Interview

Présidents des instances indemnisés, statut du bénévole, Said Ennjimi prend la parole

18/11/2020 à 16:01

Avant l'élection de la Ligue de Nouvelle Aquitaine ce week-end, Said Ennjimi, président sortant et candidat à sa propre succession, a accepté de répondre à quelques questions.

Oui à un statut du bénévole

Malgré une campagne électorale dense, Said Ennjimi a pris le temps de nous exposer ses idées. Notamment sur la question du statut du bénévole, sujet qu’il défend avec conviction.

« Le bénévolat aujourd’hui on en parle beaucoup mais on ne fait rien. Notre sujet, c’est de dire qu’on voudrait qu’il y ait une cinquantaine de bénévoles choisis par les clubs, tous les ans, qui se rendent à l’Assemblée Nationale pour débattre avec des députés et sénateurs. L’Assemblée Nationale ça fait toujours plaisir aux gens de visiter cette formidable institution. Mais l’idée derrière tout ça c’est que plus on va à expliquer aux députés et sénateurs qui font les lois que le bénévolat a besoin d’un soutien. Plus on va le répéter chaque année plus on va être, un jour, en mesure d’être écoutés. Le second aspect, faut être honnête, sera difficile à mettre en oeuvre dans les prochains mois à cause de l’état des finances. C’est d’obtenir un crédit d’impôt bénévolat et un dispositif de points retraite pour nos bénévoles. On y mettra le temps nécessaire mais on y arrivera. »

L’indemnisation des présidents de Ligues et Districts

C’est un sujet sur lequel il est souvent attaqué, et pour cause. Si encore la majorité des présidents de Ligues ou Districts ne sont pas indemnisés pour leur fonction, il en existe certains (notamment, Ligue Nouvelle Aquitaine, Méditerranée, Paris Île-de-France, District de Gironde) qui le sont. Said Ennjimi pousse pour une professionnalisation de cette fonction centrale que ce soit au niveau des Régions ou des Départements. Morceaux choisis.

« Le sujet c’est de se dire la chose suivante : est-ce qu’il ne vaut mieux pas un président de district comme de ligue, indemnisé et qui va répondre de sa gestion ? Plutôt que d’avoir des dirigeants bénévoles qui font toujours ce qu’ils peuvent mais qui n’ont pas une obligation de résultat ? Donc je préfère le principe de l’obligation de résultat. Les clubs je ne peux pas leur dire « je suis désolé je n’y arrive pas », je leur dis « j’y arrive ». Et si jamais je n’y arrive pas, c’est démocratique chez nous, les clubs à chaque mois de novembre votent pour ou contre l’indemnisation en fonction des résultats obtenus. Et si le contre l’emporte, je n’aurais pas d’indemnisation, c’est aussi simple que ça. »

« Pour moi, il y a une nécessité de professionnaliser une structure qui pèse 10 millions d’euros et 50 salariés. Travailler 7 jours sur 7 et obtenir des résultats, je pense qu’on le mérite. Et je sais que c’est l’avenir. Après moi il y aura des gens de bonne qualité qui viendront s’inscrire dans la démarche parce qu’ils seront compensés. »

« L’indemnisation si on s’éloigne du côté matériel, c’est aussi de la reconnaissance car vous avez un véritable statut. Notre public de trentenaire, quarantenaire, ce n’est pas le même que celui de nos aînés. Donc on peut se préparer, dès aujourd’hui, à cette mutation indispensable. C’est difficile de demander à un président de ligue bénévole ou de district bénévole, d’accepter de s’assoir en face d’un salarié qui ne veut pas travailler, pour lui dire « travaillez monsieur, sinon on ne va pas pouvoir vous garder. ». C’est difficile de dire à une section sportive « je suis obligé réduire votre subvention car le travail que vous effectuez n’est pas conforme à ce qu’on vous demande ». Ça ne suffit pas d’arriver autour de la table et dire « je suis président de la ligue ». Il faut aussi avoir des résultats. » 

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