R2 (D) Interview

Simon Carmignani (Cruas) : « En tant qu’homme, va-t-on pouvoir se regarder dans une glace ? »

19/02/2020 à 11:36

Battu une nouvelle en championnat à Sud Lyonnais (2-0), le Cruas SC vit une saison très pénible au fin fond du classement de R2 (D). Plus que de parler des résultats sportifs, Simon Carmignani, touché par certaines attitudes, lance un vrai cri du coeur à ses joueurs. Il les encourage ainsi à donner plus, pour l'institution mais aussi et surtout eux-mêmes.

Simon, votre équipe vient de subir une nouvelle défaite. Au-delà du résultat, on vous sent quelque peu désabusé…

Il y a certaines attitudes qu’il faut mentionner. Je me dois de tirer la sonnette d’alarme car sans parler du terrain, certaines valeurs prônées par le SC Cruas sont bafouées. On joue en Régional 2 mais on se permet d’avoir des comportements inadéquats à la pratique du foot amateur.
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D’où viennent ces problèmes ?

L’an passé, on a su remonter une pente incroyable et se sauver. Cette année, les attitudes nous font défaut mais il serait violent de dire que je me suis trompé sur le choix des hommes. Niveau foot, les gens nous font plaisir en remarquant notre projet de jeu, nos contenus. Mais à l’heure actuelle, force est de constater qu’on n’a pas le niveau. On a un groupe très jeune, certains sont à l’écoute, pas tous. La majorité d’entre eux seront prêts d’ici un ou deux ans et je peux accepter toutes les erreurs possibles sur le plan sportif, d’autant plus que je leur demande de prendre des risques avec le ballon. Mais il y des états d’âmes, des comportements individualistes que je ne peux pas tolérer et qui me rendent sincèrement triste.

Quel message souhaitez-vous délivrer à votre groupe ?

Qu’on met en danger l’institution en agissant comme cela. Qu’on doit progresser et vite sur le plan mental. On joue le maintien et on se doit d’avoir l’état d’esprit qui va avec pour le disputer. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. On met en péril les valeurs du club qui sont celles de l’amitié, du partage, du respect. Il faut arrêter d’être dans le « moi je » parce que pour l’instant c’est surtout du « moi je ne me bats pas ».

Encore une fois, on vous sent très touché…

Ce qui me rend le plus triste, c’est de gérer des attitudes qui n’ont pas lieu d’être dans un club comme le nôtre. Si ce n’est qu’une question de niveau, tant pis, on s’est trompé dans les orientations, dans les choix. Ce qui me fait vraiment fait mal aux coeur, c’est ce côté individualiste, l’énorme manque de respect pour le club, pour tout le monde, les bénévoles et surtout pour soi-même. J’invite vite les garçons à être sensibles à ça, à se prendre en main et à gagner en maturité. Eric Cantona disait que « rien n’est indéfendable », mais quand on parle de respect, je pense que l’on peut faire une exception à la règle.

Pensez-vous encore au maintien ?

Sportivement, j’y crois parce que je crois en mes joueurs. Si on ne puise que le bon, on peut retourner une situation. Après, je suis assez lucide avec l’état d’esprit affiché en ce moment. S’il ne change pas, je ne pourrai pas croire au maintien, sinon je serai hors sujet. Néanmoins, je crois en leur capacité à agir et à se remettre en question. Qu’on accepte la critique, qu’on arrête de se trouver des excuses. J’assumerai tout, mais je veux qu’on se batte avec quelques armes comme des hommes. Parce qu’en tant qu’homme, est-ce qu’on va pouvoir se regarder dans une glace ? Que tout le monde prenne conscience de la situation et qu’on reprenne du poil de la bête pour terminer cette saison.