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S. Larbi (Ginglin-Cesson) : « Des U6 aux U13, on s’aperçoit qu’il y a du travail qui est fait et ça paye »

06/06/2018 à 18:51

Qualifiés pour l'Europoussins de Pleudihen pour la deuxième année consécutive, les U10 de Ginglin-Cesson avaient déjà réalisé une performance avant le coup d'envoi de ce tournoi référence. Si Samir Larbi était sur le banc l'année dernière, l'actuel éducateur des U9 était dans les tribunes cette année. Il revient sur la prestation de l'équipe encadrée par Stéphane Balan. L'écart entre la formation française et la formation étrangère, la vocation sociale du club et son projet de formation... Samir Larbi pose son regard dans une interview.

Tout d’abord, j’imagine que c’était déjà une fierté de vous qualifier à l’Europoussins une deuxième année d’affilée…

Oui, bien sûr, pour le club. Mais c’est aussi par rapport à la formation à Ginglin qui a été reprise en mains il y a quatre/cinq ans. On voit les résultats. Le club en général et l’école de foot ont été restructurés. C’est vrai qu’on travaille essentiellement avec des bénévoles, des bénévoles qui sont passionnés. On est tous des anciens joueurs donc on transmet ce qu’on nous a appris. Les gamins sont à l’écoute et ça se passe bien. Des U6 aux U13, on s’aperçoit qu’il y a un travail qui est fait et qui paye au final. En 23 ans d’existence de l’Europoussins, on est le seul club amateur à se qualifier deux années consécutives. Sachant qu’avec l’Île-de-France et les qualifications régionales, ça représente 96 équipes et qu’il faut sortir dans les six premiers. On a tout de même enclenché quelque chose au niveau de la formation.

Donc avec ce nouveau cycle amorcé, vous êtes en train d’installer une touche Ginglin ?

Tout à fait. C’est orchestré par Thierry Ogier qui nous a demandé d’appliquer un projet global. On a un style de jeu en fonction de ce que nous demande l’entraîneur de la R1. On travaille par cycles, on essaie d’être cohérent d’année en année et on a la chance d’avoir des générations qui sont intéressantes. Nous, on ne fait pas un football élite. On prend tout le monde parce qu’on est avant tout un club de quartier. Celui qui veut jouer au foot, il vient. C’est un peu comme au Mc Do, il vient comme il est. Après, c’est à nous de faire avec et de faire progresser l’enfant.

Vu des tribunes, comment ça s’est passé ? Avez-vous reconnu Ginglin et sa formation ?

Ça a été compliqué cette année. D’un point de vue général, j’ai remarqué que le football français, même les clubs pros, on a quand même un retard. Il y a une différence de formation avec les clubs européens. J’ai l’impression qu’on ne fait pas le même football. Quand j’ai vu l’Ajax, et même Chelsea, en demie, c’est un rouleau compresseur. On ne joue pas du tout dans la même cour. Même pour les clubs pros français, c’était compliqué, surtout contre les clubs du Benelux. C’est très très fort. On voit qu’il y a une grosse formation. Amsterdam par exemple,  il y a 200 gamins qui viennent taper à la porte pour s’inscrire et ils en prennent 18 au final. On sent une grosse différence de formation, je pense qu’il y a beaucoup plus d’heures d’entraînement. C’est déjà très professionnalisé dès 9 ans et demi, c’est impressionnant. Pour nous, ça a été compliqué d’exister. L’année dernière, on avait une grosse poule avec Chelsea, Nantes, Monaco, Genoa et Sannois Saint-Gratien. C’était un peu plus cohérent mais on avait terminé 41e. Ce qu’il y a de rassurant, c’est qu’on finit devant tous les clubs amateurs et devant certains clubs pros cette année. C’est qu’on n’est pas ridicule. On termine 39e, on progresse. On espère finir dans les dix premiers l’année prochaine. (rires) C’est des tournois qu’on découvre et on est en progression. Au fil des années, si on a la chance de se qualifier une troisième fois consécutive -ce qui serait l’apothéose pour nous-, on appréhende mieux le tournoi. On voit comment les équipes se préparent, on voit aussi que les équipes de région parisienne sont plus prêtes que les clubs de province. C’est ce que j’avais remarqué l’année dernière sur le tournoi Champions’ League U10 de Guipry-Messac : au défi physique, on est en dessous. On sent bien que ça doit y aller tous les week-ends en région parisienne, ça doit bastonner sur les terrains dans le bon sens du terme. Je pense qu’on est gentil en province. Même si je remarque qu’on est peut-être le plus parisien des clubs provinciaux dans la diversité et sur le plan de l’agressivité.

 

Crédit photo : Europoussins de Pleudihen