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Eric Borghini « Le ministère accepterait les entraînements pour les Jeunes »

29/10/2020 à 11:27

Pour Actufoot, le président de la Ligue Méditerranée et membre du Comex, Eric Borghini, réagit aux annonces du Président de la République hier soir. Le patron de l'instance confirme une suspension des championnats amateurs et confie ses inquiétudes. Interview.

M. Borghini, comment avez-vous pris cette annonce de reconfinement du Président de la République hier soir ?

Même si on s’attendait à une réaction forte des pouvoirs publics, c’est quand même un coup de massue. On a accusé le coup comme tous les acteurs du foot. Vous savez, on a toujours pris au sérieux cette pandémie, et pris les mesures qui s’imposaient pour lutter contre ce fléau, mais on a constaté que tous les efforts importants réalisés par les clubs pour mettre en place des protocoles très stricts ont été faits en vain et n’ont pas été reconnus par le Président de la République.

Que pensez-vous de cette décision par rapport au football ?

Je me situe sur la même ligne que le Mouvement Sportif Français. 95 Fédérations ont écrit au Président de la République mercredi pour dire que les acteurs associatifs, bénévoles, dirigeants de clubs et fédérations faisaient tout leur possible depuis des mois pour s’adapter aux mesures sur le terrain. De notre côté, on a même mis en place un Covid Manager en la personne de Pierre Guibert, président du District du Var. On est bien sûr accablé car le foot n’est pas un vecteur de transmission du covid. Le report des matchs en Méditerranée pour cause de covid est seulement de 3% pour les compétitions régionales. On peut donc dire que le foot n’est pas un vecteur du virus et ne crée pas de cluster.

Les clubs ont tous été disciplinés par rapport à ces mesures ?

Dès qu’il y a eu des cas dans les clubs, les dirigeants ont immédiatement réagi en les isolant et ça a fonctionné ! Il y avait également le Vice-Président de la Ligue pour s’occupe de ça, et pour répondre aux interrogations de tous les clubs. On a fait le maximum. C’est pour cela qu’on est vraiment très triste de l’arrêt des compétitions. Petit bémol, apparemment le ministère accepterait les entraînements pour les Jeunes. En semaine, ils seraient accueillis par les clubs, mais n’auraient pas de matchs les weekends. Cela permet de les maintenir en forme, mais c’est vraiment le minimum. Le foot, en revanche, est un vecteur de valeurs essentielles pour le tissu social républicain. Je suis inquiet car il y aura des conséquences psychologiques à ce reconfinement, tous les médecins le disent, et notamment pour les Jeunes. Et cela est démontré que la pratique sportive est bonne pour la santé et permet de mieux résister contre l’épidémie…

« A partir de là, il faudra refaire tous les calendriers »

Les compétitions doivent donc s’arrêter pour un mois ?

Le Chef de l’Etat a dit qu’on serait arrêté un mois, mais en réalité ce sera plus ! N’oublions pas qu’il faut minimum 2 ou 3 semaines pour reprendre. Et en plus, ce sera le 1er décembre minimum ! Si le mois de décembre casse cette courbe, on pourra espérer un déconfinement beaucoup plus progressiste que la dernière fois, comme en Israël où ils ont confiné tout de suite 15 jours et prévus le déconfinement jusqu’en décembre afin que les gens ne replongent pas de suite et que l’épidémie redémarre. Alors oui le 1er décembre d’accord, mais on ne pourra rejouer que plus tard car il faudra 2 à 3 semaines pour la réathlétisation, un réentrainement des équipes. Du coup, on est mort jusqu’au 1er janvier.

Comment allez-vous gérer tous ces matchs reportés ?

On a déjà commencé à prévoir et donc on y travaille déjà, mais la question qui se pose est la suivante : comment on va faire pour rattraper les matchs non-joués ? A partir de là, il faudra refaire tous les calendriers. On va le faire en concertation avec les districts et les clubs comme on l’avait fait pour la situation du R1. On ne va pas décider nous comme ça ! En tout cas, cela va être une année sportive vraiment terrible… catastrophique. En plus de ça, pour nous, le danger, c’est que beaucoup de clubs risquent de ne pas survivre à un second arrêt d’activité.

La situation est critique pour les clubs méditerranéens ?

A l’heure où je vous parle, on a déjà une diminution des licenciés dans le foot animation, une baisse comprise entre 10 et 15%. Autre élément qui me fait craindre pour la survie des clubs, le fonds de solidarité. Pour nous, en Méditerranée, cela a permis de créditer les comptes des 486 clubs de la ligue, avec 1 061 340 d’euros au total. Il s’agit de l’argent que la Fédération, la Ligue et les Districts ont donné aux clubs à travers l’opération « 10 euros par licenciés ». On ne pourra pas faire ça la saison prochaine, les billets on ne les fabrique pas… On est vraiment pris à la gorge, tous, la Ligue, les Districts et les clubs.

Quelle est la suite ?

L’annonce du Président nous contraints à suspendre nos compétitions. Un communiqué de la FFF sera sûrement diffusé dans la journée. Il y a une réunion prévue aujourd’hui à la Fédération avec Noël Le Graët et le foot amateur représenté par le Président de la LFA, M. Debarbat. Ils commencent à travailler et réfléchir. Compte tenu de ces annonces, nous sommes obligés, jusqu’à la fin de l’année 2020, de tout arrêter. On va échanger avec la Fédérations, les Districts et les clubs pour voir dans quel délais on pourra reprendre dans des conditions satisfaisantes.

« Les coupes de la Méditerranée ont été annulées »

On suppose que les coupes régionales vont être annulées ?

Les coupes de la Méditerranée ont été annulées oui, on ne peut pas les maintenir. Dans les districts, je ne sais pas ce qu’ils vont décider mais j’espère qu’ils pourront maintenir. Mais oui, au niveau de la ligue régionale, les coupes s’arrêtent. Devraient continuer à jouer, les sports de haut niveau, la Ligue 1, Ligue 2, National, D1 Féminine et D1 Futsal. Tout le reste est arrêté.

L’élection du président de la Ligue qui a lieu le 7 novembre et où vous vous représentez sera-t-elle reportée ?

On va faire un comité directeur demain soir pour décider de ce qu’on fait. Est-ce qu’on reporte l’élection ou est-ce qu’on la maintient sous un format électronique comme ça avait été le cas au mois de juin à la Fédé. On va voir, on va décider ça demain ! Il y a beaucoup d’arguments qui militent en faveur du maintien de l’Assemblée Générale à la date prévue.

Pourquoi la maintenir dans ces conditions ?

D’abord parce qu’on l’a déjà reportée une fois. Deuxièmement, si jamais on ne fait pas l’AG le 7 novembre, la Ligue et les Districts ne pourront pas participer en votant à l’AG du 12 décembre parce qu’il faut un mois de délais entre le moment où sont élus les représentants de la Ligue et le moment où a lieu l’AG fédérale à Paris. Il y a aussi un problème de gouvernance car les clubs ont besoin d’avoir une nouvelle gouvernance pour les accompagner, les aider à passer ce cap difficile, prendre des décisions avec toute la légitimité que donne une élection. Il faudra aussi recomposer les commissions rapidement. Il y a quand même beaucoup d’arguments qui militent pour faire cette Assemblée. Ce ne sera pas en présentiel, c’est sûr, malgré tout ce qu’on avait prévu en terme sanitaire (un seul délégué par club à rentrer dans la salle par exemple), masques, gel, distanciation etc… On a une très grande salle à la Ligue, on aurait pu facilement l’organiser. Maintenant, on réfléchit pour faire ça de manière informatique. On va peser les pour et les contre de cette décision.

Officiel : la FFF suspend ses compétitions jusqu’au 1er décembre !

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