète parce que certains s’en foutent, ce sera clair pour moi. Je ne vais pas entraîner des mecs toute la semaine et perdre mon temps pour qu’ils arrivent défoncer sur un terrain.

Vous avez un très grand palmarès . Si vous deviez citer une montée ou une coupe…

Ce serait la coupe de Bretagne avec Plaintel en 2008 quand on était en DSE. Celle-ci est belle car on bat la TA de Rennes qui monte en CFA2 à cette époque en 2008. Et on venait de vivre un jugement de la ligue de Bretagne qui nous empêchait de monter en DH  à cause d’un point de règlement avec le Stade Rennais C. C’était une belle expérience et un gros pied de nez. Elle reste mémorable dans la manière de la gagner. J’avais un groupe mâture qui avait envie de se retrouver et de faire pleins de choses ensemble.

Si vous deviez citer un joueur qui vous a le plus impressioné durant votre carrière d’entraîneur. Ce serait qui?

(Il réfléchit). Je vais en vexer quelques uns. Alexandre Hinault (Plaintel) qui n’était pas le plus grand technicien mais qui était d’une efficacité et qui connaissait l’importance d’un groupe. Je pense aussi à Sébastien Rouault, qui était mon capitaine. A Saint-Brieuc, j’ai pu compter et m’appuyer sur des garçons comme Pierre-Yves Donnio ou Christophe Lefèvre. Ils étaient mes relais sur le terrain. »

Matthieu Naizet

Crédit photo : Le Télégramme